Depuis le 1er janvier 2026, un versement sur un plan d’épargne retraite (PER) fait à partir de votre 70e anniversaire ne se déduit plus de vos revenus. La déduction, c’est l’avantage qui fait la réputation du PER : la somme versée est retirée de votre revenu imposable de l’année, ce qui baisse votre impôt. Vous pouvez toujours verser sur un PER après 70 ans, mais sans cette économie.

Cela vaut-il encore la peine ? Pour l’argent nouveau, rarement : à frais égaux, une assurance-vie fait au moins aussi bien. Nous chiffrons ce qu’un tel versement vous laisse face à elle, puis ce que vous pouvez faire du PER que vous avez déjà et, si vous ou votre conjoint n’avez pas encore 70 ans, des mois qui précèdent l’anniversaire.

PER après 70 ans : ce qui a changé au 1er janvier 2026

La loi de finances pour 2026 laisse le PER ouvert après 70 ans, mais lui retire son avantage fiscal à l’entrée pour les versements faits à partir de cet âge.

Peut-on encore ouvrir un PER ou y verser après 70 ans ?

Oui. La loi ne fixe aucun âge maximal : il faut seulement être majeur pour ouvrir un PER, et le plan ne prévoit pas de limite d’âge pour continuer à l’alimenter. Certains contrats fixent leur propre limite, à vérifier dans le vôtre.

L’argent n’est pas bloqué pour autant. Sur un PER individuel, les versements faits après votre départ à la retraite sont disponibles et récupérables à tout moment.

À partir de quand vos versements ne sont-ils plus déductibles ?

À partir du jour de votre 70e anniversaire, et non de l’année. Votée le 19 février 2026 mais appliquée depuis le 1er janvier, la loi supprime la déduction pour tout titulaire âgé de 70 ans ou plus à la date du versement. Si vous fêtez vos 70 ans le 15 juillet, un versement du 14 juillet se déduit encore, celui du 15 juillet non.

La règle vise les deux familles de PER : le PER individuel, que vous ouvrez vous-même dans une banque ou chez un assureur, et le PER d’entreprise, mis en place par votre employeur. Si vous travaillez encore, l’argent versé par votre employeur perd aussi son exonération d’impôt sur le revenu à partir du même jour. Sont concernés la participation et l’intéressement, votre part des bénéfices ou des résultats de l’entreprise, et l’abondement, le complément que l’employeur ajoute à vos propres versements.

Les versements faits avant le 1er janvier 2026 gardent leur déduction, quel que soit votre âge à ce moment-là. En revanche, vos plafonds non utilisés, c’est-à-dire les montants que vous pouviez encore déduire, ne servent plus à vos propres versements après l’anniversaire. Si votre conjoint a moins de 70 ans, lisez aussi notre partie « Vous ou votre conjoint avez moins de 70 ans ».

Reste à savoir comment ces versements seront imposés quand vous les récupérerez.

Comment sont imposés les versements faits après 70 ans ?

L’argent que vous n’avez jamais déduit n’est pas imposé quand vous le reprenez : seuls les gains qu’il a produits le sont. C’est la règle qui s’appliquait déjà aux épargnants qui renonçaient à la déduction de leurs versements.

Si vous récupérez votre argent en capital ?

La part qui correspond à vos versements sort sans impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux, la contribution sociale prélevée sur les gains de l’épargne. Ces prélèvements sont passés à 18,6 % en 2026, contre 17,2 % auparavant, mais la hausse ne touche pas l’assurance-vie, qui reste à 17,2 %.

Les gains paient 31,4 % au total : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Vous pouvez opter pour le barème, c’est-à-dire l’imposition des gains à votre tranche, le taux qui s’applique à la dernière part de vos revenus (0 %, 11 %, 30 %…). Cette option vaut alors pour tous vos revenus de placement de l’année.

Les versements que vous avez déduits avant 70 ans suivent une autre règle, car la déduction est un impôt reporté, pas un cadeau. Retirés en capital, ces versements s’ajoutent à vos revenus de l’année et sont imposés à votre tranche, sans prélèvements sociaux. Leurs gains paient 31,4 %.

Et en rente ?

