Les frais du PEA sont plafonnés par la loi depuis 2020, et presque tous les guides s’arrêtent à cette phrase rassurante. Le texte du plafonnement et les relevés de tarifs du régulateur racontent une histoire plus nuancée : il protège très bien sur un poste que personne ne regarde, et pas du tout sur celui qui décide de votre résultat.

Quels sont les frais d’un PEA ?

Les frais d’un PEA sont les sommes prélevées sur votre plan par deux acteurs distincts. L’établissement qui tient le plan facture l’ouverture, les droits de garde, le courtage et le transfert. Les sociétés de gestion des fonds que vous y logez prélèvent, elles, des frais annuels à l’intérieur du placement. Les premiers apparaissent sur votre relevé, les seconds jamais.

Deux mots reviennent partout et méritent d’être fixés tout de suite. Une ligne de titres, c’est chaque placement différent que vous détenez : si vous avez un seul ETF Monde, vous avez une ligne, même si vous en possédez trois cents parts. Un ordre, c’est chaque opération d’achat ou de vente. Votre versement mensuel automatique en déclenche un, et il est facturé comme tel, sauf chez les courtiers qui offrent les achats programmés.

Quels frais apparaissent sur votre relevé ?

Ce sont ceux de votre banque ou de votre courtier. Ils portent des noms qui varient d’un établissement à l’autre, ce qui complique la lecture d’un relevé.

Ce que vous lisez sur votre relevéCe que c’estQuand ça tombe
Frais de dossier, frais d’ouvertureCe que coûte la création du planUne fois, à l’ouverture
Droits de garde, frais de tenue de compte, commission de serviceUn prélèvement annuel calculé sur la valeur de votre portefeuilleChaque année, que vous fassiez quelque chose ou non
Courtage, commission de mouvement, frais d’ordreLa commission prélevée sur chaque achat et chaque venteÀ chaque ordre
Frais de transfert, frais de clôtureCe que facture l’établissement quand vous partezUne fois, au départ

Les droits de garde, aussi appelés frais de tenue de compte, sont le poste le moins visible des quatre, parce qu’ils ne se déclenchent par aucune action de votre part. Ils tombent une fois par an, souvent en janvier, et grossissent à mesure que votre portefeuille grossit. C’est le seul frais que vous payez même les années où vous ne touchez à rien.

Les frais que vous ne verrez jamais passer

Un ETF, ce fonds coté qui suit un indice au lieu d’être piloté par un gérant, reste un fonds. C’est important de le poser, parce que la ligne de frais la plus commentée du PEA se cache là, et beaucoup d’épargnants pensent qu’un ETF ne coûte rien puisqu’ils n’en voient aucune trace.

Chaque fonds prélève des frais annuels sur son propre actif, jour après jour. Ils ne sont jamais débités de votre compte : ils rabotent simplement la valeur de vos parts. Vous ne les verrez sur aucun relevé, aucun email, aucune notification. En 2025, ils s’élevaient en moyenne à 0,33 % par an pour un ETF d’actions et 1,37 % pour un fonds d’actions géré activement, primes de performance comprises.

Un dernier coût échappe complètement au relevé : l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente. À l’instant où vous achetez, vous payez toujours un peu plus cher que le prix auquel vous pourriez revendre dans la seconde. L’écart est minuscule sur un ETF très échangé, et l’AMF rappelle qu’il doit s’analyser comme un coût supplémentaire même si personne ne vous le facture. Si vous n’achetez que des ETF, vous pouvez vous arrêter là. Ceux qui achètent des actions françaises en direct ajouteront la taxe sur les transactions financières, 0,4 % sur les plus grosses sociétés cotées, qui figure elle sur le récapitulatif de chaque ordre.

Combien coûte votre PEA, et est-ce trop cher ?

Vous pouvez répondre en trente secondes avec un ordre de grandeur, ou en dix minutes avec votre chiffre exact. Commençons par l’ordre de grandeur, parce qu’il suffit à savoir si le sujet mérite votre soirée.

