Le taux de remplacement, c’est la part de votre salaire de fin de carrière que votre pension viendra remplacer. Tout le monde cite 75 %, mais ce chiffre décrit des personnes nées en 1950 et mesurées en 2016. Les projections officielles pour les carrières d’aujourd’hui donnent des taux allant de 40 % à 95 %, et le vôtre dépend surtout d’une chose : votre niveau de salaire.

Qu’est-ce que le taux de remplacement à la retraite ?

Le taux de remplacement, c’est le rapport entre votre première pension de retraite et votre salaire de fin de carrière, exprimé en pourcentage. Un taux de 60 % signifie que vous toucherez 60 € de pension pour 100 € de salaire, et que 40 € manqueront chaque mois.

Taux de remplacement = (première pension nette ÷ salaire net de fin de carrière) × 100

Trois précisions changent le résultat, et aucune n’est optionnelle.

Le calcul se fait en net, jamais en brut. Les prélèvements ne sont pas les mêmes des deux côtés : un salaire supporte les cotisations sociales et la CSG au taux fort, une pension une CSG allégée. Comparer deux bruts donne un taux plus bas que la réalité vécue.

Retenez le rapport, les tableaux qui suivent sont en brut : dans le privé, le net représente environ 76 % du brut (2 733 € net pour 3 602 € brut en moyenne en 2024). Pour passer de votre net à votre brut, multipliez par 1,3.

Vous ne toucherez pas une pension mais deux. Un salarié du privé perçoit une retraite de base, versée par l’Assurance retraite, et une retraite complémentaire, versée par l’Agirc-Arrco, la caisse commune de tous les salariés du privé. Les deux obéissent à des règles différentes, et c’est de leur addition que sort votre taux.

Un exemple. Vous terminez à 2 500 € net par mois avec un taux de 65 %. Votre pension sera de 1 625 € net, et il vous manquera 875 € par mois.

Non, votre taux de remplacement ne sera pas de 75 %

Le chiffre de 75 % circule partout. Il existe, il est exact, et il ne vous concerne probablement pas.

Il vient du panorama annuel de la Drees, le service statistique des ministères sociaux, qui mesure un taux de remplacement net médian de 74,7 %. Mais cette mesure porte sur les personnes nées en 1950, à partir de données collectées en 2016. La Drees écrit elle-même que ses calculs n’ont pas été actualisés depuis.

Les personnes retenues sont tout aussi particulières. Le calcul écarte les carrières incomplètes, ceux qui n’ont travaillé qu’à temps partiel après 50 ans, les indépendants, les agriculteurs et les professions libérales. Ce qu’on vous présente comme la norme décrit une carrière complète, à temps plein, partie à la retraite il y a plus de dix ans.

Deuxième chiffre récité de travers : la pension moyenne. Fin 2023, elle s’établit à 1 666 € bruts, soit 1 541 € nets après prélèvements sociaux. Mais c’est la moyenne de tous les retraités, y compris ceux qui sont partis en 1995.

Ceux qui ont pris leur retraite en 2023, eux, touchent 1 557 € bruts : 6,5 % de moins que l’ensemble des retraités, et 2,9 % de moins que la promotion précédente une fois l’inflation neutralisée. La moyenne que vous lisez décrit un passé plus généreux que votre avenir.

Enfin, les deux institutions qui publient ces taux ne mesurent pas la même chose. Le Conseil d’orientation des retraites, le COR, rapporte la pension à la moyenne des douze derniers mois de salaire. La Drees, elle, prend les cinq années qui précèdent le départ, jette la dernière parce qu’elle est gonflée par les primes de départ, et fait la moyenne des quatre autres.

Deux dénominateurs, deux taux pour la même personne. C’est pour ça que vous ne retrouverez jamais deux fois le même chiffre d’un site à l’autre.

Quel est votre taux de remplacement selon votre profil ?

Le COR suit treize carrières types et publie leur taux de remplacement net à plusieurs âges de départ. Les chiffres qui suivent portent sur la génération 1964, celle qui atteint l’âge légal en 2026 : ce que touche quelqu’un qui part maintenant. Trois exceptions : l’aide-soignant et le policier, calculés sur des générations plus jeunes parce qu’ils partent bien avant les autres, et le médecin, né en 1960.

Le COR n’exprime pas ces profils en euros mais en multiples du salaire moyen de l’ensemble de l’économie, qui vaut environ 3 200 € brut par mois. Le chiffre est reproductible : le COR situe la pension moyenne à 52,3 % du salaire moyen, et cette pension vaut 1 666 € brut fin 2023, soit 1 666 ÷ 0,523 ≈ 3 190 €.

