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L’argent d’un plan d’épargne retraite (PER) est bloqué jusqu’à la retraite : le déblocage anticipé n’est possible que dans 7 cas fixés par la loi. Six d’entre eux, les accidents de la vie, vous laissent l’économie d’impôt faite à l’entrée. Le septième, l’achat de votre résidence principale, peut vous la reprendre en entier.
Ce dernier déblocage coûte plus ou moins cher selon votre tranche d’imposition l’année de l’achat, c’est-à-dire le taux qui frappe vos derniers euros de revenus : 0, 11, 30, 41 ou 45 %. Voici les 7 cas et leurs conditions, ce que chacun coûte, puis la comparaison avec un apport pris sur un PEA ou une assurance-vie, les deux autres placements courants pour préparer un achat.
En bref
– Le déblocage du PER avant la retraite n’est possible que dans 7 cas : 6 accidents de la vie (décès du conjoint, invalidité, enfant gravement malade, surendettement, fin des droits au chômage, liquidation judiciaire) et l’achat de votre résidence principale.
– Sauf pour l’enfant gravement malade, dont l’administration n’a pas encore commenté la fiscalité, un accident de la vie laisse vos versements ressortir sans impôt, même déduits. Seuls les gains paient 18,6 % de prélèvements sociaux, les contributions comme la CSG qui frappent les revenus de l’épargne.
– Pour l’achat de la résidence principale, vos versements déduits s’ajoutent à vos revenus de l’année : à tranche égale, l’État reprend l’impôt que vous aviez économisé, parfois plus.
– L’année de l’achat décide. Dans notre exemple, un épargnant imposé à 30 % pendant ses 8 ans de versements garde 23 % de plus qu’avec un PEA s’il achète une année où sa tranche tombe à 11 %, et 10 % de moins si elle monte à 41 %.
– Aucun déblocage n’est prévu pour le logement d’un enfant, des travaux ou le remboursement d’un crédit.
Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?
Oui, mais seulement dans les cas prévus par la loi. Votre PER devient disponible le jour où vous touchez votre pension de retraite, ou quand vous atteignez l’âge légal de départ. À partir de là, aucun motif n’est nécessaire : c’est la sortie à la retraite, en capital ou en rente.
Avant cette date, il faut un déblocage anticipé : un retrait permis seulement dans les cas que liste l’article L224-4 du Code monétaire et financier. Pour un titulaire adulte, il y en a 7 : six accidents de la vie, ces coups durs que la loi énumère un par un, et un projet, l’achat de votre résidence principale.
| Cas de déblocage | Qui est concerné | Famille |
|---|---|---|
| Décès du conjoint | Vous, si votre époux ou partenaire de PACS décède | Accident de la vie |
| Invalidité de 2e ou 3e catégorie | Vous, vos enfants, votre époux ou partenaire de PACS | Accident de la vie |
| Maladie grave, handicap ou accident grave d’un enfant | Votre enfant à charge | Accident de la vie |
| Surendettement | Vous | Accident de la vie |
| Fin des droits au chômage, ou fin d’un mandat social depuis 2 ans | Vous | Accident de la vie |
| Liquidation judiciaire | Vous, si vous êtes travailleur indépendant | Accident de la vie |
| Achat de la résidence principale | Vous, pour votre propre logement | Projet |
Les deux familles ne sont pas taxées de la même façon : un accident de la vie coûte peu, l’achat de la résidence principale peut coûter cher.
Ces cas valent pour le PER individuel, que vous ouvrez vous-même, comme pour les deux PER d’entreprise : le collectif, ouvert par l’employeur à tous les salariés, et l’obligatoire, alimenté par des cotisations imposées. Seule restriction : pour l’achat de la résidence principale, une partie de l’argent d’un PER d’entreprise reste bloquée.
Votre propre décès n’est pas un cas de déblocage : il clôt le plan, et l’argent va à vos bénéficiaires ou à vos héritiers. La loi prévoit aussi un cas propre aux plans ouverts au nom d’un enfant mineur, qui ne concerne pas les adultes.
Quels sont les 6 accidents de la vie qui débloquent un PER ?
Chaque accident de la vie a ses conditions, et c’est à vous de les prouver. La demande se fait par lettre, de préférence recommandée, envoyée au gestionnaire du plan avec une pièce d’identité, un RIB et le justificatif de votre situation.
Décès du conjoint : qui peut débloquer son PER ?
Le décès de votre époux, de votre épouse ou de votre partenaire de PACS vous permet de débloquer votre propre PER. Un concubin, en couple sans être marié ni pacsé, n’y a pas droit. Le texte ne fixe aucun délai pour faire la demande.
