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L’épargne de précaution, c’est la réserve qui absorbe les imprévus : voiture en panne, mois sans mission pour un indépendant, chaudière qui lâche en plein hiver. La règle communément admise par les conseillers financiers et la Banque de France tourne autour de 3 à 6 mois de dépenses courantes, placés sur des supports immédiatement disponibles. Ce guide détaille le bon montant selon votre profil, les trois placements qui cochent les cases liquidité-sécurité-fiscalité, et la question à se poser une fois le matelas constitué.
En bref
– Gardez l’équivalent de 3 à 6 mois de vos dépenses courantes en épargne de précaution. 3 mois suffisent pour un salarié en CDI stable, 6 mois sont plus prudents pour un indépendant, un CDD ou une famille avec enfants.
– Placez-la sur du 100 % liquide, garanti et défiscalisé : Livret A (1,5 %), LDDS (1,5 %) et LEP (2,5 %) si vous y êtes éligible. Au-delà, le fonds euros d’une assurance-vie (placement à capital garanti, environ 2,65 % net en 2025) peut prendre le relais.
– Garder plus de 6 mois de dépenses sur ces livrets, c’est accepter une perte de pouvoir d’achat face à l’inflation. Le surplus doit basculer vers du long terme (assurance-vie, PEA).
Épargne de précaution : la réponse en 30 secondes
Votre épargne de précaution doit représenter 3 à 6 mois de vos dépenses courantes, pas de vos revenus. Pour un foyer qui dépense 2 500 € par mois, cela fait une cible entre 7 500 € et 15 000 €. Placez-la sur un Livret A et un LDDS (1,5 % nets, entièrement liquides), ou sur un LEP (2,5 %) si vous êtes éligible. Au-delà de 6 mois de dépenses, chaque euro supplémentaire vous coûte du pouvoir d’achat : il doit partir sur un support long terme plus rémunérateur comme le fonds euros d’une assurance-vie.
Le détail de la méthode, les supports, les exemples chiffrés et les erreurs à éviter se trouvent dans les sections qui suivent.
Pourquoi constituer une épargne de précaution avant tout le reste ?
Avant de penser investissement, bourse, immobilier ou assurance-vie, il y a un passage obligé : sécuriser un matelas qui amortit les accidents de la vie sans vous forcer à liquider un placement au mauvais moment.
À quoi sert vraiment une épargne de précaution ?
L’épargne de précaution a un seul rôle : couvrir les dépenses imprévues et les baisses de revenus sans avoir à toucher à vos autres placements. Elle n’est pas là pour faire fructifier votre argent. Son rendement net réel est proche de zéro (1,5 % du Livret A face à une inflation autour de 2 %), et c’est acceptable : ce qu’elle achète, c’est la tranquillité de ne pas se retrouver coincé au premier accident.
Concrètement, elle sert dans trois cas typiques : une dépense exceptionnelle qui tombe (appareil électroménager, réparation auto, frais médicaux non remboursés), un trou de revenus (chômage, arrêt maladie long, période creuse pour un indépendant), ou une opportunité à saisir vite (caution d’un nouveau logement, dépôt pour un achat urgent).
Que se passe-t-il quand on n’a pas d’épargne de précaution ?
Sans matelas, chaque imprévu se règle par un des trois pires leviers : le découvert (agios entre 8 et 16 % selon les banques), le crédit conso (5 à 8 % en 2026), ou, pire encore, la vente forcée d’un placement au mauvais moment. Typiquement, un fonds actions vendu en période de baisse transforme une perte virtuelle en perte définitive.
Un épargnant sans précaution est aussi beaucoup moins à l’aise pour investir à long terme : la peur de devoir récupérer l’argent à court terme pousse à prendre moins de risque qu’il ne pourrait se permettre, et à capter un rendement plus faible sur toute la durée. La précaution est la condition qui rend l’investissement serein.
Combien faut-il garder en épargne de précaution ?
La bonne cible ne se calcule pas sur votre salaire mais sur vos dépenses, et elle dépend fortement de votre stabilité professionnelle et familiale.
La règle des 3 à 6 mois de dépenses courantes
La règle qui revient chez les conseillers financiers et dans la plupart des guides sérieux est simple : 3 à 6 mois de dépenses courantes. Cette fourchette correspond grosso modo au temps qu’il faut, dans le pire des cas, pour retrouver un emploi après un licenciement, boucler une période creuse en indépendant, ou absorber un accident de la vie.