Les montants en euros des tableaux servent à vous situer, ce ne sont pas des seuils, et ils sont en brut.

Trois repères reviennent dans les colonnes. 62 ans et 9 mois, c’est le premier âge auquel cette génération a le droit de partir. 67 ans, c’est l’âge auquel la pénalité disparaît quoi qu’il arrive.

Entre les deux, le taux plein est le moment où vous avez réuni assez de trimestres, ces unités de durée que chaque année travaillée vous rapporte, pour échapper à la décote, cette pénalité définitive appliquée quand il en manque. Il tombe à un âge différent selon les carrières : une carrière commencée tôt peut l’atteindre avant 62 ans et 9 mois, ce qui explique les âges plus bas dans le tableau du public. Et un taux plus élevé à 67 ans ne veut pas dire que le report soit financièrement gagnant.

Dans le privé : le taux de remplacement chute quand le salaire monte

ProfilSalaire brut de fin de carrière (en multiple du salaire moyen)Départ à 62 ans et 9 moisDépart à 67 ans
Cadre, carrière continue2,51 × (~8 000 €/mois)51,9 %58,6 %
Non-cadre, carrière continue0,74 × (~2 400 €/mois)75,2 %86,8 %
Non-cadre passé par le chômage0,62 × (~2 000 €/mois)66,7 %63,1 %
Femme non-cadre, deux enfants0,62 × (~2 000 €/mois)80,9 %92,5 %

À âge de départ identique, l’écart entre le cadre et la femme non-cadre atteint 29 points, et il tient d’abord au niveau de salaire. Pas seulement : à salaire égal, le non-cadre passé par le chômage reste 14 points sous la femme qui a eu deux enfants.

Si vous ne trouvez pas votre ligne, divisez votre salaire brut mensuel par 3 200 : vous obtenez votre multiple, à comparer à ceux de la deuxième colonne. La règle du COR fait le reste : plus la rémunération est faible, plus le taux est élevé.

Un cadre à 4 400 € brut est ainsi à 1,4, entre le non-cadre (0,74) et le cadre du tableau (2,51). Son taux se situe donc entre 75,2 % et 51,9 %.

Ce cas est le plus fréquent, parce que le profil « cadre » du COR gagne 8 000 € brut par mois, très au-dessus du cadre moyen du privé, rémunéré 68 695 € par an en 2024. La plupart des cadres se situent donc dans cette zone intermédiaire.

Impossible d’être plus précis : l’écart ne se referme pas de façon régulière et personne ne publie la courbe entre les deux profils. C’est là qu’un simulateur travaillant sur votre carrière réelle devient nécessaire.

Un profil sort du lot : dans le tableau du COR, le non-cadre passé par le chômage est le seul dont le taux baisse s’il travaille jusqu’à 67 ans, de 66,7 % à 63,1 %. Le commentaire du même rapport affirme pourtant que reporter son départ augmente le taux de tous les cas types. Les deux ne peuvent pas être vrais, et nous retenons le tableau.

Ce que ce chiffre reflète tient à la construction du profil. Son dernier salaire, touché à 55 ans, continue d’être revalorisé comme les salaires du pays pendant qu’il ne travaille plus, alors que sa pension ne suit pas ce rythme. Le salaire de comparaison grossit plus vite que la pension, donc le rapport entre les deux se dégrade.

Chez les indépendants : l’agriculteur et le médecin

Le COR a ajouté en 2026 deux profils qui ne sont pas salariés. Leur revenu est exprimé de la même façon, en multiple du salaire moyen, mais le montant en euros désigne ici un revenu professionnel, pas un salaire brut.

ProfilRevenu de fin de carrière (en multiple du salaire moyen)Départ au plus tôtAu taux pleinÀ 67 ans
Exploitant agricole0,52 × (~1 700 €/mois)78,3 % (à 62 ans et 9 mois)78,3 %94,7 %
Médecin, né en 19602,66 × (~8 500 €/mois)44,9 % (à 62 ans)62,5 % (à 66 ans et 9 mois)64,1 %

L’exploitant agricole confirme la règle : il a le revenu le plus bas des treize profils et le taux le plus élevé à 67 ans. Le médecin la nuance. Né en 1960, il peut partir dès 62 ans, mais la décote ramène alors sa pension à 44,9 % de son dernier revenu. S’il attend le taux plein, il obtient 62,5 %, davantage que le cadre salarié pourtant moins payé.

Dans le public : ce sont les primes qui décident, pas le grade

Si vous n’êtes pas fonctionnaire, cette section ne vous concerne pas : passez à la suivante.

