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La fiscalité du PEA tient en une idée simple : tant que vous ne retirez rien, vous ne payez aucun impôt. Tout se joue au moment du retrait, et surtout au passage des cinq ans.
Avant ce cap, un retrait ferme le plan et vos gains sont taxés à 31,4 %. Après, l’impôt sur le revenu disparaît et il ne reste que 18,6 % de prélèvements sociaux.
Ce chiffre de 18,6 % est récent : les prélèvements sociaux sur les gains de Bourse sont passés de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026. Beaucoup d’articles et de simulateurs ne l’ont pas encore intégré. Cette page fait le tour complet de la fiscalité du PEA en 2026, avec les chiffres à jour et sourcés, avant comme après cinq ans.
En bref
– La fiscalité du PEA repose sur une enveloppe capitalisante : rien n’est imposé tant que vous ne retirez pas d’argent. L’impôt ne se déclenche qu’au retrait.
– Avant 5 ans, un retrait ferme le plan et les gains sont taxés à la flat tax de 31,4 % (12,8 % d’impôt sur le revenu + 18,6 % de prélèvements sociaux).
– Après 5 ans, plus d’impôt sur le revenu : il ne reste que 18,6 % de prélèvements sociaux sur la part de gain. Le PEA n’est donc pas « totalement exonéré ».
– Ces prélèvements sociaux sont passés de 17,2 % à 18,6 % au 1er janvier 2026. Ils frappent tout le gain, sans « taux historique ».
– Un retrait partiel après 5 ans ne ferme plus le plan et n’est taxé que sur sa part de plus-value.
Comment fonctionne la fiscalité du PEA ?
Le PEA est ce qu’on appelle une enveloppe capitalisante. Tant que votre argent reste à l’intérieur du plan, rien n’est imposé : ni les plus-values que vous réalisez en vendant des titres, ni les dividendes que vos actions vous versent. Vous pouvez vendre, racheter, encaisser des dividendes et les réinvestir autant de fois que vous voulez sans jamais passer par la case impôts.
L’imposition ne se déclenche qu’au moment où vous sortez de l’argent du plan. C’est le retrait, et lui seul, qui rend vos gains imposables. Et le montant de l’impôt dépend d’une seule chose : l’âge de votre PEA au jour du retrait.
Tout tourne autour d’un cap, celui des cinq ans. Avant, un retrait ferme le plan et vos gains sont taxés comme n’importe quel placement en Bourse, à la flat tax de 31,4 %. Après, l’impôt sur le revenu s’efface et seuls les prélèvements sociaux, à 18,6 %, restent dus.
C’est cette bascule qui fait tout l’intérêt fiscal du plan.
À partir de quand compte-t-on les 5 ans ?
Le compteur des cinq ans démarre à la date d’ouverture du plan, c’est-à-dire au jour de votre premier versement, quel qu’en soit le montant. Ce n’est ni la date de vos gros versements ni celle de vos achats de titres qui compte, mais bien celle où le plan a été créé.
La conséquence est concrète : ouvrir un PEA tôt, même avec une petite somme, lance l’horloge fiscale. Un plan ouvert aujourd’hui avec 500 € vous fait franchir le cap des cinq ans à la même date qu’un plan alimenté d’un coup avec 50 000 €. C’est pour cela qu’il est souvent malin d’ouvrir le plan au plus tôt pour lancer le compteur, quitte à l’alimenter vraiment plus tard.
Quelle fiscalité pour un PEA de moins de 5 ans ?
Avant son cinquième anniversaire, le PEA n’offre aucun avantage fiscal. Pire, un retrait a une conséquence lourde : il ferme le plan. Vous perdez alors l’ancienneté fiscale que vous aviez commencé à accumuler, ces années qui vous rapprochaient de l’exonération.
Sur les gains dégagés, vous payez la flat tax de 31,4 %, aussi appelée prélèvement forfaitaire unique (PFU). Elle se compose de 12,8 % d’impôt sur le revenu et de 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur 10 000 € de plus-value retirée d’un PEA de moins de cinq ans, l’impôt s’élève donc à 3 140 €.
Vous pouvez aussi choisir d’être imposé au barème progressif de l’impôt sur le revenu plutôt qu’à la flat tax, c’est-à-dire selon vos tranches d’imposition habituelles. Ce choix ne devient intéressant que si vous êtes peu ou pas imposable, auquel cas les 12,8 % d’impôt peuvent être réduits, voire annulés. Les prélèvements sociaux de 18,6 %, eux, restent dus dans tous les cas.