Pourquoi les dépenses et pas les revenus ? Parce que ce qui compte, c’est ce qu’il vous faut chaque mois pour vivre, pas ce que vous gagniez avant. Quelqu’un qui gagne 4 000 € mais n’en dépense que 2 500 € a besoin de couvrir entre 7 500 € et 15 000 € (soit 2 500 € × 3 à 6 mois), pas 12 000 à 24 000 € comme le suggérerait un calcul basé sur le salaire. La différence entre les deux, c’est un matelas bien calibré d’un côté, un sur-matelas qui bloque inutilement votre capacité d’investissement de l’autre.
Les 3 mois sont un plancher pour les situations stables. Les 6 mois (voire plus) sont la bonne cible pour les revenus incertains ou les charges fixes élevées.
Votre profil change le montant : salarié, indépendant, famille
Votre situation professionnelle et familiale décale le curseur dans la fourchette.
| Profil | Mois de dépenses à viser | Pourquoi |
|---|---|---|
| Salarié CDI en poste stable | 3 mois | Indemnités chômage rapides et plutôt élevées en France |
| Salarié CDD, intérim, essai | 4 à 5 mois | Période creuse possible entre deux contrats |
| Indépendant, freelance, chef d’entreprise | 6 mois minimum | Revenus irréguliers, pas d’indemnités chômage systématiques |
| Foyer avec un ou plusieurs enfants | +1 mois par enfant | Charges fixes qui ne s’ajustent pas à la baisse |
| Propriétaire d’un bien immobilier | +1 mois | Frais d’entretien ou travaux imprévus |
Ces ajustements se cumulent. Un indépendant avec deux enfants et un bien à lui aura logiquement une cible plus proche de 9 à 10 mois de dépenses qu’une personne seule en CDI.
Comment calculer concrètement votre matelas de sécurité
La méthode en trois étapes, à faire en 10 minutes :
- Listez vos dépenses mensuelles courantes (loyer ou crédit, courses, énergie, abonnements, transports, assurances, enfants). Excluez les dépenses plaisir compressibles (restos, voyages, achats) qui tombent en premier en cas de coup dur.
- Multipliez par 3 à 6 mois selon votre profil (voir tableau ci-dessus). C’est votre fourchette cible.
- Comparez à ce que vous avez sur vos livrets à vue : Livret A, LDDS, LEP, livret bancaire. Si vous êtes en dessous, vous avez une cible d’épargne claire. Si vous êtes au-dessus, c’est qu’une partie du capital peut basculer vers du plus rémunérateur.
Pour un foyer type qui dépense 2 500 € par mois, cela donne les cibles suivantes.
| Profil | Dépenses/mois | Mois à viser | Cible épargne de précaution |
|---|---|---|---|
| Célibataire CDI | 1 800 € | 3 mois | 5 400 € |
| Couple CDI sans enfant | 2 500 € | 3 à 4 mois | 7 500 € à 10 000 € |
| Couple CDI avec 1 enfant | 3 000 € | 4 mois | 12 000 € |
| Couple avec 2 enfants | 3 500 € | 5 mois | 17 500 € |
| Indépendant célibataire | 2 000 € | 6 mois | 12 000 € |
| Indépendant avec 2 enfants et un bien | 3 500 € | 8 à 9 mois | 28 000 € à 31 500 € |
L’étape fastidieuse, c’est le tri des dépenses courantes (loyer, énergie, courses) dans vos relevés bancaires pour trouver le montant mensuel réel. Si vous avez connecté vos comptes sur Gustav, le matelas de sécurité se calcule automatiquement à partir de vos dépenses moyennes réelles, ajusté selon votre profil (CDI, indépendant, enfants, propriétaire). Vous voyez en un coup d’œil si vous êtes en dessous, à la cible ou au-dessus.
Le conseil de Gustav
la règle des 6 mois maximum n’est pas arbitraire. Au-delà, chaque euro supplémentaire sur un Livret A à 1,5 % perd de la valeur chaque année face à une inflation autour de 2 %. Sur 10 ans, 10 000 € laissés « en trop » en épargne de précaution coûtent environ 500 € de pouvoir d’achat par rapport à un fonds euros à 2,65 %, et bien plus face à un placement long terme plus dynamique. Le sur-matelas n’est pas une sécurité supplémentaire, c’est une perte sèche.
Où placer son épargne de précaution en 2026 ?
Une fois le montant cible fixé, la question devient : sur quel support. Trois critères non négociables, puis trois à quatre placements qui cochent les cases.
