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En 2026, le plafond PER d’un salarié est de 10 % de ses revenus d’activité de 2025, avec un minimum de 4 710 € et un maximum de 37 680 €. S’y ajoutent les plafonds qu’il n’a pas utilisés les trois années précédentes. Le plus ancien, celui de 2023, disparaît le 31 décembre.
En bref
– Pour un salarié, le plafond PER 2026 est de 10 % des revenus d’activité de 2025 nets de frais, entre 4 710 € et 37 680 €.
– Les plafonds non utilisés, qu’on appelle reliquats, s’ajoutent à celui de l’année. En 2026, ce sont ceux de 2023, 2024 et 2025 : sans aucun versement passé, un salarié peut déduire au moins 17 860 € cette année. Le reliquat 2023 est perdu le 31 décembre 2026. À partir du plafond 2026, le report passe de 3 à 5 ans.
– Un indépendant peut déduire jusqu’à 88 911 € de son bénéfice, avec un calcul différent de celui des salariés.
– Votre montant exact figure sur votre avis d’impôt 2026, dans le cadre « Plafond épargne retraite ».
– Depuis le 1er janvier 2026, les versements faits à partir de 70 ans ne sont plus déductibles.
Plafond PER 2026 d’un salarié : comment le calculer ?
Le plafond PER, c’est le montant maximum de versements sur un plan d’épargne retraite que vous pouvez déduire de votre revenu imposable sur une année. Au-delà, vous pouvez verser, mais sans économie d’impôt. Ce plafond est personnel : chaque membre du foyer fiscal a le sien, calculé sur ses propres revenus.
Pour les versements faits en 2026, le plafond d’un salarié est égal à 10 % de ses revenus d’activité de 2025, nets de frais professionnels. Si vous ne déclarez pas vos frais réels, c’est votre salaire net imposable après la déduction forfaitaire de 10 %.
Ce calcul est encadré par deux bornes fixées à partir du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), un montant de référence revalorisé chaque année : 47 100 € en 2025.
Le minimum est de 10 % du PASS, soit 4 710 €. Le maximum est de 10 % de 8 fois le PASS, soit 37 680 €. Le PASS retenu pour un salarié est celui de l’année des revenus, 2025, et non celui de 2026.
Combien pouvez-vous déduire selon votre salaire ?
Tant que vos revenus nets de frais restent sous 47 100 €, vous avez droit au minimum de 4 710 €. C’est le cas d’un salarié payé 4 000 € net imposable par mois : 48 000 € par an, 43 200 € après la déduction de 10 %, et 4 320 € de plafond calculé, donc relevé à 4 710 €.
| Revenus d’activité 2025 nets de frais | Plafond PER 2026 |
|---|---|
| 0 € à 47 100 € | 4 710 € (minimum) |
| 60 000 € | 6 000 € |
| 100 000 € | 10 000 € |
| 200 000 € | 20 000 € |
| 376 800 € et plus | 37 680 € (maximum) |
Ce minimum vaut aussi pour quelqu’un qui n’a eu aucun revenu d’activité en 2025, un retraité par exemple. Mais une déduction ne rapporte qu’à hauteur de votre tranche d’imposition, le taux qui s’applique à la dernière part de vos revenus (0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %) : sans impôt à payer, elle ne vous fait rien gagner.
Qu’est-ce qui réduit votre plafond ?
Le montant de votre avis d’impôt est souvent inférieur à 10 % de vos revenus. C’est normal si votre employeur vous fait déjà épargner pour la retraite : le plafond 2026 est diminué des sommes versées pour vous en 2025 sur trois types de dispositifs.
- Les cotisations obligatoires à un contrat de retraite d’entreprise (contrat dit « article 83 » ou PER obligatoire), part patronale et part salariale.
- L’abondement de votre employeur sur un plan d’épargne retraite d’entreprise (PERCO ou PER collectif), dans la limite où il est exonéré d’impôt.
- Les jours de compte épargne-temps transférés sur un PER.
Vous n’avez rien à soustraire vous-même : l’administration s’en charge, à partir des informations transmises par votre employeur.