Peut-on retirer avant 5 ans sans fermer le PEA ?
Oui, dans quelques situations bien précises. Certains événements de la vie autorisent un retrait avant cinq ans sans la taxation habituelle : les gains restent exonérés d’impôt sur le revenu, et le plan peut même rester ouvert.
Ces cas de sortie anticipée sont strictement encadrés. Ils couvrent le licenciement, l’invalidité, la mise à la retraite anticipée du titulaire ou de son conjoint, ainsi qu’une sortie pour créer ou reprendre une entreprise.
En dehors de ces situations, la règle reste implacable : retirer avant cinq ans ferme le plan et déclenche l’impôt.
Quelle fiscalité pour un PEA de plus de 5 ans ?
Passé le cap des cinq ans, le PEA tient sa promesse. Les gains que vous retirez sont exonérés d’impôt sur le revenu : les retraits ne sont plus imposés à ce titre. Il ne reste plus que les prélèvements sociaux, à 18,6 %.
Attention à ne pas tomber dans le raccourci le plus répandu sur le sujet. Un PEA de plus de cinq ans n’est pas « totalement exonéré » : il échappe à l’impôt sur le revenu, mais pas aux prélèvements sociaux.
Sur 10 000 € de plus-value retirée, vous payez 1 860 € et gardez 8 140 €. Le même gain sorti d’un compte-titres aurait coûté 3 140 €. L’écart de 1 280 € pour 10 000 € de gain, c’est exactement ce que vaut l’avantage fiscal du PEA.
Autre bonne nouvelle après cinq ans : un retrait partiel ne ferme plus le plan. Vous pouvez piocher dedans tout en laissant le reste travailler, et même continuer à verser par la suite, dans la limite du plafond. Cette souplesse, introduite par la loi PACTE de 2019, a supprimé l’ancienne règle qui bloquait tout nouveau versement dès le premier retrait.
Prélèvements sociaux du PEA : pourquoi 18,6 % en 2026 ?
C’est le chiffre qui change tout cette année, et celui que la moitié des contenus en ligne n’a pas mis à jour. Jusqu’à fin 2025, les prélèvements sociaux sur les gains du PEA s’élevaient à 17,2 %. Depuis le 1er janvier 2026, ils sont à 18,6 %.
Cette hausse de 1,4 point vient entièrement de la CSG (la contribution sociale généralisée), l’une des composantes des prélèvements sociaux, montée de 9,2 % à 10,6 % par la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Le taux global se décompose ainsi : 10,6 % de CSG, 0,5 % de CRDS et 7,5 % de prélèvement de solidarité, soit 18,6 % au total. Ce n’est pas une nouvelle taxe qui s’ajoute, mais bien le taux de la CSG qui augmente.
Un point mérite d’être clarifié, car il crée beaucoup de confusion : cette hausse ne frappe pas tous les placements de la même façon. La loi a relevé le taux sur les gains de Bourse, dont le PEA, mais a épargné l’assurance-vie, qui reste taxée à 17,2 % de prélèvements sociaux, tout comme le plan épargne logement (PEL).
Le Livret A, le LDDS et le LEP, eux, restent totalement exonérés de prélèvements sociaux. Le PEA fait donc partie des placements qui subissent la hausse, là où d’autres y échappent.
Le PEA ne bénéficie d’aucun taux historique
Un mot de vocabulaire pour comprendre une subtilité utile. Le « taux historique », c’est un mécanisme qui fige chaque année de gain au taux de prélèvements sociaux qui existait à ce moment-là. Un gain de 2015 resterait taxé au taux de 2015, un gain de 2020 au taux de 2020, et ainsi de suite.
Or le PEA ne fonctionne plus comme ça depuis 2018. Pour tous les gains constatés depuis cette date, un seul taux s’applique : celui appliqué au jour du retrait.
Concrètement, si vous videz votre plan en 2026, l’ensemble de vos plus-values est taxé à 18,6 %, y compris la part accumulée quand le taux n’était encore que de 17,2 %. Il n’y a pas de moyenne, pas de calcul année par année : c’est le taux du jour de sortie qui prime.