Invalidité : quelle catégorie permet le déblocage ?
L’invalidité doit être classée en 2e ou en 3e catégorie par la Sécurité sociale. La 2e catégorie correspond à une personne qui ne peut plus exercer aucune activité professionnelle. La 3e y ajoute le besoin de l’aide d’une autre personne pour les gestes de la vie courante.
La 1re catégorie, qui permet encore de travailler, ne suffit pas. Le cas couvre votre invalidité, celle de vos enfants, de votre époux ou de votre partenaire de PACS.
Enfant gravement malade : que change la loi de juin 2026 ?
Depuis le 14 juin 2026, un nouveau cas s’ajoute : l’affection grave, le handicap ou l’accident d’une particulière gravité d’un enfant à votre charge. Il a été créé par la loi du 12 juin 2026 et vaut pour tous les PER, y compris ceux d’entreprise.
Les pièces à fournir ne sont pas encore précisées. Demandez la liste à votre gestionnaire avant d’envoyer votre dossier.
L’ancien PERCO, l’épargne retraite d’entreprise d’avant le PER, n’est pas concerné s’il n’a pas été transformé en PER. Le PEE, le plan d’épargne salariale bloqué 5 ans, non plus.
Chômage, surendettement, faillite : dans quelles conditions ?
Le chômage ouvre le déblocage quand vos droits à l’assurance chômage sont épuisés et que vous ne touchez plus d’allocation. Si vous avez été mandataire social, autrement dit dirigeant d’une société, la règle change : votre mandat doit avoir pris fin depuis au moins 2 ans, sans contrat de travail depuis, et vous ne devez pas avoir pris votre retraite.
Le surendettement, c’est la situation où vous ne pouvez plus payer vos dettes. Ici, ce n’est pas vous qui écrivez : la commission de surendettement adresse elle-même la demande au gestionnaire du PER.
La liquidation judiciaire concerne les travailleurs indépendants dont l’activité s’arrête sur décision du tribunal. Le président du tribunal de commerce peut aussi demander le déblocage, avec votre accord, pendant une conciliation, une négociation amiable avec vos créanciers.
Combien coûte un déblocage du PER pour accident de la vie ?
Presque rien. La part qui vient de vos versements ressort sans impôt sur le revenu ni prélèvements sociaux, même si vous les aviez déduits, et quelle que soit l’origine de l’argent. Les gains, eux, paient seulement les prélèvements sociaux, passés de 17,2 % à 18,6 % le 1er janvier 2026 pour le PER.
L’économie d’impôt faite à l’entrée vous reste donc acquise. Si vous débloquez 30 000 €, dont 24 000 € de versements et 6 000 € de gains, vous payez 1 116 € de prélèvements sociaux, soit 18,6 % des gains, et rien d’autre.
Pour le nouveau cas de l’enfant à charge, l’administration n’a pas encore commenté la fiscalité. Le texte le range parmi les accidents de la vie, mais aucun chiffre n’est sûr tant qu’elle ne l’a pas confirmé.
Cette exonération ne joue plus une fois votre retraite prise ou l’âge légal atteint. Le plan est alors simplement disponible, et taxé comme une sortie ordinaire.
Un seul déblocage relève de votre choix : l’achat de votre résidence principale. Il obéit à d’autres règles : d’abord qui peut s’en servir et pour quelle somme, puis ce qu’il coûte.
Lire aussi : PER : avantages et inconvénients, est-il intéressant pour vous ?, pour décider si l’argent bloqué vaut la déduction.
Déblocage du PER pour l’achat de la résidence principale : quelles conditions ?
La loi tient en une ligne : les sommes doivent servir à l’acquisition de votre résidence principale. Le reste, quels achats et quelle somme, relève surtout de la pratique des gestionnaires et de votre contrat.
Quels achats permettent de débloquer son PER ?
Le logement doit devenir votre résidence principale, celle où vous habitez la plus grande partie de l’année. En pratique, les gestionnaires acceptent l’achat d’un logement existant, l’achat sur plan (la VEFA, vente en l’état futur d’achèvement) et la construction, avec le terrain s’il est acheté en même temps.
Ils refusent en général une résidence secondaire, un logement à louer, un terrain seul, des travaux, le remboursement d’un crédit en cours et l’achat par une SCI, une société civile immobilière qui détient le bien à votre place.
Vous n’avez pas à acheter pour la première fois : la loi ne pose aucune condition de primo-accession. Et le PER ne se débloque pas pour le logement d’un enfant, puisque seule compte votre propre résidence principale.