L’ordre de grandeur selon votre établissement

L’Autorité des marchés financiers, le régulateur de la Bourse en France, relève chaque année les tarifs affichés par les banques et les courtiers. Voici ce que coûtaient les droits de garde et les frais de tenue de compte d’un PEA au 15 janvier 2026, sur un échantillon de neuf enseignes bancaires.

Votre portefeuilleNombre de lignesBanque à agencesCourtier ou banque en ligne
10 000 €5 lignes53 € par an (0,53 %)0 €
10 000 €10 lignes72 € par an (0,72 %)0 €
60 000 €5 lignes194 € par an (0,32 %)0 €
60 000 €10 lignes212 € par an (0,35 %)0 €

Le courtage suit la même logique. Un ordre de 1 000 € coûte 0,49 % en moyenne dans une banque à agences, soit 4,90 €, contre 4,50 € chez un courtier en ligne installé et 1,50 € chez un néo-courtier, ces plateformes récentes qui opèrent le plus souvent depuis un autre pays européen. Sur un ordre de 5 000 €, le même ordre coûte 24,50 € dans la banque et 2,90 € chez le néo-courtier.

Ces relevés portent sur des portefeuilles d’au moins 10 000 €, répartis sur cinq ou dix lignes. Si vous détenez moins que cela et un seul fonds, votre cas se calcule directement : un plan de 5 000 € avec un ETF coûte au maximum 25 € de droits de garde par an, plus une douzaine d’euros de courtage si vous versez tous les mois, plus une dizaine d’euros de frais de fonds. Environ 45 € par an, tout compris.

Retenez la règle générale. Chez un courtier en ligne, votre facture d’établissement est probablement nulle et tout se joue sur les frais de vos fonds. Dans une banque à agences, comptez entre 0,3 % et 0,7 % par an de droits de garde, davantage si votre plan est à la fois petit et réparti sur beaucoup de lignes, et ajoutez le courtage par-dessus.

Comment obtenir votre chiffre exact

Trois documents suffisent, et si votre plan est dans une banque, vous avez déjà reçu le premier.

Le récapitulatif annuel des frais. Depuis 2018, un intermédiaire qui vous conseille ou qui gère votre plan doit vous fournir chaque année une information personnalisée sur les frais réellement supportés, en euros et en pourcentage. Cherchez-le dans votre espace client, à la rubrique documents, sous un intitulé du type « relevé annuel des coûts et frais ». S’il manque, réclamez-le : l’AMF rappelle que cette information est obligatoire. Un courtier qui se contente d’exécuter vos ordres n’y est pas tenu, mais la plupart l’envoient quand même.

La grille tarifaire de votre établissement. Elle est publique et s’appelle « conditions et tarifs » ou « brochure tarifaire ». Trois lignes vous intéressent : droits de garde, courtage sur les ordres passés par internet, frais de transfert.

Le document d’informations clés de votre fonds. Chaque fonds en publie un, de trois pages maximum, standardisé au niveau européen. Sa rubrique « Combien va me coûter cet investissement ? » donne l’impact des frais en euros et en réduction de rendement annuel, avec le détail des coûts récurrents, c’est-à-dire ceux prélevés chaque année. C’est le chiffre à retenir. Vous le trouverez sur la fiche du fonds chez votre courtier, ou sur le site de la maison qui gère le fonds en cherchant son code ISIN, ce numéro de douze caractères qui identifie un fonds de façon unique.

Il ne reste qu’à additionner : droits de garde de l’année, plus courtage payé dans l’année, plus la valeur de votre plan multipliée par les frais annuels de vos fonds. Divisez ce total par la valeur du plan et vous avez votre taux tout compris.

Ce taux ne se lit pas de la même façon selon la taille du plan.