La pension d’un fonctionnaire se calcule sur le traitement indiciaire des six derniers mois, au taux de 75 % pour une carrière complète. Les primes en sont exclues : elles n’alimentent que le régime additionnel, et seulement dans la limite de 20 % du traitement.

Plus votre rémunération repose sur des primes, moins elle est prise en compte. Le classement des profils par part de primes croissante le montre directement.

ProfilSalaire brut de fin de carrière (en multiple du salaire moyen)Part des primesÀ 62 ans et 9 moisAu taux pleinÀ 67 ans
Professeur (catégorie A)1,51 × (~4 800 €/mois)15 %62,3 %72,6 % (à 64 ans et 9 mois)80,2 %
Adjoint technique territorial0,79 × (~2 500 €/mois)20 %70,9 %70,2 % (à 61 ans et demi)87,3 %
Attaché territorial (catégorie A)1,48 × (~4 700 €/mois)27 %60,1 %61,0 % (à 63 ans)72,9 %
Agent sédentaire de catégorie B0,99 × (~3 200 €/mois)30 %58,3 %61,4 % (à 63 ans)71,4 %
Haut fonctionnaire (catégorie A+)2,31 × (~7 400 €/mois)44 %39,9 %46,5 % (à 64 ans et 9 mois)51,9 %

Dans la colonne du taux plein, les cinq profils descendent à mesure que la part des primes monte, à une exception près : l’attaché territorial, primé à 27 %, passe d’un cheveu sous l’agent de catégorie B primé à 30 %.

Un professeur de catégorie A, peu primé, obtient 72,6 % ; un haut fonctionnaire de catégorie A+, mieux payé mais primé à 44 %, tombe à 46,5 %. Vingt-six points d’écart entre deux agents de catégorie A. Les âges de départ diffèrent d’une ligne à l’autre, donc les primes n’expliquent pas tout, mais elles portent l’essentiel de l’écart.

Deux métiers sortent de ce tableau : les catégories actives, ces emplois qui ouvrent un droit de départ anticipé. Ils partent bien plus tôt, donc avec moins de trimestres, et leur pension est réduite à proportion. Un aide-soignant qui part à 57 ans et 9 mois obtient 63,4 %, un policier qui part à 52 ans et 9 mois seulement 40,4 %, et ce dernier doit attendre 57 ans pour remonter à 56,5 %.

Pourquoi votre taux de remplacement baisse quand votre salaire monte

Trois mécanismes se cumulent. Aucun n’est un effet de bord : ils découlent tous directement des règles de calcul.

La retraite de base est plafonnée. Elle ne peut pas dépasser 50 % du plafond de la Sécurité sociale, fixé à 48 060 € par an en 2026, soit 4 005 € par mois. Le maximum est donc de 2 002,50 € brut par mois, et seule une surcote, gagnée en travaillant au-delà du taux plein, permet de le dépasser.

Concrètement, un salarié à 8 000 € par mois touchera exactement la même retraite de base qu’un salarié à 4 005 €. Tout ce qu’il gagne au-dessus du plafond ne produit de droits que dans la complémentaire.

La complémentaire rapporte de moins en moins. À l’Agirc-Arrco, vos cotisations achètent des points, et le prix de ces points augmente plus vite que ce qu’ils rapportent. Depuis la fusion des régimes en 2019, le prix d’achat du point a pris 18 % quand sa valeur de service n’en prenait que 14 %, et le rendement est passé de 5,81 % à 5,61 %.

S’y ajoute un taux d’appel de 127 %. Pour 100 € de points achetés, 127 € de cotisations sont versées, dont une part majoritaire par votre employeur, qui fait partie de ce que votre travail lui coûte. Les 27 € en trop financent l’équilibre du régime sans ouvrir aucun droit.

Dans le public, la part non prise en compte grandit. La rémunération des fonctionnaires progresse depuis vingt-cinq ans surtout par les primes, pendant que la valeur du point d’indice reste contenue. La base de calcul de leur pension se réduit donc d’une génération à l’autre.

Ces trois mécanismes valent à situation comparable. D’un secteur à l’autre la règle ne tient plus : au taux plein, un professeur mieux payé qu’un agent de catégorie B obtient 72,6 % contre 61,4 %, parce que ses primes pèsent deux fois moins lourd (15 % contre 30 %).

Lire aussi : Épargne de précaution en 2026 : combien garder et où la placer, parce que l’effort de long terme n’a de sens qu’une fois le matelas de court terme constitué.

Votre taux de remplacement va baisser : la trajectoire

Les taux des tableaux valent pour la génération 1964. Les vôtres seront plus bas, et le COR chiffre de combien.