Plafond PER des indépendants : jusqu’à 88 911 €
Si vous êtes travailleur non salarié (artisan, commerçant, profession libérale, gérant majoritaire de SARL), vos versements se déduisent de votre bénéfice professionnel (de votre rémunération si vous êtes gérant majoritaire), avec un plafond plus large. Il se calcule sur le bénéfice de l’année du versement, avant la déduction de vos versements PER, et avec le PASS de cette même année : 48 060 € en 2026. Comme ce bénéfice n’est connu qu’après le 31 décembre, il faut l’estimer en fin d’année, idéalement avec votre expert-comptable.
Le plafond des indépendants additionne deux parts :
- 10 % du bénéfice imposable, dans la limite de 8 PASS, soit au plus 38 448 € ;
- plus 15 % de la part du bénéfice située entre 48 060 € (1 PASS) et 384 480 € (8 PASS).
Le minimum est de 4 806 € (10 % du PASS 2026), et le maximum de 88 911 € dès que le bénéfice atteint 384 480 €. Pour un bénéfice de 80 000 € en 2026, le plafond est de 8 000 € (10 %), plus 4 791 € (15 % des 31 940 € au-delà de 48 060 €), soit 12 791 €.
Vous disposez en plus du plafond « épargne retraite » des salariés, celui qui figure sur votre avis d’impôt. Les versements déduits de votre bénéfice l’année précédente le réduisent, à l’exception de la part de 15 %. Si vous avez déduit 12 000 € en 2025, dont 4 000 € au titre des 15 %, votre plafond épargne retraite 2026 baisse de 8 000 €.
Le solde reste utilisable en plus, mais il se déduit de votre revenu global, comme pour un salarié, et non de votre bénéfice. C’est aussi le seul des deux plafonds qui se reporte d’une année sur l’autre, selon les règles expliquées dans la section suivante.
Le président d’une SAS ou d’une SASU n’est pas concerné : rémunéré par un salaire, il relève du plafond des salariés, même s’il dirige seul sa société.
Pourquoi certains sites annoncent-ils 38 448 € pour un salarié ?
Parce qu’ils appliquent aux salariés le PASS de 2026 au lieu de celui de 2025. Le chiffre de 38 448 € correspond au premier étage du plafond des indépendants (10 % de 8 PASS de 2026), et celui de 4 806 € à leur minimum.
Pour un salarié, ce sont bien 37 680 € et 4 710 €. Nous avons relevé cette erreur sur plusieurs sites et simulateurs en ligne consultés en octobre 2026. L’écart reste limité, 768 € au maximum, mais un simulateur qui part de 38 448 € surestime votre économie d’impôt dès que vous êtes au plafond.
Report du plafond PER : vos reliquats et leur date d’expiration
Un reliquat, c’est la part de votre plafond PER que vous n’avez pas utilisée une année : elle s’ajoute au plafond des années suivantes, pendant une durée limitée.
Le délai de report était de 3 ans. La loi de finances pour 2026 l’a porté à 5 ans. Ce changement ne vaut qu’à partir du plafond 2026. Ceux de 2023, 2024 et 2025 gardent leur délai de 3 ans.
En 2026, vous pouvez utiliser votre plafond de l’année et ceux de 2023, 2024 et 2025. Il faudra attendre 2031 pour cumuler cinq années de reliquats.
| Plafond de l’année | Calculé sur les revenus | Minimum | Maximum | Utilisable jusqu’au |
|---|---|---|---|---|
| 2023 | 2022 | 4 114 € | 32 909 € | 31 décembre 2026 |
| 2024 | 2023 | 4 399 € | 35 194 € | 31 décembre 2027 |
| 2025 | 2024 | 4 637 € | 37 094 € | 31 décembre 2028 |
| 2026 | 2025 | 4 710 € | 37 680 € | 31 décembre 2031 |
Un salarié qui n’a jamais rien versé sur un PER peut donc déduire en 2026 au moins 17 860 €, la somme des quatre minimums, et jusqu’à 142 877 € s’il était au maximum chaque année.