La rente est un revenu versé chaque mois jusqu’à votre décès. Pour les versements faits après 70 ans, seuls 30 % de la rente sont imposés, à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux de 18,6 %, quand elle démarre à 70 ans ou plus.

Une rente tirée d’une assurance-vie est imposée de la même façon : ce n’est donc pas un avantage propre au PER. Pour les versements déduits avant 70 ans, la rente est imposée comme une pension, après un abattement de 10 %, et les 18,6 % ne portent que sur 30 % de son montant si elle démarre à 70 ans ou plus.

Que reçoivent vos héritiers si vous décédez après 70 ans ?

Tout dépend de la forme du plan. Un PER d’assurance est un contrat ouvert chez un assureur, dans lequel vous désignez qui recevra l’argent ; un PER bancaire fonctionne comme un compte-titres, sans bénéficiaire désigné.

Pour un PER d’assurance, tout le plan, vos versements comme leurs gains, est soumis aux droits de succession, l’impôt que chaque héritier doit sur ce qu’il reçoit. Seuls 30 500 € y échappent, un abattement unique partagé entre tous les bénéficiaires.

Ce sont les mêmes 30 500 € que pour une assurance-vie alimentée après 70 ans : vos versements sur une assurance-vie après cet âge les consomment aussi. Mais sur une assurance-vie, seuls ces versements sont soumis aux droits, ses gains en sont exonérés.

Être soumis aux droits ne veut pas dire en payer. Chaque héritier a ensuite son abattement personnel, une part reçue sans impôt, de 100 000 € pour un enfant, et votre conjoint ou partenaire de PACS ne paie rien. Un PER bancaire, lui, entre en entier dans votre succession.

Qui verse après 70 ans décédera forcément après 70 ans. Le régime réservé aux décès avant cet âge, jusqu’à 152 500 € sans impôt par bénéficiaire, est hors de portée pour cet argent : notre article PER et succession détaille les deux régimes.

Lire aussi : Fiscalité du PER : déduction à l’entrée, impôt à la sortie, pour toutes les règles d’imposition du PER, avant comme après 70 ans.

PER ou assurance-vie après 70 ans : lequel vous laisse le plus ?

Une assurance-vie fait-elle mieux avec le même argent ? Voyons d’abord ses règles :

  • au retrait, après 8 ans, ses gains sont exonérés d’impôt sur le revenu jusqu’à 4 600 € par an (9 200 € pour un couple) ;
  • au-delà, ils sont taxés à 7,5 % tant que vos versements ne dépassent pas 150 000 € ;
  • ils paient 17,2 % de prélèvements sociaux ;
  • au décès, les versements faits après 70 ans sont soumis aux droits au-delà des mêmes 30 500 €, mais les gains sont exonérés.

Pour comparer, nous avons pris 50 000 € versés en une fois à 72 ans et gardés 10 ans, sur un PER et sur une assurance-vie. Rendement de 4,75 % par an au-dessus de l’inflation avant frais, inflation de 2 %, frais de 1 % par an des deux côtés, le niveau d’un contrat moyen investi en fonds indiciels. Les montants sont en euros d’aujourd’hui, c’est-à-dire corrigés de l’inflation.

À 82 ans, les deux contrats valent 72 300 € : seul l’impôt les sépare.

Si vous retirez votre argent à 82 ans ?

Retiré en une fois, le PER vous laisse 62 400 € nets, l’assurance-vie 64 800 €, soit 2 400 € de plus. Les deux ne taxent que les gains, mais le PER en prend 31,4 %, alors que l’assurance-vie exonère d’impôt sur le revenu les 4 600 premiers euros et prend au plus 24,7 % (7,5 % + 17,2 %) sur le reste.

Opter pour le barème ne change rien à l’issue : même dans la tranche à 11 %, les gains du PER restent plus taxés que ceux de l’assurance-vie.

Si vous le transmettez à vos héritiers ?

Trois situations, selon vos héritiers. Votre conjoint ou partenaire de PACS ne paie pas de droits de succession, vos enfants non plus si leur part reste sous leur abattement de 100 000 € ; s’il est déjà utilisé, par exemple par une maison de 400 000 € que se partagent deux enfants d’un parent veuf, ce qui vient en plus est taxé à 20 %.