Les 3 critères non négociables : liquidité, sécurité, rendement minimum
L’épargne de précaution ne supporte aucun compromis sur trois points :
- Liquidité immédiate. L’argent doit être disponible en 24 à 72 heures, sans pénalité ni blocage. Un PEL verrouille 4 ans sous peine de perdre ses avantages : il ne peut pas servir de précaution. Une SCPI immobilière se revend en plusieurs semaines, parfois plus : idem.
- Capital garanti. Aucune fluctuation possible. Cela exclut les placements en actions (ETF, PEA, ou les « unités de compte » d’une assurance-vie, qui sont des parts de fonds dont la valeur varie), où le capital peut avoir baissé le jour où vous en avez besoin.
- Rendement au moins égal à l’inflation prévisible, pour limiter la perte de pouvoir d’achat. Votre compte courant ne coche pas cette case : à 0 %, chaque euro qui y dort perd environ 2 % de valeur par an. Même pour quelqu’un qui n’aime pas « placer », laisser son épargne de précaution sur son compte courant est une erreur.
En pratique, trois à quatre supports remplissent ces conditions en France en 2026.
Le Livret A et le LDDS : la base de tout matelas de précaution
Le Livret A est le support universel : ouvert à tous, 1,5 % nets depuis le 1er février 2026, totalement exonéré d’impôt et de prélèvements sociaux, liquide en quelques heures. Son plafond de 22 950 € couvre largement la majorité des besoins de précaution.
Le LDDS (Livret de Développement Durable et Solidaire) fonctionne exactement comme le Livret A (même taux, même fiscalité, même liquidité) mais avec un plafond distinct de 12 000 €. Tout épargnant majeur peut en détenir un, en plus de son Livret A. C’est le complément évident une fois le Livret A plein ou saturé.
Combinés, Livret A + LDDS offrent 34 950 € de capacité d’épargne à 1,5 %, défiscalisée et 100 % liquide. Pour la grande majorité des foyers, c’est suffisant pour loger toute leur épargne de précaution.
Le LEP, à ouvrir en priorité si vous y êtes éligible
Le Livret d’Épargne Populaire (LEP) est le placement sans risque le plus rémunérateur en France : 2,5 % nets depuis le 1er février 2026, plafond de 10 000 €, mêmes règles de liquidité et d’exonération que le Livret A. Seule condition : un plafond de revenus. Pour 2026, le plafond de revenu fiscal de référence se situe autour de 22 800 € pour une personne seule et 34 900 € pour un couple.
Plus de 19 millions de Français sont éligibles, mais seulement environ 11 millions l’ont ouvert. Un coup d’œil à votre avis d’imposition (ligne « revenu fiscal de référence », en première page) suffit pour vérifier. Si vous l’êtes, le LEP doit être rempli en priorité absolue : 1 point de rendement en plus, pour le même risque et la même liquidité.
Le fonds euros d’une assurance-vie : un complément plus rémunérateur
Au-delà de 45 000 € (Livret A + LDDS + LEP pleins), ou pour diversifier, le fonds euros d’une assurance-vie peut prendre le relais. Le fonds euros, c’est la poche à capital garanti d’une assurance-vie : l’assureur vous assure que vous ne pouvez pas perdre d’argent, et vous verse chaque année un rendement fixé à l’avance. Rendement moyen en 2025 autour de 2,65 % net de frais sur les meilleurs contrats en ligne, parfois 3 % et plus sur des contrats haut de gamme.
Trois nuances à connaître avant de l’utiliser comme précaution : 1) la liquidité n’est pas immédiate (3 à 10 jours ouvrés selon l’assureur), 2) des frais de gestion s’appliquent (0,5 à 0,8 % par an sur les contrats compétitifs, plus sur ceux distribués en agence), 3) la fiscalité devient avantageuse seulement après 8 ans, ce qui plaide pour ouvrir un contrat tôt, même avec 500 € pour lancer le compteur.
Lire aussi : comparatif détaillé du Livret A, du LDDS et du LEP : l’ordre optimal de remplissage et les règles de chaque livret.