L’indicateur qu’il suit est la pension moyenne rapportée au salaire moyen. Elle était de 50,2 % en 2005 et de 52,3 % en 2023, puis les fortes revalorisations de 2025 l’ont portée à 54,6 %. Avec le retour de l’inflation, elle montera encore jusqu’à 55,3 % en 2028, avant de descendre : 48,8 % en 2055, puis 45,3 % en 2070.

Si vous avez 55 ans aujourd’hui, vous partirez vers 2035 et l’essentiel de la baisse est devant vous. Si vous en avez 30, vous partirez vers 2060, quand l’indicateur sera passé sous les 48,8 % de 2055 : plus de six points sous le sommet de 2028. Cet indicateur mesure l’ensemble des retraités, pas votre cas personnel, mais il donne le sens et l’ampleur de la pente.

Les pensions continueront pourtant de progresser en euros constants : en 2070, la pension moyenne dépassera de 11 % celle d’aujourd’hui, quand le salaire moyen aura gagné 36 %.

Les retraités ne s’appauvriront donc pas en valeur absolue. Ce qu’ils perdront, c’est du terrain sur le niveau de vie des actifs, et c’est exactement ce que mesure un taux de remplacement.

Deux signaux de 2026 vont dans le même sens. Les retraites de base ont été revalorisées de 0,9 % au 1er janvier, sous l’inflation.

Et l’Agirc-Arrco n’a pas revalorisé la valeur de son point au 1er novembre 2025 : elle reste bloquée à 1,4386 €, son niveau de novembre 2024. C’est le deuxième gel depuis la fusion des régimes en 2019, après celui de 2020.

Le moteur de fond est démographique. Le système comptait 2,1 cotisants par retraité en 2002 et 1,8 en 2025, il n’en comptera plus que 1,3 en 2070. C’est cette pente qui relance, en 2026, le débat sur une part de retraite par capitalisation.

Une nuance importante, tout de même. Un décret fixe un objectif : le taux du non-cadre du privé doit rester au-dessus des deux tiers, soit 66,6 %. Il y est aujourd’hui très largement, autour de 75 %.

Le COR projette qu’il tiendra ce seuil pour les dix générations qui suivent celle de 1963, donc jusqu’aux personnes nées en 1973, et même jusqu’à celles nées en 2000. Cet objectif ne vise que le privé : le fonctionnaire de catégorie B, au salaire pourtant modeste, est déjà sous les deux tiers, et le COR le voit finir environ 13 points sous le non-cadre pour la génération 2000.

Lire aussi : Alternatives au Livret A : où placer son argent en 2026 ?, qui passe en revue les enveloppes de long terme, PER compris.

Partir plus tard améliore-t-il votre taux de remplacement ?

Pour presque tout le monde, oui, et nettement. Un non-cadre du privé passe de 75,2 % à 62 ans et 9 mois à 86,8 % à 67 ans, soit près de douze points gagnés en un peu plus de quatre ans. Un agent de catégorie B passe de 61,4 % à 71,4 %.

Le mécanisme est simple : la décote, cette pénalité définitive appliquée quand il manque des trimestres, disparaît, et chaque trimestre supplémentaire ajoute des droits. La seule exception du tableau reste le non-cadre passé par le chômage, qui perd 3,6 points en attendant 67 ans.

Sauf que le COR, qui publie ces chiffres, prend soin d’ajouter qu’il ne faut pas en tirer la conclusion évidente. Son analyse actuarielle, qui compare tout ce que vous versez à tout ce que vous percevez sur l’ensemble de votre retraite, montre que, sur un strict plan financier, un assuré n’a pas intérêt à décaler son départ une fois le taux plein atteint.

La raison tient en deux choses. D’abord, un taux plus élevé sur moins d’années ne compense pas forcément : en partant à 67 ans plutôt qu’à 62 ans et 9 mois, vous touchez quatre années de pension en moins.

Ensuite, l’Agirc-Arrco n’accorde aucune majoration viagère pour un départ tardif, alors que la complémentaire représente une part importante de la pension d’un cadre. Vous continuez à cotiser sans que le régime vous en tienne durablement compte.

Décaler son départ améliore donc le pourcentage affiché, mais une fois le taux plein atteint, le report est défavorable sur l’ensemble de la retraite. Ce que vous y gagnez, c’est un niveau de vie mensuel plus élevé sur une durée plus courte.

Que faire de votre taux de remplacement ?

Le chiffre n’a d’intérêt qu’une fois traduit en euros par mois. Trouvez votre ligne dans l’un des tableaux, qui sont en brut, puis appliquez le pourcentage à votre salaire net : ce qui reste est ce qui manquera chaque mois.