Ce que reçoivent vos héritiers au total, en euros d’aujourd’huiPERAssurance-vieÉcart
2 enfants (pour les deux), abattement déjà utilisé (maison de 400 000 €)62 800 €69 100 €6 300 €
Conjoint ou partenaire de PACS72 300 €72 300 €0 €
2 enfants (pour les deux), sans autre patrimoine72 300 €72 300 €0 €

Calcul Gustav : 50 000 € versés à 72 ans, décès à 82 ans, rendement de 4,75 % au-dessus de l’inflation avant frais, 1 % de frais par an des deux côtés, aucun autre contrat versé après 70 ans. L’abattement de 30 500 € et vos 50 000 € de versements ne sont pas revalorisés avec l’inflation : dix ans plus tard, ils ne valent plus qu’environ 25 000 € et 41 000 € d’aujourd’hui. Les droits sont donc calculés sur les montants de l’année du décès, puis convertis en euros d’aujourd’hui.

L’écart s’explique par ce que taxent les droits : pour le PER, tout le plan, versements et gains ; pour l’assurance-vie, les seuls versements, ses gains restant exonérés.

Dans quels cas le PER fait-il jeu égal ?

Le tableau en montre deux : votre conjoint, ou des enfants sans autre patrimoine, reçoivent les 72 300 € avec l’un comme avec l’autre. Dans notre exemple, en cas de retrait, le PER ne rattrape l’assurance-vie que si ses frais sont plus bas d’au moins 0,5 point par an. Pour des enfants qui ont déjà utilisé leur abattement, il perd même avec 0 % de frais.

Les montants dépendent de nos hypothèses, le sens du résultat beaucoup moins. À frais égaux, les règles jouent toutes contre le PER : ses gains sont plus taxés au retrait, et ils entrent dans les droits au décès, contrairement à ceux de l’assurance-vie. Pour l’argent nouveau, l’assurance-vie fait donc au moins aussi bien après 70 ans, et presque toujours mieux si vous retirez l’argent ou si vos enfants ont déjà utilisé leur abattement.

Notre comparatif PER ou assurance-vie pèse les deux placements à tout âge, au-delà de la seule question des 70 ans.

Et le PER que vous avez déjà ?

Après 70 ans, que faire de votre PER ?

Deux questions distinctes : faut-il continuer à l’alimenter, et faut-il le vider ?

Faut-il continuer à y verser ?

Non, pour l’argent nouveau. Dans notre comparaison, une assurance-vie vous laisse plus si vous retirez l’argent ou si vos enfants ont déjà utilisé leur abattement, et autant dans les autres cas, jamais moins. Une exception, pour ceux qui travaillent encore : l’abondement de votre employeur sur un PER d’entreprise reste de l’argent que vous n’auriez pas autrement, même s’il est désormais imposé.

Faut-il le vider pour placer l’argent ailleurs ?

En général, non. Prenons un PER d’assurance de 100 000 € à 72 ans, dont 70 000 € de versements déduits avant 70 ans et 30 000 € de gains, retiré en plusieurs fois sans sortir de la tranche à 11 %, et dont la valeur ne bouge plus.

Le vider, c’est payer de votre vivant, au fil des retraits, l’impôt reporté : 11 % sur les 70 000 € de versements déduits et 31,4 % sur les gains, soit environ 17 100 €. Gardé jusqu’au décès, cet impôt sur le revenu n’est jamais réclamé, et vos deux enfants paient 0 € de droits sans autre patrimoine, 13 900 € si une maison a déjà utilisé leur abattement, comme dans notre comparaison.

Ce que vous retirez sans le dépenser devient une épargne ordinaire, qui rejoint votre succession sans l’abattement de 30 500 €. Dans le cas de la maison, nos calculs donnent environ 16 600 € de droits sur les 82 900 € qui vous restent. Avec les 17 100 € déjà payés, vider le PER coûte près de 33 700 € d’impôts, contre 13 900 € si vous le gardez : vos enfants reçoivent environ 66 300 € au lieu de 86 100 €.

Avec un PER bancaire, il n’y a pas d’abattement de 30 500 € : tout le plan entre dans la succession. Mais l’impôt sur le revenu reporté disparaît aussi au décès, et l’argent retiré sans être dépensé y entre de la même façon : vos héritiers reçoivent donc plus si vous le gardez.