Quelle somme pouvez-vous retirer ?
Tout PER range votre argent dans trois compartiments, selon son origine. Le 1er reçoit vos versements volontaires, le 2e l’épargne salariale (intéressement, participation, abondement de l’employeur), le 3e les cotisations obligatoires d’un PER d’entreprise.
Pour la résidence principale, les compartiments 1 et 2 se débloquent, mais les droits issus de versements obligatoires restent bloqués. Un PER individuel ne contient en général que le 1er : tout y est disponible.
L’argent vous est versé en une seule fois pour un achat donné. En pratique, le gestionnaire le limite à votre apport personnel, la part du prix que vous payez sans emprunter, inscrite au plan de financement de la banque.
La loi ne limite pas le nombre de déblocages au cours d’une vie : chaque achat d’une nouvelle résidence principale peut en ouvrir un. Votre contrat peut toutefois prévoir ses propres modalités.
Comment demander le déblocage, et à quel moment ?
Écrivez au gestionnaire du plan, de préférence en recommandé, avec une pièce d’identité, un RIB, le compromis ou l’acte de vente et le plan de financement. Vous pouvez en général faire la demande dès la signature du compromis.
La loi ne fixe pas de délai : c’est votre contrat qui le donne, souvent 6 mois après la signature. Si l’achat ne se fait pas, vous devez rendre l’argent.
Une fois l’argent débloqué, reste la question du prix.
Combien coûte vraiment un déblocage PER pour la résidence principale ?
Cela dépend de deux choses : le choix que vous avez fait à chaque versement, déduire ou non, et votre tranche d’imposition l’année de l’achat.
Comment le retrait est-il imposé ?
À chaque versement volontaire, vous choisissez : le déduire de votre revenu imposable pour payer moins d’impôt cette année-là, ou renoncer à cette déduction. La plupart des épargnants déduisent.
Au déblocage, la part de vos versements déduits s’ajoute à vos revenus de l’année et paie l’impôt selon votre tranche. Elle n’a pas droit à l’abattement de 10 % qui allège l’impôt sur les salaires et les pensions, mais ne paie pas de prélèvements sociaux.
La part de vos versements non déduits ressort sans impôt sur le revenu. Les gains paient 31,4 % : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. L’épargne salariale du compartiment 2 ne paie pas d’impôt sur le revenu, et ses gains ne paient que les prélèvements sociaux.
Le système du quotient allège la note. C’est une règle qui calcule l’impôt d’un revenu exceptionnel comme si vous l’aviez touché en quatre ans : l’administration ajoute un quart de la somme à vos revenus, calcule l’impôt supplémentaire et le multiplie par quatre. Vous évitez ainsi de grimper de plusieurs tranches d’un coup.
Le déblocage pour la résidence principale y a droit quel que soit son montant. Le quotient n’est pas automatique : déclarez la somme comme revenu exceptionnel, dans la case 0XX de votre déclaration de revenus, l’année suivant le retrait. Les autres sorties sont détaillées dans notre article sur la fiscalité du PER, déblocage pour la résidence principale compris.
Combien d’impôt paierez-vous selon votre tranche ?
Pour chiffrer ce coût, nous avons pris un cas simple :
- une personne seule, salariée, qui a 1 part fiscale. La part fiscale est l’unité qui divise vos revenus pour calculer l’impôt : 1 pour une personne seule sans enfant ;
- un effort d’épargne de 250 € par mois pendant 8 ans, revalorisé chaque année avec l’inflation ;
- 8 ans et non 25 comme dans nos autres calculs, parce qu’un apport se prépare à moyen terme ;
- un rendement de 4,75 % par an au-dessus de l’inflation, avant frais, et une inflation de 2 % ;
- des frais de 0,5 % par an pour un PER en ligne, de 0,25 % pour le PEA et l’assurance-vie ;
- un revenu imposable, après l’abattement de 10 %, de 25 000 € (tranche à 11 %), 45 000 € (30 %) ou 100 000 € (41 %), le même pendant les versements et l’année de l’achat, avec le barème 2026 ;
- tous les versements déduits, et le quotient demandé ;
- des montants en euros d’aujourd’hui : versements, impôt et apport sont divisés par 1,17, la hausse des prix cumulée sur 8 ans à 2 % par an.