Le non-cadre du tableau gagne 2 400 € brut, soit environ 1 820 € net : à 75,2 %, il lui manquera 452 € par mois. Le cadre gagne 8 000 € brut, soit environ 6 070 € net : à 51,9 %, il lui manquera 2 920 € par mois, plus de 35 000 € par an à couvrir sur toute la durée de sa retraite. C’est cet ordre de grandeur, et non le pourcentage, qui dimensionne un effort d’épargne.

Deux étapes suivent. Chiffrer votre situation sur votre carrière réelle plutôt qu’un cas type, avec le simulateur retraite de Gustav ou le service Mon estimation retraite du portail officiel.

Puis dimensionner l’effort : combien épargner chaque mois pour combler l’écart, selon votre âge et votre horizon.

Lire aussi : Épargne retraite : où placer son argent ?, pour choisir l’enveloppe où loger cet effort, et PEA ou assurance-vie : lequel choisir en 2026 ? pour le détail des deux enveloppes de long terme les plus utilisées.

Conformité et transparence

À savoir

Cet article présente des taux de remplacement issus des projections publiques disponibles au 6 octobre 2026 : rapports annuels du Conseil d’orientation des retraites de juin 2026 pour les cas types et la trajectoire et de juin 2025 pour le salaire moyen de référence, panorama « Les retraités et les retraites » de la Drees édition 2025, et recueil Chiffr’Agirc-Arrco 2026. Ce sont des cas types : ils décrivent des carrières stylisées, pas votre situation, et les taux réels varient avec la durée validée, les interruptions, les changements de régime et l’âge effectif de départ. Les montants en euros associés aux profils sont des ordres de grandeur reconstitués à partir du salaire moyen, non des seuils réglementaires. Cet article ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Gustav ne commercialise aucun plan d’épargne retraite et ne perçoit aucune rémunération des organismes cités.

Questions fréquentes

Le taux de remplacement est-il calculé en brut ou en net ?

En net, dans toutes les publications officielles. Les prélèvements diffèrent trop entre un salaire et une pension pour qu’une comparaison brute ait un sens. Un taux calculé en brut sous-estime systématiquement ce que vous toucherez.

Où voir mon taux de remplacement personnel ?

Aucun organisme ne l’affiche tel quel, mais vous avez les deux termes du calcul. Le service Mon estimation retraite, sur info-retraite.fr, projette votre pension à plusieurs âges de départ à partir de votre carrière déclarée. À partir de 45 ans, vous pouvez aussi demander à votre caisse un entretien information retraite gratuit.

Le second terme n’est pas votre salaire d’aujourd’hui : le taux se mesure sur le salaire de fin de carrière, donc sur celui que vous toucherez à l’âge de départ que vous avez retenu. Le service vous laisse justement renseigner une évolution de vos revenus ; gardez la même hypothèse pour projeter votre salaire net à cet âge-là, puis divisez la pension estimée par ce montant. Diviser par votre salaire actuel ignore la progression qu’il vous reste et gonfle le taux d’autant.

Le chômage et le temps partiel comptent-ils dans le taux de remplacement ?

Ils comptent, et dans les deux sens. Le chômage indemnisé valide des trimestres et rapporte des points, mais bien moins qu’un salaire. Le temps partiel, lui, produit un effet trompeur : en abaissant le dernier salaire qui sert de dénominateur, il fait monter le taux sans que la pension soit plus élevée. C’est pour cette raison que la Drees écarte les carrières exclusivement à temps partiel après 50 ans.

Les indépendants ont-ils un taux de remplacement ?

Oui, et le COR en suit deux depuis 2026, tous deux au taux plein : l’exploitant agricole obtient 78,3 % à 62 ans et 9 mois, le médecin 62,5 % à 66 ans et 9 mois. La Drees, elle, continue d’exclure les indépendants, les agriculteurs et les professions libérales de ses calculs, parce que leur revenu d’activité n’est pas comparable à un salaire. Pour un artisan, un commerçant ou un consultant, aucun cas type n’existe : l’estimation personnelle reste la seule option.

Peut-on atteindre 100 % de taux de remplacement ?

Avec les seuls régimes obligatoires, quasiment jamais. Le profil le plus favorable suivi par le COR, l’exploitant agricole partant à 67 ans, plafonne à 94,7 %, et ce niveau tient largement à un revenu de référence très bas. Juste derrière, la femme non-cadre ayant eu deux enfants atteint 92,5 %, en partie grâce aux trimestres accordés pour ses enfants. Pour garder votre revenu d’activité, il faut une épargne que vous aurez constituée vous-même.

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