Le conseil de Gustav
méfiez-vous de tout article, tableau ou simulateur qui affiche encore « prélèvements sociaux 17,2 % » ou « flat tax 30 % » pour un PEA en 2026. Ces chiffres datent d’avant la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. Le bon taux est aujourd’hui de 18,6 % après cinq ans, et de 31,4 % avant. Et comme le PEA n’a plus de taux historique, inutile d’espérer que vos vieux gains échappent à la hausse : c’est le taux du jour de votre retrait qui s’applique à tout.
Comment est calculée la fiscalité d’un retrait partiel ?
Après cinq ans, vous pouvez retirer une partie seulement de votre PEA. Se pose alors une question très concrète : sur quel montant êtes-vous taxé ?
La réponse tient en un mot, le prorata. Vous n’êtes imposé que sur la part de plus-value contenue dans la somme retirée, jamais sur le capital que vous aviez versé.
La règle est la suivante : à chaque retrait, l’administration considère que vous sortez du capital et du gain dans la même proportion que celle du plan entier. Si votre plan est composé pour deux tiers de versements et pour un tiers de plus-values, alors chaque euro retiré est composé de deux tiers de capital (non taxé) et d’un tiers de gain (taxé). La formule se résume ainsi :
Part de gain taxable = montant retiré × (plus-values totales du plan ÷ valeur totale du plan)
Prenons un exemple : votre PEA vaut 60 000 €, dont 40 000 € que vous avez versés et 20 000 € de plus-values. Vous décidez de retirer 15 000 €. La part de gain contenue dans ce retrait est de 15 000 × (20 000 ÷ 60 000), soit 5 000 €.
Sur un plan de plus de cinq ans, les prélèvements sociaux s’appliquent à ces 5 000 € : vous payez 930 € (18,6 % de 5 000) et récupérez 14 070 €. Le reste du retrait, soit 10 000 €, correspond à votre capital et n’est pas taxé.
Le calcul exact dépend de la valeur de votre plan le jour du retrait, un montant qui bouge avec les marchés. Un simulateur de fiscalité de PEA permet de le chiffrer précisément selon votre situation, mais l’idée à retenir est simple : plus votre plan est jeune et riche en plus-values, plus la part taxable d’un retrait est élevée.
Le conseil de Gustav
gardez en tête qu’après cinq ans, un retrait partiel ne ferme rien et n’est taxé que sur sa fraction de gain. Nul besoin de vider tout votre PEA parce que vous avez besoin d’une partie de l’argent. Vous pouvez ne retirer que ce dont vous avez besoin, laisser le reste continuer à croître à l’abri de l’impôt sur le revenu, et même reprendre vos versements ensuite. Le PEA de plus de cinq ans reste l’enveloppe la moins taxée pour investir en actions européennes : évitez de le sacrifier pour un besoin ponctuel.
Peut-on être taxé sur son PEA sans faire de retrait ?
Jusqu’ici, tout tournait autour du retrait. Mais deux prélèvements peuvent intervenir même quand vous ne touchez à rien. Ils ne concernent pas tout le monde, et mieux vaut les connaître pour ne pas être surpris.
Le premier vise les dividendes d’actions européennes cotées hors de France. Quand une entreprise d’un autre pays de l’Union européenne vous verse un dividende, son pays d’origine prélève souvent une retenue à la source, c’est-à-dire un petit impôt retenu avant même que l’argent n’arrive sur votre plan.
Dans un PEA, cette retenue n’est pas récupérable : contrairement à un compte-titres, vous ne pouvez pas la déduire de votre impôt français. Ce n’est pas le fisc français qui vous taxe, mais une petite fuite fiscale propre aux titres étrangers, que le plan ne compense pas.
Le second cas concerne les titres non cotés logés dans un PEA, une situation plus rare. Les dividendes que ces titres versent ne sont exonérés que dans la limite de 10 % de la valeur de ces titres dans le plan, calculée chaque année. La fraction de dividendes qui dépasse ce plafond redevient imposable dans les conditions habituelles.
Cette règle vise à éviter qu’un dirigeant loge sa propre société dans un PEA pour en sortir des dividendes défiscalisés.
Quelle est la fiscalité du PEA-PME ?
À côté du PEA classique existe le PEA-PME, une enveloppe dédiée aux actions de petites et moyennes entreprises et d’entreprises de taille intermédiaire (des sociétés plus grandes que des PME, mais pas des géants cotés). Ce sont souvent des titres moins liquides, parfois non cotés. Bonne nouvelle sur le plan fiscal : le PEA-PME suit exactement les mêmes règles que le PEA classique.