Au-delà de 20 000 €, il est directement parlant. En dessous de 0,5 % par an, votre PEA est bien tenu et il n’y a rien à faire. Entre 0,5 % et 1 %, un poste mérite d’être corrigé, en général les droits de garde. Au-delà de 1 %, vous payez une gestion pilotée ou des fonds maison, ces fonds que votre banque a créés et qu’elle propose en priorité, et sur une vie d’épargnant l’écart se chiffre en dizaines de milliers d’euros.

En dessous de 20 000 €, ce pourcentage ne veut plus dire grand-chose : le forfait de 5 € et le courtage suffisent à le pousser au-dessus de 1 % alors que tout va bien. Regardez plutôt deux choses. Le montant en euros, qui n’a aucune raison de dépasser 50 € par an. Et le taux de vos fonds pris à part, qui ne dépend pas de la taille du plan et ne devrait pas dépasser 0,40 %.

Pourquoi les petits PEA paient proportionnellement le plus cher

Reprenez les tarifs bancaires du 15 janvier 2026 : 0,72 % sur un portefeuille de 10 000 €, et 0,35 % sur un portefeuille de 60 000 €. En euros, le gros portefeuille paie évidemment plus, 212 € contre 72 €. Mais rapporté à ce qu’il détient, il paie moitié moins cher.

La raison tient à la façon dont les droits de garde sont construits. Ils combinent un pourcentage de la valeur du plan et un forfait par ligne détenue. Le forfait ne bouge pas quand votre épargne grossit, donc son poids relatif s’effondre à mesure que le portefeuille se remplit. À l’inverse, il écrase les petits plans, surtout ceux qui sont répartis sur beaucoup de lignes.

C’est aussi ce qui explique que l’ordre des postes s’inverse selon la taille du PEA. Avec 5 000 € et un ETF à 0,20 %, le fonds vous coûte 10 € par an, quand votre banque vous prend environ 25 € de droits de garde et une douzaine d’euros de courtage : l’établissement domine largement. Avec 200 000 € chez un courtier gratuit, l’établissement ne prélève plus rien et le fonds devient la totalité de votre facture. La formule qu’on lit partout, « le vrai frais, c’est celui du fonds », a donc raison sur la durée et tort au départ.

Les frais du PEA sont-ils plafonnés par la loi ?

Oui, depuis le 1er juillet 2020. Un décret pris en application de la loi PACTE a fixé cinq plafonds, valables pour tous les PEA, PEA-PME et PEA jeunes, quel que soit l’établissement.

Type de fraisPlafond légal
Ouverture du plan10 €
Tenue de compte et droits de garde0,4 % par an de la valeur des titres, plus 5 € par ligne cotée (25 € par ligne non cotée)
Ordre passé par internet0,5 % du montant
Ordre passé par téléphone, courrier ou en agence1,2 % du montant
Transfert et clôture15 € par ligne cotée (50 € par ligne non cotée), dans la limite de 150 € au total

Pourquoi le plafond des droits de garde n’est pas 0,4 %

C’est la ligne la plus mal comprise du dispositif, et c’est elle qui explique les 0,72 % relevés plus tôt dans les tarifs bancaires, un taux qui semble pourtant dépasser le plafond annoncé.

Le plafond obéit à la même construction que les tarifs bancaires : ce n’est pas un pourcentage, c’est une addition. Un établissement a le droit de prélever 0,4 % de votre portefeuille et, en plus, 5 € par ligne détenue. Traduit en taux réel, cela donne des résultats très différents selon la taille du plan.

Votre portefeuilleSi vous détenez 1 fondsSi vous détenez 10 lignes
5 000 €25 € (0,50 %)70 € (1,40 %)
10 000 €45 € (0,45 %)90 € (0,90 %)
60 000 €245 € (0,41 %)290 € (0,48 %)
100 000 €405 € (0,41 %)450 € (0,45 %)

Les 72 € facturés en moyenne sur un portefeuille de 10 000 € en dix lignes sont donc parfaitement légaux : ils représentent 80 % d’un plafond qui, dans ce cas précis, autorise 90 €.