L’effort, c’est ce que l’épargne vous coûte vraiment, une fois l’économie d’impôt récupérée. Sur le PER, la déduction vous rembourse une partie de chaque versement : avec le même effort de 250 €, vous versez 281 € par mois à 11 %, 357 € à 30 % et 424 € à 41 %.
| Tranche pendant les versements → l’année de l’achat | PER au déblocage (€) | Dont versements déduits (€) | Impôt sur les versements (€) | Impôt sur les gains (€) | Apport net (€) |
|---|---|---|---|---|---|
| 11 % → 11 % | 31 903 | 24 918 | 4 225 | 2 193 | 25 484 |
| 30 % → 30 % | 40 562 | 31 682 | 9 505 | 2 789 | 28 269 |
| 41 % → 41 % | 48 125 | 37 588 | 15 411 | 3 308 | 29 405 |
Calcul Gustav. Impôt sur les versements calculé avec le système du quotient, gains taxés à 31,4 %.
Quand la tranche ne bouge pas, le déblocage reprend l’impôt économisé. À 30 %, notre épargnant a économisé 9 505 € d’impôt en 8 ans et il en rend 9 505 € l’année de l’achat. Ce que le PER lui rapporte en plus se limite à ses gains, taxés à 31,4 %.
À 11 %, c’est pire : il rend 4 225 € alors que ses 24 918 € de versements, déduits à 11 %, ne lui avaient fait économiser que 2 741 €. Même ramené au quart, son retrait fait passer une partie de ses revenus dans la tranche à 30 %, et lui coûte sa décote, la réduction qui allège l’impôt des revenus modestes. Sans le quotient, l’impôt aurait atteint 6 835 €.
Comparez avec un accident de la vie : le même PER, débloqué après une invalidité par exemple, laisserait 38 911 € à l’épargnant à 30 %, puisque seuls ses gains paieraient 18,6 %.
Vaut-il mieux puiser dans le PER, une assurance-vie ou un PEA ?
La question en cache deux : où épargner pour un futur apport, et où puiser si vous avez déjà un PER et un PEA. Pour la première, plaçons le même effort ailleurs.
Le PEA, le plan d’épargne en actions, ne taxe ses gains qu’aux 18,6 % de prélèvements sociaux après 5 ans. L’assurance-vie, après 8 ans, prélève 17,2 % de prélèvements sociaux, car la hausse de 2026 ne la concerne pas, plus 7,5 % d’impôt sur les gains au-delà d’un abattement de 4 600 € pour une personne seule.
Mêmes hypothèses, même effort de 250 € par mois pendant 8 ans :
| Tranche pendant les versements et l’année de l’achat | Apport net du PER (€) | Apport net du PEA (€) | Apport net de l’assurance-vie (€) | Écart PER / PEA (%) |
|---|---|---|---|---|
| 11 % | 25 484 | 27 466 | 27 414 | −7,2 |
| 30 % | 28 269 | 27 466 | 27 414 | +2,9 |
| 41 % | 29 405 | 27 466 | 27 414 | +7,1 |
À 30 %, le PER fait à peine mieux que le PEA : 803 € de plus après 8 ans, pour un argent resté bloqué. À 41 %, l’avance monte à 1 939 €, soit 7,1 %. À 11 %, le PER perd 1 982 €.
L’écart reste limité parce que le PER place plus d’argent grâce à la déduction, puis rend cette déduction au déblocage et taxe ses gains à 31,4 %, contre 18,6 % pour le PEA. Le PEA et l’assurance-vie, eux, font jeu égal à 52 € près.
Si vous avez déjà un PER et un PEA, le calcul change. L’économie d’impôt faite à l’entrée est acquise, quel que soit le placement où vous puisez : seul compte ce que coûte le retrait.
Pour notre épargnant à 30 %, débloquer le PER lui coûte 9 505 € d’impôt sur les versements et 2 789 € sur les gains, soit 30 % de la somme retirée. Sur le PEA, il ne paie que les prélèvements sociaux sur les gains : 1 208 € pour 28 674 € retirés, à peine plus de 4 %.
Garder le PER ne fait pas disparaître son impôt pour autant. Il tombera à la sortie, à votre tranche de retraite pour la part des versements, et d’ici là l’argent aura continué de travailler.
Débloquer revient donc à payer cet impôt tout de suite, à la tranche de l’année de l’achat. Reste à savoir si cette tranche-là vous est favorable.
L’année de l’achat change-t-elle le coût ?
Oui, et c’est elle qui décide. Reprenons l’épargnant imposé à 30 % pendant ses versements, avec les mêmes hypothèses, et faisons varier son revenu l’année de l’achat.
| Revenu imposable l’année de l’achat (€) | Tranche cette année-là | Impôt sur les versements (€) | Apport net du PER (€) | Écart avec le PEA (%) |
|---|---|---|---|---|
| 20 000 | 11 % | 3 964 | 33 810 | +23,1 |
| 45 000 | 30 % | 9 505 | 28 269 | +2,9 |
| 90 000 | 41 % | 12 989 | 24 784 | −9,8 |
Calcul Gustav, mêmes hypothèses. Le PEA laisse 27 466 € pour le même effort.