Dans quel ordre vos versements consomment-ils vos plafonds ?
Le fisc impute vos versements d’abord sur le plafond de l’année, puis sur les reliquats en commençant par le plus ancien. Vous ne choisissez pas cet ordre.
Pour utiliser votre reliquat 2023 avant qu’il disparaisse, vous devez donc d’abord remplir entièrement votre plafond 2026. Un versement qui ne dépasse pas votre plafond de l’année ne touche pas au reliquat qui expire. Si vous êtes au minimum chaque année, il faut verser au moins 8 824 € avant le 31 décembre pour ne rien perdre (4 710 € pour 2026 et 4 114 € pour 2023).
Combien verser avant le 31 décembre, et jusqu’où ?
Prenons un salarié qui n’a jamais versé sur un PER, avec des revenus nets de frais de 55 000 € en 2022, 57 000 € en 2023, 58 000 € en 2024 et 60 000 € en 2025. Ses plafonds sont de 5 500 € (2023), 5 700 € (2024), 5 800 € (2025) et 6 000 € (2026) : il peut déduire jusqu’à 23 000 € cette année.
S’il verse 10 000 €, 6 000 € remplissent son plafond 2026 et 4 000 € partent sur le reliquat 2023. Les 1 500 € restants de 2023 sont perdus le 31 décembre.
Pour ne rien perdre, il doit verser au moins 11 500 €, soit son plafond 2026 plus tout son reliquat 2023. Les reliquats 2024 et 2025 peuvent attendre.
Une déduction importante peut aussi vous faire descendre d’une tranche d’imposition. La part de la déduction qui passe sous le seuil de votre tranche ne vous fait plus économiser 30 %, mais 11 %. Passé un certain montant, chaque euro versé la même année vous rapporte moins.
Pour compter sur l’année 2026, le versement doit être fait au plus tard le 31 décembre. Beaucoup d’assureurs fixent une date limite quelques jours plus tôt pour l’enregistrer à temps : vérifiez celle de votre contrat avant de vous y prendre au dernier moment.
Lire aussi : Combien épargner pour sa retraite, pour savoir quel effort mensuel viser avant de choisir l’enveloppe.
Où trouver votre plafond PER sur l’avis d’impôt ?
Votre plafond PER figure sur votre avis d’impôt sur le revenu, reçu l’été qui suit la déclaration, dans le cadre « Plafond épargne retraite ». Il est aussi imprimé sur votre déclaration de revenus de l’année suivante.
Le plafond applicable à vos versements de 2026 est indiqué sur l’avis d’impôt 2026, établi sur vos revenus de 2025. Vous le retrouvez aussi dans votre espace particulier sur impots.gouv.fr, rubrique Documents.
Le cadre donne une colonne par déclarant, vous et votre conjoint le cas échéant, et une par personne à charge qui dispose d’un plafond. Pour chacun, il détaille :
- le plafond non utilisé pour les revenus de 2023, de 2024 et de 2025 : ce sont vos reliquats, ligne par ligne. Le libellé « revenus de 2023 » désigne l’année des versements que ce plafond pouvait couvrir, pas les revenus qui ont servi à le calculer. C’est donc le plafond 2023 du tableau des reliquats, calculé sur les revenus de 2022, qui expire le 31 décembre 2026 ;
- le plafond calculé sur les revenus de 2025 : votre plafond de l’année ;
- le plafond pour les cotisations versées en 2026 : la somme de vos reliquats et du plafond de l’année. C’est ce montant que vos versements de 2026 ne doivent pas dépasser.
Si vous êtes indépendant, le cadre ne montre que le plafond « épargne retraite » des salariés. Le plafond calculé sur votre bénéfice n’y apparaît pas : c’est à vous ou à votre expert-comptable de le calculer.
Que faire si le montant affiché est faux ?
Le plafond de votre avis peut être faux, par exemple si un versement de votre employeur a été mal pris en compte. Vous le corrigez au printemps 2027, dans la déclaration de vos revenus de 2026, la même qui reçoit vos versements de 2026. Le bon montant va dans les cases 6PS (déclarant 1), 6PT (déclarant 2) ou 6PU (personne à charge), et vos versements dans les cases 6NS, 6NT et 6NU.