La règle se lit en diagonale : le plafond colle au taux affiché de 0,4 % quand le plan est gros et concentré, et il triple quand le plan est petit et éclaté. Si vous détenez un seul fonds, vous êtes dans la colonne de gauche, et le plafond vous protège correctement. C’est la situation de la plupart des gens qui achètent un ETF Monde et s’y tiennent.

Ce que la loi ne plafonne pas du tout

La liste des cinq plafonds ne dit rien de plusieurs postes, et le premier d’entre eux est celui qui pèsera le plus lourd sur trente ans. La médiatrice de l’AMF le rappelle sans détour : si le PEA contient des fonds, les frais de gestion perçus par la société de gestion ne sont pas concernés par ce plafonnement. Un fonds d’actions à 1,37 % logé dans un PEA reste à 1,37 %.

D’autres coûts sortent du cadre. Les frais de gestion pilotée, quand vous confiez les décisions à un professionnel : ils ne relèvent pas de la tenue de compte, se facturent en plus des frais du fonds, et tournent souvent entre 1 % et 1,6 % par an tout compris. C’est la seule configuration où l’on dépasse couramment 1 % de frais par an sans jamais lire ce total nulle part. Le décret exclut enfin explicitement de son plafond la taxe sur les transactions financières. Et il ne vise que le PEA : sur un compte-titres, aucun de ces cinq plafonds n’existe.

Là où le plafonnement vous protège vraiment

Il reste un endroit où ce dispositif pèse lourd, et ce n’est jamais celui qu’on cite.

Sur un compte-titres ordinaire, qui n’est soumis à aucun plafond de frais, les banques appliquent une commission minimale de 5 à 12 € par ordre. Un versement de 200 € y coûte donc 5 € au mieux, soit 2,5 % du montant investi, avant même d’avoir gagné un centime. Sur un PEA, le plafond de 0,5 % rend ce minimum impossible : le même ordre de 200 € ne peut pas dépasser 1 €. Le régulateur le mesure directement, avec un ordre de 100 € facturé en moyenne 0,50 € sur un PEA contre 5,58 € sur un compte-titres.

Pour quelqu’un qui verse tous les mois, l’écart est décisif : entre 480 € et 1 320 € sur dix ans, pour exactement le même investissement.

Combien ces frais vous coûtent-ils sur la durée ?

Sur un plan encore jeune, les montants en euros sont modestes et c’est ce qui les rend faciles à ignorer. Prenons un PEA ouvert il y a deux ans dans une banque à agences, alimenté de 200 € par mois sur un seul ETF Monde à 0,20 %. Sur la période, l’encours moyen tourne autour de 2 500 €, et la facture ressemble à ceci : environ 30 € de droits de garde, 24 € de courtage, 10 € de frais de fonds. Soit 64 € en deux ans.

Soixante-quatre euros ne justifient pas de changer de banque un dimanche soir. Rapportés à l’encours, c’est-à-dire au montant réellement présent sur le plan pendant la période, ils représentent pourtant près de 1,3 % par an.

Ce taux-là ne va pas durer. Il est gonflé par les frais qui ne dépendent pas de la taille du plan, les 5 € de forfait annuel et le courtage des douze versements, qui pèsent lourd sur un capital encore petit. Le même client, aux mêmes tarifs, retombe à 0,66 % une fois 30 000 € accumulés. Un petit PEA coûte peu d’euros et beaucoup de pourcentage ; un gros PEA, l’inverse.

Voici ce que devient un versement de 200 € par mois selon le niveau de frais annuels. L’hypothèse de rendement retenue est de 6,5 % par an avant frais, un ordre de grandeur cohérent avec le rendement long terme des actions mondiales. Retenez la proportion plutôt que les montants : quelle que soit l’hypothèse de rendement retenue, entre 2 % et 8 % par an, ces frais emportent toujours entre un sixième et un cinquième du capital final.