Les gains y sont donc exonérés d’impôt sur le revenu après cinq ans, avec les mêmes 18,6 % de prélèvements sociaux, et la même flat tax de 31,4 % en cas de retrait anticipé. La seule vraie différence est le plafond de versements, plus élevé, mais commun aux deux enveloppes : la somme versée sur un PEA classique et un PEA-PME ne peut pas dépasser 225 000 €.
Ce qui distingue le PEA-PME, ce n’est donc pas sa fiscalité mais son risque. Il impose d’investir dans des sociétés de taille modeste, un univers plus volatil et moins diversifié que les grandes actions européennes. L’avantage fiscal est le même, le profil de risque ne l’est pas.
Lire aussi : Plafond du PEA en 2026 : 150 000 €, PEA-PME, couple et PEA jeune — pour comprendre en détail comment se cumulent les plafonds du PEA et du PEA-PME.
Que devient la fiscalité du PEA en cas de décès ?
Le décès du titulaire entraîne la clôture automatique du plan. Les titres qu’il contenait ne sont pas vendus pour autant : ils sont simplement transférés sur un compte-titres ordinaire au nom de la succession, où ils pourront être conservés ou revendus par les héritiers.
Côté impôt, le traitement est plutôt favorable sur un point. Les gains du plan sont exonérés d’impôt sur le revenu, même si le PEA avait moins de cinq ans au moment du décès.
En revanche, les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur l’ensemble des plus-values accumulées. Ce point est souvent affiché à 17,2 % sur des fiches non actualisées, mais pour un décès survenant en 2026, c’est bien 18,6 % qui s’applique.
Reste l’essentiel, en matière de transmission : la valeur du PEA, une fois les prélèvements sociaux réglés, rejoint le reste de la succession. Elle est donc soumise aux droits de succession, comme n’importe quel autre bien que vous transmettez.
C’est là que le PEA montre sa limite : il n’offre aucun avantage successoral. Il ne bénéficie pas de l’abattement propre à l’assurance-vie, qui permet, elle, de transmettre jusqu’à 152 500 € par bénéficiaire sans droits de succession. Sur ce terrain, l’assurance-vie reste l’outil de transmission le plus efficace.
Lire aussi : Assurance-vie ou Livret A : comment choisir en 2026 ? — pour comprendre pourquoi l’assurance-vie garde une longueur d’avance dès qu’il s’agit de transmettre.
PEA, compte-titres ou assurance-vie : quelle enveloppe est la moins taxée ?
Pour finir, replaçons la fiscalité du PEA face aux deux autres grandes enveloppes d’investissement. Ce tableau compare les taux applicables aux gains en 2026, à leur niveau le plus favorable pour chaque enveloppe.
| Enveloppe | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Taux total sur les gains |
|---|---|---|---|
| PEA de plus de 5 ans | 0 % | 18,6 % | 18,6 % |
| PEA de moins de 5 ans | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| Compte-titres (CTO) | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| Assurance-vie de plus de 8 ans | 7,5 %* | 17,2 % | 24,7 %* |
*Après 8 ans, et au-delà d’un abattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple) qui échappent, eux, à l’impôt sur le revenu.
La hiérarchie est nette pour qui investit en actions européennes sur la durée : le PEA de plus de cinq ans est l’enveloppe la moins taxée, à 18,6 %. Le compte-titres, plus souple et sans limite géographique, reste à 31,4 %. L’assurance-vie, enfin, a échappé à la hausse des prélèvements sociaux et conserve son atout maître, la transmission, mais elle est surtout pensée pour les fonds en euros et une gestion diversifiée, pas pour la Bourse en direct.
Lire aussi : PEA ou compte-titres : lequel choisir en 2026 ? — pour trancher entre les deux enveloppes selon votre profil et savoir quand le compte-titres reprend l’avantage.
Pour suivre la valeur réelle de votre PEA, vos plus-values et ce qu’elles pèseraient à la sortie, centralisez vos comptes sur Gustav.
À savoir
Les informations de cette page sont données à titre informatif et ne constituent pas des recommandations d’investissement. Investir en Bourse comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. La fiscalité décrite est celle applicable en 2026 et peut évoluer. Chaque situation est différente : un conseiller peut vous aider à arbitrer si besoin.