Si vous avez besoin de l’argent, retirez-le par étapes, au rythme de vos dépenses : notre article Sortie du PER : capital ou rente ? compare les deux façons de le faire.

Lire aussi : PER : avantages et inconvénients, est-il intéressant pour vous ?, pour faire le bilan du PER avant même la question de l’âge.

Vous ou votre conjoint avez moins de 70 ans : que faire avant l’anniversaire ?

Si vous ou votre conjoint n’avez pas encore 70 ans, les mois qui précèdent l’anniversaire sont la dernière fenêtre pour déduire. Trois notions décident de ce que vous pouvez verser : le plafond, les reliquats et la mutualisation.

Le plafond est le montant maximal que vous pouvez déduire chaque année : 10 % de vos revenus professionnels de l’année précédente, entre 4 710 € et 37 680 € en 2026. Les reliquats sont les plafonds que vous n’avez pas utilisés les années passées, reportables désormais pendant 5 ans : celui de 2023 sert jusqu’au 31 décembre 2026. Après l’anniversaire, ces plafonds ne servent plus à vos propres versements.

La mutualisation permet aux époux et partenaires de PACS d’additionner leurs plafonds. Elle reste possible pour toute l’année civile au cours de laquelle l’un de vous atteint 70 ans, contrairement à la déduction, qui s’arrête le jour de l’anniversaire. Cette année-là, elle profite au conjoint qui a encore moins de 70 ans, qui peut utiliser les deux plafonds pour ses propres versements ; à partir de l’année suivante, chacun ne garde que le sien.

Ce versement de dernière minute rapporte surtout si votre tranche est aujourd’hui de 30 % ou plus et sera plus basse quand vous retirerez l’argent. Les versements déduits restent un impôt reporté, imposé à votre tranche à la sortie. Notre article Plafond PER 2026 explique comment calculer le vôtre.

Vous n’avez pas encore 70 ans ? Notre simulateur PER calcule ce qu’un versement avant votre anniversaire vous laisse, une fois l’impôt de sortie payé.

Conformité et transparence

À savoir

Cet article s’appuie sur les règles fiscales applicables en octobre 2026. Les cas chiffrés sont des calculs Gustav sur des hypothèses simplifiées (versement unique, rendement et frais constants, aucun autre contrat après 70 ans) : ils donnent des ordres de grandeur et ne constituent ni un conseil fiscal ni une recommandation personnalisée. Gustav ne commercialise aucun PER ni aucune assurance-vie, et ne perçoit aucune rémunération des établissements qui les proposent.

Questions fréquentes sur le PER après 70 ans

Où placer son argent après 70 ans ?

À frais égaux, une assurance-vie fait au moins aussi bien qu’un PER pour de l’argent nouveau, et mieux en cas de retrait ou si vos enfants ont déjà utilisé leur abattement, comme le montre notre comparaison chiffrée. Au retrait, seul un PER moins chargé d’au moins 0,5 point par an la rattrape dans notre exemple. Un plan d’épargne en actions (PEA) reste aussi possible, avec des règles de transmission différentes.

Peut-on ouvrir un PEA après 70 ans ?

Oui. La seule condition est d’être majeur, sans âge maximal. À votre décès, le PEA est clôturé et sa valeur entre dans votre succession.

Un versement fait le jour de vos 70 ans est-il déductible ?

Non. La déduction s’arrête pour tout versement fait à 70 ans ou plus à la date du versement, donc dès le jour de l’anniversaire. Un versement fait la veille reste déductible, dans la limite de vos plafonds.

La participation ou l’intéressement versés sur un PER d’entreprise après 70 ans sont-ils imposés ?

Oui. Depuis le 1er janvier 2026, ils perdent leur exonération d’impôt sur le revenu quand le titulaire a 70 ans ou plus, comme l’abondement. À la sortie, ils sont traités comme des versements non déduits : seuls leurs gains sont imposés.

Un retraité de moins de 70 ans a-t-il intérêt à verser sur un PER ?

Seulement si sa tranche est plus haute au moment du versement qu’au moment du retrait. Son plafond est de 10 % de ses revenus professionnels, avec un minimum de 4 710 € : un retraité sans revenus professionnels a donc 4 710 € par an, plus ses reliquats. L’argent versé après le départ à la retraite reste disponible à tout moment.

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