DuréeTotal verséCourtier en ligne + ETF (0,20 %)Banque à agences + ETF (0,55 %)Gestion pilotée ou fonds actif (1,40 %)
10 ans24 000 €32 978 €32 357 €30 919 €
20 ans48 000 €93 658 €89 855 €81 426 €
30 ans72 000 €205 309 €192 025 €163 927 €

Les trois scénarios correspondent à des situations réelles. Le premier suppose un courtier qui ne facture ni garde ni tenue de compte, avec un ETF Monde parmi les moins chargés. Le deuxième reprend le même fonds dans une banque à agences, en ajoutant ses 0,35 % de droits de garde. Le troisième correspond à une gestion pilotée ou à un fonds d’actions géré à la main. Ces taux valent une fois le plan garni, pas les deux premières années.

L’écart entre le premier et le troisième scénario atteint 41 382 € sur trente ans. C’est plus de la moitié de tout ce que vous aurez versé sur la période. Un simulateur de PEA vous permet de refaire ce calcul avec vos propres montants et votre propre horizon.

Comment réduire les frais de votre PEA ?

Les quatre leviers qui suivent sont classés par ce qu’ils rapportent réellement. L’écart entre le premier et le dernier se compte en dizaines de milliers d’euros, autant le savoir avant de commencer par le mauvais bout.

Commencer par le support, pas par le courtage

C’est le levier qui rapporte le plus, de très loin. À indice identique, deux fonds qui suivent le même marché ne se distinguent presque que par leurs frais annuels, et cet écart se répète chaque année sans jamais s’inverser. Entre un fonds d’actions géré activement à 1,37 % et un ETF à 0,20 %, l’écart dépasse un point par an : c’est l’essentiel des 41 382 € d’écart calculés sur trente ans. Le courtage d’une vie entière, lui, se compte en centaines d’euros.

Concrètement, ouvrez le document d’informations clés de chaque fonds que vous détenez et regardez la ligne des coûts récurrents. Au-delà de 1 %, demandez-vous ce que ce fonds fait de plus qu’un ETF qui suit le même indice pour cinq fois moins cher.

Lire aussi : pour trouver un fonds moins chargé qui reste éligible au plan, voyez quels ETF sont éligibles au PEA, avec leurs frais annuels et leur code ISIN, ce numéro à douze caractères qui identifie un fonds de façon unique.

Demander la formule boursière de votre banque

Les banques à agences facturent en moyenne 0,49 % par ordre, pour un plafond légal fixé à 0,50 %. Autrement dit, le maximum autorisé est devenu le tarif standard. Plusieurs enseignes proposent pourtant des formules boursières avec un forfait par ordre et des droits de garde supprimés, qui les ramènent dans la course. Elles ne sont jamais appliquées par défaut : il faut les demander.

Changer d’établissement

C’est le levier le plus rentable pour un plan logé dans une banque à agences, et le plus intimidant. Deux craintes reviennent, et aucune des deux n’est fondée.

Un transfert n’est pas une vente. Vos titres changent simplement d’établissement sans jamais sortir du plan, donc rien n’est vendu et aucun impôt n’est déclenché.

Vous conservez aussi l’antériorité de votre plan, c’est-à-dire sa date d’ouverture. C’est elle qui fixe le cap des cinq ans, au-delà duquel un retrait n’est plus imposé et ne supporte que les prélèvements sociaux, passés à 18,6 % sur les gains constatés depuis 2026. Fermer un PEA pour en rouvrir un ailleurs, à l’inverse, remettrait ce compteur à zéro.

Côté coût, la facture se compte par ligne de titres : 15 € chacune, dans la limite de 150 € pour l’ensemble. Si vous ne détenez qu’un seul ETF, votre transfert coûte donc 15 €, et le plafond de 150 € dont parlent tous les articles ne vous concerne pas : il vise les portefeuilles éclatés sur dix lignes ou plus. Un plan qui ne contient que des espèces se transfère même en principe sans frais, et plusieurs établissements remboursent l’opération pour attirer de nouveaux clients.