En attendant, vous pouvez verser en 2026 sur la base du montant corrigé, à condition de pouvoir le justifier, avec les attestations de votre employeur par exemple.
Le détail des cases, pour un salarié comme pour un indépendant, est expliqué dans notre guide PER : quelles cases remplir sur la déclaration.
Mutualisation : utiliser le plafond PER de votre conjoint
Si vous êtes marié ou pacsé et imposé en commun, vous pouvez utiliser le plafond de votre conjoint en plus du vôtre. Vous cochez pour cela la case 6QR de votre déclaration commune, chaque année où vous en avez besoin.
Avec cette case, vos plafonds et vos versements sont additionnés en un seul plafond commun, reliquats compris. L’imputation suit ensuite la même règle : plafonds de l’année d’abord, puis reliquats du plus ancien au plus récent.
Julien a un plafond 2026 de 6 000 € et Sarah, qui travaille à temps partiel, de 4 710 €, sans reliquat ni l’un ni l’autre. Le couple dispose de 10 710 €. Si Julien verse 9 000 € sur son PER et que le couple coche la case 6QR, tout est déductible, et il reste 1 710 € de plafond pour d’éventuels versements de Sarah.
La mutualisation est surtout utile quand l’un des deux gagne beaucoup plus que l’autre, ou quand l’un n’a pas de revenus : son minimum de 4 710 €, et ses reliquats, peuvent servir aux versements de l’autre. La mutualisation n’est plus possible à partir de l’année qui suit celle où l’un de vous atteint 70 ans.
Faut-il remplir tout son plafond PER ?
Pas toujours. Le plafond fixe ce que vous pouvez déduire, pas ce que vous devez verser.
Et l’avantage n’est qu’un report : la déduction se paie à la sortie. Quand vous récupérez votre épargne en capital à la retraite, la part qui correspond à vos versements déduits s’ajoute à vos revenus de l’année et paie l’impôt selon votre tranche, et vos gains sont taxés à 31,4 %.
Le PER rapporte surtout quand votre tranche d’imposition est plus élevée aujourd’hui qu’elle ne le sera à la retraite. Dans notre comparaison des enveloppes de retraite, un épargnant dont la tranche passe de 30 % à 11 % à la retraite obtient 20 % de plus avec un PER qu’avec un PEA, pour le même effort.
Le calcul porte sur 25 ans, avec un PER en ligne à 0,5 % de frais par an et un PEA à 0,25 % de frais. Un épargnant imposé à 11 % aujourd’hui comme à la retraite obtient moins avec le PER, et son argent reste bloqué jusqu’à son départ. Pour savoir dans quel cas vous êtes, notre article sur les avantages et inconvénients du PER donne le verdict en 3 questions.
Si vous n’êtes pas imposable, la déduction ne vous fait rien gagner. Vous pouvez alors choisir, au moment du versement, de ne pas déduire : vos versements ressortiront sans impôt sur le revenu, et seuls les gains seront taxés.
Le conseil de Gustav
Ne versez pas uniquement pour sauver un reliquat qui expire. Un plafond perdu ne vous coûte rien, alors qu’un versement fait à 11 % reste bloqué vingt ans pour être imposé à la sortie. Le reliquat 2023 mérite d’être utilisé si votre tranche est à 30 % ou plus et devrait baisser à la retraite, pas autrement.
Pour voir ce qu’un versement vous laisse vraiment une fois l’impôt de sortie payé, frais compris, face au même effort placé sur un PEA, utilisez notre simulateur PER.
Lire aussi : Taux de remplacement : quelle part de votre salaire touchez-vous à la retraite ?, pour estimer votre future pension et donc votre tranche d’imposition à la retraite.
À savoir
Les montants de cet article correspondent aux règles fiscales applicables en octobre 2026, pour les versements effectués en 2026. Ils ne remplacent pas votre avis d’impôt, qui donne votre plafond exact.