Une année basse, comme un congé parental, un temps partiel ou la première année d’une entreprise, lui laisse 33 810 €, 23 % de plus qu’avec un PEA. Il a déduit ses versements à 30 % et les rend à 11 %, soit 3 485 €.
Le tableau affiche 479 € de plus, 3 964 € au total : c’est la décote qu’il perd, puisqu’avec 20 000 € de revenu il y aurait eu droit sans le retrait.
L’année d’une prime ou d’une promotion, à l’inverse, il ne garde que 24 784 €, 10 % de moins.
Cette année, vous ne la choisissez pas vraiment. Le déblocage suit l’achat et se fait en un versement unique, impossible à étaler sur deux ans. Seule marge, pour un achat signé en fin d’année : si le délai de votre contrat le permet, un déblocage versé en janvier plutôt qu’en décembre tombe sur l’année fiscale suivante.
Une mise en garde, enfin. Votre revenu fiscal de référence, le revenu inscrit sur votre avis d’impôt qui sert à attribuer de nombreuses aides, augmente du montant total retiré, quotient ou non. Une aide sous conditions de ressources, calculée plus tard sur ce revenu, peut baisser ou disparaître.
Lire aussi : Plafond PER 2026, pour savoir combien vous pouvez déduire chaque année si vous continuez à verser.
Faut-il débloquer son PER pour acheter ? Notre verdict
L’essentiel se joue sur une comparaison : votre tranche l’année de l’achat face à celle de vos versements. Les chiffres sont ceux de nos calculs, pour un effort de 250 € par mois pendant 8 ans.
| Votre situation | Que faire | Pourquoi |
|---|---|---|
| Votre tranche l’année de l’achat est plus basse que pendant vos versements | Débloquez, et demandez le quotient | Vous rendez l’impôt à un taux plus bas que celui économisé : 23 % de plus qu’un PEA dans notre cas |
| Votre tranche ne change pas | Débloquez s’il vous manque l’apport, sinon prenez d’abord sur le PEA ou l’assurance-vie | Le déblocage reprend l’économie d’impôt : à 30 %, il coûte 30 % de la somme retirée, contre 4 % sur un PEA, alors que le PER gardé ne paiera cet impôt qu’à la retraite |
| Votre tranche l’année de l’achat est plus haute (prime, promotion) | Prenez d’abord sur le PEA ou l’assurance-vie | Vous rendez l’impôt à un taux plus élevé que celui économisé : 39 % de la somme retirée dans notre cas, contre 4 % sur un PEA |
| Vous touchez une aide sous conditions de ressources | Vérifiez son seuil avant de débloquer | Tout le retrait s’ajoute à votre revenu fiscal de référence |
| Vous n’avez pas encore de PER et prévoyez d’acheter d’ici quelques années | Ouvrez plutôt un PEA | Pas de risque de tomber sur une mauvaise année fiscale, et des gains taxés à 18,6 % après 5 ans |
Le conseil de Gustav
Avant de débloquer, regardez la tranche que vous aurez l’année de l’achat, pas celle d’aujourd’hui. Si elle est plus haute que pendant vos versements, laissez le PER de côté et trouvez l’apport ailleurs : votre PER continue de travailler et reste disponible à la retraite. Gustav ne vend aucun PER, et n’a donc aucun intérêt à ce que vous gardiez le vôtre ou le vidiez.
Pour refaire le calcul avec vos revenus, notre simulateur PER montre ce que le PER vous laisse vraiment, impôt de sortie et frais compris, face au même effort placé sur un PEA.
Lire aussi : Épargne retraite : où placer son argent ?, pour comparer le PER, l’assurance-vie, le PEA et le compte-titres sur toute une carrière.
À savoir
Cet article s’appuie sur les règles applicables en octobre 2026. Les montants chiffrés sont des calculs Gustav fondés sur les hypothèses indiquées (personne seule, 250 € par mois d’effort pendant 8 ans, rendement et frais constants) : ils ne remplacent pas un calcul sur votre situation et ne constituent ni un conseil fiscal ni une recommandation personnalisée. Gustav ne commercialise aucun PER et ne perçoit aucune rémunération des établissements qui les proposent.
Les réponses courtes aux questions qui reviennent le plus souvent avant un déblocage.