Le tableau comparatif des supports en 2026
| Support | Taux 2026 | Plafond | Liquidité | Fiscalité | Conditions |
|---|---|---|---|---|---|
| Livret A | 1,5 % | 22 950 € | Immédiate | Exonérée | Aucune |
| LDDS | 1,5 % | 12 000 € | Immédiate | Exonérée | Majeur résident fiscal |
| LEP | 2,5 % | 10 000 € | Immédiate | Exonérée | Plafond de revenus |
| Fonds euros AV | ~2,65 % net | Selon contrat | 3-10 jours | Allégée après 8 ans | Aucune |
| Compte courant | 0 % | Aucun | Immédiate | N/A | Aucune |
| Livret bancaire (superlivret) | 0,5 à 3 % brut | Variable | Immédiate | Flat tax 31,4 % | Offres promo courte durée |
Les livrets bancaires des enseignes privées (souvent appelés « super-livrets ») proposent parfois des taux promotionnels alléchants sur 3 à 6 mois. Attention : le taux affiché est brut, et la flat tax de 31,4 % (le prélèvement forfaitaire qui s’applique à la plupart des livrets non réglementés depuis la hausse de la CSG au 1er janvier 2026) ampute quasiment la moitié du rendement net. La promo retombe aussi rapidement au taux de base, souvent 0,5 %. Dans la majorité des cas, ils restent en dessous du Livret A net d’impôt.
Comment constituer son épargne de précaution progressivement ?
La majorité des Français n’ont pas 6 mois de dépenses de côté. La construire prend du temps, mais la méthode est simple, et le levier principal est l’automatisation du virement mensuel.
Automatiser le virement mensuel le jour de la paie
Le plus gros levier est aussi le plus simple : programmer un virement automatique de votre compte courant vers votre Livret A (ou LEP si éligible), le jour même de votre salaire. Vous vous payez d’abord, et vous dépensez ce qui reste. C’est la méthode qui tient dans la durée, simplement parce qu’on ne peut pas dépenser un argent qui est déjà parti ailleurs.
Le bon montant de virement dépend de votre capacité d’épargne, pas d’une règle fixe. Un repère classique : 10 à 20 % de vos revenus nets tant que votre précaution n’est pas constituée. Une fois la cible atteinte, ce flux peut basculer vers de l’investissement long terme.
Commencer petit : 50 € par mois, c’est déjà bien
L’erreur classique, c’est de ne rien démarrer parce que « 50 € par mois, ça ne sert à rien ». C’est faux : ce qui compte, c’est la régularité et le fait que les intérêts s’ajoutent chaque année au capital (ce qu’on appelle la capitalisation). 50 € par mois pendant 5 ans, c’est 3 000 € qui dorment sur votre compte courant, ou 3 130 € sur un Livret A. Sur 10 ans, 6 000 € deviennent 6 510 €. Le gain n’est pas l’objectif. L’objectif, c’est d’avoir ces 3 000 € ou 6 000 € disponibles le jour où la chaudière lâche.
Le montant idéal est celui que vous pouvez tenir sans exception pendant au moins 12 mois. Vaut mieux 50 € tous les mois que 200 € un mois sur deux.
Combien de temps pour atteindre votre objectif
Voici, pour une cible de 10 000 € (environ 3-5 mois de dépenses pour un foyer moyen), la durée nécessaire selon le versement mensuel, en partant de zéro, à 1,5 % sur un Livret A.
| Versement mensuel | Durée pour atteindre 10 000 € |
|---|---|
| 50 € | ~15 ans |
| 100 € | ~8 ans |
| 200 € | ~4 ans |
| 300 € | ~2 ans et 9 mois |
| 500 € | ~1 an et 7 mois |
Si vous partez avec un capital déjà en place, la durée chute vite. Avec 2 000 € de départ et 200 €/mois, la cible de 10 000 € est atteinte en environ 3 ans. Pour simuler votre propre trajectoire avec votre capital de départ, votre versement mensuel et un taux précis, notre simulateur Livret A donne le résultat à l’euro près.
Que faire une fois votre épargne de précaution constituée ?
Vous avez atteint votre cible. Ne vous arrêtez pas là : continuer à accumuler sur vos livrets une fois la cible atteinte est une des erreurs les plus coûteuses sur le long terme, et personne n’en parle.
Pourquoi arrêter d’empiler sur les livrets à faible rendement ?
Une fois la cible atteinte, le virement automatique vers le Livret A doit être redirigé, pas maintenu. L’argent qui continue d’entrer sur vos livrets au-delà de 6 mois de dépenses n’apporte aucune sécurité supplémentaire (vous êtes déjà couvert), mais vous coûte chaque année la différence entre le rendement réel du livret (proche de zéro après inflation) et ce qu’il aurait rapporté ailleurs.