Le calcul d’amortissement devient alors très favorable. Avec un seul fonds et 5 000 € dans une banque à agences, vous cessez de payer environ 25 € de droits de garde par an, auxquels s’ajoutent la douzaine d’euros de courtage que plusieurs courtiers offrent sur les versements programmés : les 15 € du transfert sont remboursés en moins d’un an, puis vous gagnez une quarantaine d’euros chaque année. Avec dix lignes et 150 € de frais, comptez neuf mois sur un portefeuille de 60 000 € et un peu plus de deux ans sur 10 000 €.

Lire aussi : Meilleur PEA : le comparatif sans affiliation

Espacer vos versements, si votre courtier facture au forfait

Ce levier arrive en dernier parce qu’il rapporte peu, et souvent rien du tout. Si votre établissement facture un forfait fixe par ordre, disons 1,99 €, votre facture dépend du nombre d’ordres et pas des sommes investies : verser 600 € par trimestre au lieu de 200 € par mois fait passer la facture annuelle de 24 € à 8 €. Seize euros de gagnés.

Si votre banque facture un pourcentage, en revanche, le total ne bouge pas d’un centime, et vous avez juste retardé vos achats sans rien gagner. Regardez votre grille tarifaire avant de changer votre rythme : le forfait se repère à ce qu’il est annoncé en euros, le pourcentage à ce qu’il est annoncé en %.

Conformité et transparence

À savoir

Cet article est une information générale sur les frais du PEA. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Gustav ne commercialise aucun PEA et ne perçoit aucune rémunération des établissements ou des sociétés de gestion cités. Les tarifs moyens proviennent des relevés du régulateur au 15 janvier 2026 et évoluent : vérifiez toujours la grille tarifaire de votre établissement. Investir en actions comporte un risque de perte en capital.

Questions fréquentes

La performance affichée sur mon PEA tient-elle compte des frais ?

En partie seulement. Les frais internes de vos fonds sont déjà déduits de la valeur de vos parts, donc la performance affichée en tient compte. Les frais de votre établissement, en revanche, sont prélevés à côté : droits de garde et courtage viennent s’ajouter et n’apparaissent pas dans le pourcentage de performance de votre plan.

Puis-je me faire rembourser des frais prélevés au-delà du plafond ?

Oui. Commencez par écrire au service client en citant le montant contesté. Sans réponse satisfaisante sous deux mois, saisissez gratuitement le médiateur de l’AMF, qui traite précisément ce type de litige. Le texte prévoit d’ailleurs une restitution automatique dans un cas : si vous transférez votre plan en cours d’année, les droits de garde déjà prélevés au-delà de la période réellement gérée doivent vous être rendus.

Les frais de mon PEA sont-ils déductibles de mes impôts ?

Non. Comme les gains d’un PEA de plus de cinq ans échappent à l’impôt sur le revenu, les frais engagés pour les obtenir ne se déduisent d’aucun revenu imposable. Sur un compte-titres, où les gains sont imposés, les droits de garde peuvent l’être, mais seulement si vous avez choisi de faire imposer vos dividendes au barème plutôt qu’au taux forfaitaire.

Un PEA sans aucun frais, ça existe ?

Sans frais d’établissement, oui : plusieurs courtiers ne facturent ni ouverture, ni droits de garde, ni tenue de compte, et offrent le courtage sur les versements programmés. Sans aucun frais, non. Les frais internes des fonds que vous détenez existent toujours, même sur les ETF les moins chers, et ils ne peuvent pas être ramenés à zéro.

Que se passe-t-il si je ne touche plus à mon PEA pendant des années ?

Les droits de garde continuent de tomber chaque année, puisqu’ils portent sur la valeur détenue et non sur votre activité. Le courtage, lui, s’arrête faute d’ordres. Deux exceptions à connaître : les frais d’inactivité, rares en France mais pratiqués par certains acteurs étrangers, et les grilles où la gratuité des droits de garde est conditionnée à un nombre minimum d’ordres par an. Les deux se lisent dans la brochure tarifaire, à la ligne des conditions d’exonération.

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