La bonne habitude : le jour où vous atteignez la cible, changer l’ordre de votre virement automatique pour qu’il parte désormais sur un support long terme (assurance-vie, PEA). Le geste prend 2 minutes dans l’espace client de votre banque.
Basculer vers l’investissement long terme (assurance-vie, PEA)
Pour le surplus d’épargne, deux enveloppes long terme dominent en France :
- L’assurance-vie : la plus polyvalente. Fonds euros (capital garanti, ~2,65 % net) pour la partie prudente, unités de compte (des parts de fonds actions ou obligataires dont la valeur varie avec les marchés) pour la partie dynamique. Fiscalité allégée après 8 ans, gros avantage successoral (152 500 € par bénéficiaire exonérés pour les versements avant 70 ans).
- Le PEA (Plan d’Épargne en Actions) : le plus efficace fiscalement pour investir en bourse. Enveloppe dédiée aux actions européennes et ETF éligibles, plafond de 150 000 €, fiscalité très favorable après 5 ans (seuls les 18,6 % de prélèvements sociaux s’appliquent sur les gains depuis la hausse de la CSG au 1er janvier 2026, pas l’impôt sur le revenu).
Le choix dépend de votre horizon, votre aversion au risque et votre fiscalité. Un épargnant qui découvre l’investissement commence souvent par une assurance-vie avec une poche fonds euros majoritaire. Un profil plus expérimenté avec un horizon long (10 ans et plus) tend à privilégier le PEA pour la partie actions, par pure optimisation fiscale.
Épargne de précaution, épargne de projet, investissement : ne pas mélanger
Trois poches distinctes qui ne jouent pas le même rôle. Les mélanger est l’erreur de débutant qui coûte le plus cher.
| Poche | Rôle | Horizon | Support |
|---|---|---|---|
| Épargne de précaution | Absorber les imprévus | Immédiat | Livret A, LDDS, LEP |
| Épargne de projet | Achat prévu (logement, voyage, voiture) | 1 à 5 ans | LEP/LDDS si court, fonds euros si 3+ ans |
| Investissement long terme | Faire fructifier | 8 ans et plus | Assurance-vie, PEA, immobilier |
Concrètement : ne placez pas l’apport de votre futur achat immobilier dans 18 mois sur un ETF actions, ne bloquez pas votre précaution sur un PEL de 4 ans, ne laissez pas votre épargne long terme sur un Livret A plein qui perd du pouvoir d’achat. Chaque euro doit être dans la bonne poche selon sa date d’utilisation prévue.
Le conseil de Gustav
l’erreur la plus répandue n’est pas de trop peu épargner, c’est de trop épargner en précaution. Un épargnant avec 30 000 € sur son Livret A pour des dépenses de 2 500 €/mois a l’équivalent d’un an de précaution. C’est 6 mois de trop. Ces 6 mois « en trop » (15 000 €) placés sur un fonds euros à 2,65 % au lieu de 1,5 % représentent environ 170 €/an de rendement supplémentaire, et bien plus sur un support dynamique long terme. Le bon reflex quand le Livret A se remplit rapidement, c’est de se demander si la cible n’est pas déjà atteinte, pas de continuer à remplir par habitude.
Lire aussi : assurance-vie ou Livret A : quand basculer et pourquoi : le guide complet pour arbitrer entre les deux enveloppes.
Épargne de précaution : l’essentiel à retenir
- 3 à 6 mois de dépenses courantes, pas de revenus. Un foyer qui dépense 2 500 €/mois vise une cible entre 7 500 € et 15 000 €, à ajuster selon le profil (salarié, indépendant, famille).
- +1 mois par enfant à charge, +1 mois si vous êtes propriétaire. Un indépendant avec deux enfants vise plus de 8 mois de dépenses, soit souvent 25 000 € et plus.
- Livret A + LDDS + LEP couvrent 99 % des besoins. Jusqu’à 45 000 € de capacité à taux préférentiel, liquide et défiscalisée. Le LEP est prioritaire si vous êtes éligible (2,5 % contre 1,5 %).
- Au-delà de 6 mois de dépenses, vous perdez du pouvoir d’achat face à l’inflation. Le surplus doit basculer vers un placement long terme (assurance-vie, PEA), pas rester sur un Livret A.
- Automatisez, commencez petit, calibrez. Un virement automatique le jour de la paie, même à 50 €/mois, constitue plus sûrement votre précaution qu’un effort ponctuel d’un gros montant suivi d’un arrêt.
Pour voir en temps réel où vous en êtes par rapport à votre cible, suivre vos livrets et identifier les sommes qui devraient basculer vers du plus rémunérateur : centralisez vos comptes sur Gustav.
Foire aux questions
Combien faut-il avoir en épargne de précaution ?
L’équivalent de 3 à 6 mois de vos dépenses courantes, pas de vos revenus. 3 mois si vous êtes salarié en CDI stable, 6 mois si vous êtes indépendant, en CDD ou chargé de famille. Ajoutez environ 1 mois par enfant à charge et 1 mois si vous êtes propriétaire d’un bien qui peut générer des travaux. Un foyer qui dépense 2 500 €/mois vise typiquement une fourchette entre 7 500 € et 17 500 €.
Où placer son épargne de précaution en 2026 ?
Sur des supports 100 % liquides, à capital garanti et défiscalisés : Livret A (1,5 %, plafond 22 950 €), LDDS (1,5 %, plafond 12 000 €) et LEP (2,5 %, plafond 10 000 €) si vous êtes éligible. Au-delà de ces 45 000 € cumulés ou pour diversifier, un fonds euros d’assurance-vie (~2,65 % net) peut prendre le relais, avec une liquidité de quelques jours.
Est-ce que 1 mois de salaire est suffisant en épargne de précaution ?
Non. 1 mois de dépenses est insuffisant pour couvrir une vraie coupure de revenus ou une dépense imprévue importante. La fourchette saine commence à 3 mois pour un salarié en CDI stable, et monte à 6 mois ou plus selon votre profil. Entre 1 et 3 mois, vous restez vulnérable au premier imprévu significatif : panne de voiture, réparation majeure, trou de revenus de quelques semaines.
Faut-il mettre son épargne de précaution sur une assurance-vie ?
Partiellement, une fois vos livrets réglementés remplis. L’assurance-vie en fonds euros offre un rendement supérieur (~2,65 % vs 1,5 %), mais avec une liquidité de quelques jours (pas immédiate) et des frais de gestion. La règle pratique : priorité aux livrets réglementés (Livret A, LDDS, LEP) pour le cœur du matelas de précaution, et assurance-vie pour le surplus au-delà de 45 000 € ou comme pont vers le long terme.
Quelle différence entre épargne de précaution et épargne de projet ?
L’épargne de précaution couvre l’imprévu (horizon : immédiat, usage incertain). L’épargne de projet finance un achat planifié (horizon 1 à 5 ans, usage prévu : logement, voyage, voiture). Elles peuvent être placées sur des supports similaires (Livret A, LDDS, fonds euros) mais ne doivent pas être confondues : sinon, dès que vous financez votre projet, vous vous retrouvez sans précaution et vulnérable au premier accroc.
Que faire si mon épargne de précaution dépasse 6 mois de dépenses ?
Rediriger le surplus vers du long terme. Au-delà de 6 mois, chaque euro supplémentaire sur un Livret A à 1,5 % perd du pouvoir d’achat face à une inflation autour de 2 %, soit environ 0,5 %/an de perte réelle. Le surplus doit basculer vers une assurance-vie (fonds euros ou unités de compte selon votre horizon) ou un PEA si vous avez un horizon d’au moins 5 à 8 ans. Le guide des alternatives au Livret A détaille les options.
Combien de temps faut-il pour se constituer une épargne de précaution ?
Cela dépend de votre capacité d’épargne. Pour une cible de 10 000 €, partant de zéro sur un Livret A à 1,5 % : environ 4 ans à 200 €/mois, 2 ans et 9 mois à 300 €/mois, 1 an et 7 mois à 500 €/mois. L’astuce qui change tout : automatiser le virement le jour de la paie, pour épargner avant de dépenser. Commencer à 50 €/mois est bien mieux que de ne pas commencer.
À savoir
Les informations de cette page donnent des ordres de grandeur et ne constituent pas des recommandations d’investissement. Les taux d’épargne réglementée évoluent deux fois par an (1er février et 1er août) selon une formule publique et peuvent être modifiés par arrêté ministériel. La fiscalité décrite est celle appliquée en avril 2026 et peut évoluer. Chaque situation est différente : un conseiller peut vous aider à arbitrer si besoin.
Rédigé par Jonathan Buttigieg, co-fondateur de Gustav, conseiller en investissements financiers enregistré auprès de l’ORIAS (n°25002258), adhérent COMPAGNIE CIF agréée AMF.
Dernière mise à jour : avril 2026