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Sur un PEA, la loi plafonne depuis 2020 presque tous les frais. Les frais d’un compte-titres, eux, ne sont encadrés par aucun texte : droits de garde, prix des ordres, transfert et clôture y sont libres, et les relevés du régulateur montrent exactement ce que cette liberté coûte.
En bref
– Le plafonnement des frais de la loi PACTE ne couvre que le PEA. Sur un compte-titres, aucun texte ne plafonne quoi que ce soit.
– Ça se lit dans les chiffres du régulateur : le même ordre de 1 000 €, dans la même banque, coûte 0,49 % sur un PEA et 0,65 % sur un compte-titres.
– Une banque à agences prélève en moyenne 211 € par an de droits de garde pour 60 000 € répartis sur dix lignes. La plupart des courtiers en ligne facturent 0 €.
– Le poste que personne ne chiffre : la commission de change, de 0,08 % à plus de 0,5 % selon l’établissement, prélevée à l’achat, à la vente et sur chaque dividende versé en devise.
– Sur vingt ans, l’écart entre le montage le plus cher et le moins cher atteint 18 100 €. Le prix des ordres n’en explique que 1 600 €.
Quels sont les frais d’un compte-titres ?
Les frais d’un compte-titres sont prélevés par deux acteurs qui ne se parlent pas. Votre banque ou votre courtier facture l’ouverture, la garde des titres, chaque ordre, la conversion en devise et votre départ. Les sociétés de gestion des fonds que vous logez sur le compte prélèvent, elles, un pourcentage annuel à l’intérieur du placement. Les premiers apparaissent sur votre relevé, les seconds jamais.
Toutes les grilles tarifaires comptent à partir de deux notions, autant les fixer tout de suite. Une ligne de titres, c’est chaque placement différent que vous détenez : trois cents parts du même ETF font une ligne, trois actions différentes en font trois. Un ordre, c’est chaque achat et chaque vente, facturé à l’unité.
Quels frais apparaissent sur votre relevé ?
Ce sont ceux de votre établissement. Les intitulés changent d’une grille tarifaire à l’autre, ce qui rend deux brochures difficiles à comparer.
| Ce que vous lisez sur votre relevé | Ce que c’est | Quand ça tombe |
|---|---|---|
| Frais de dossier, frais d’ouverture | La création du compte | Une fois, à l’ouverture. Souvent gratuit en ligne |
| Droits de garde, frais de tenue de compte, commission de service | Un prélèvement annuel assis sur la valeur de votre portefeuille | Chaque année, que vous fassiez quelque chose ou non |
| Courtage, commission de mouvement, frais d’ordre | La commission prélevée sur chaque achat et chaque vente | À chaque ordre, avec très souvent un montant minimum |
| Commission de change, frais de conversion | La marge prise sur la conversion euro-devise | À chaque opération dans une monnaie autre que l’euro |
| Frais de transfert, frais de clôture | Ce que facture l’établissement quand vous partez | Une fois, au départ, et facturé par ligne |
| Frais d’inactivité | Une pénalité si vous ne passez pas assez d’ordres | Rare en France, courant chez certains acteurs étrangers |
Trois de ces lignes réservent des surprises.
- Le courtage est presque toujours assorti d’un minimum de perception, un plancher en euros sous lequel la facture ne descend jamais, quel que soit le pourcentage affiché. C’est ce qui change tout sur les petits montants.
- La commission de change n’existe pas sur un PEA, qui ne détient que des titres européens payés en euros.
- Les frais d’inactivité prennent souvent une forme déguisée : la gratuité des droits de garde conditionnée à un nombre minimum d’ordres par an, avec retour au tarif plein si vous n’y êtes pas.
Les frais que vous ne verrez jamais passer
Un ETF, ce fonds coté qui suit un indice, reste un fonds. Comme tout fonds, il prélève un pourcentage annuel sur son propre actif, jour après jour. Rien n’est débité de votre compte : la valeur de vos parts est simplement rabotée. Aucun relevé, aucun email, aucune notification.
L’écart entre les deux familles de fonds est considérable. En 2025, les frais annuels s’établissaient en moyenne à 0,33 % pour un ETF d’actions et 1,37 % pour un fonds d’actions géré activement, primes de performance comprises. Un point de pourcentage d’écart par an, invisible, sur toute la durée de détention : c’est de très loin le poste le plus lourd de cette page, et le seul sur lequel vous décidez seul.
Il reste l’écart entre le prix d’achat et le prix de vente : à la seconde où vous achetez, vous payez toujours un peu plus cher que le prix auquel vous pourriez revendre. Minuscule sur un ETF très échangé, il grandit sur les titres peu traités. Et si vous achetez des actions françaises en direct, ajoutez la taxe sur les transactions financières, 0,4 % à l’achat des sociétés dont la capitalisation dépasse un milliard d’euros. Ce n’est pas un frais mais un impôt, et elle s’applique de la même façon sur un PEA et sur un compte-titres.
Combien coûte réellement un compte-titres en 2026 ?
Les moyennes qui suivent proviennent des tarifs relevés au 15 janvier 2026 auprès de 23 banques et de 14 plateformes en ligne, dont 7 néo-courtiers. C’est le seul relevé français qui sépare explicitement ce qui est facturé sur un PEA de ce qui est facturé sur un compte-titres, et l’écart entre les deux est la matière de cet article.
Le prix d’un ordre selon votre intermédiaire
Trois familles d’intermédiaires, trois grilles qui n’ont plus grand-chose à voir entre elles. Une banque à agences, c’est votre banque de tous les jours. Un courtier en ligne, c’est un spécialiste de la Bourse installé depuis les années 2000, sans agence. Un néo-courtier, c’est un arrivant récent, application mobile et tarification au forfait.
| Ordre passé depuis un compte-titres | Banque à agences | Courtier en ligne | Néo-courtier |
|---|---|---|---|
| 100 € sur Euronext Paris | 5,58 % | 2,59 % | 1,27 % |
| 1 000 € sur Euronext Paris | 6,50 € (0,65 %) | 4,50 € (0,45 %) | 1,50 € (0,15 %) |
| 10 000 € sur Euronext Paris | 47 € | 15,40 € | 5,30 € |
| 5 000 € sur le NYSE ou le Nasdaq | 0,9 % | 0,31 % | 0,05 % |
Le rapport est de un à quatre sur un ordre de 1 000 €, et de un à neuf sur un ordre de 10 000 €. Reste l’explosion sur les marchés américains, où la banque à agences facture dix-huit fois le tarif d’un néo-courtier. Et ce chiffre, on va le voir, ne comprend même pas la conversion en dollars.
Le mouvement général va dans le bon sens : un ordre de 1 000 € en banque à agences est passé de 0,79 % à 0,65 % en cinq ans. Mais cette baisse ne concerne qu’un poste, et pas celui qui pèse le plus.
Les droits de garde, le frais qui tombe même si vous ne faites rien
Les droits de garde sont le seul frais que vous payez les années où vous ne touchez à rien. Ils portent sur ce que vous détenez, pas sur ce que vous faites, et ils tombent une fois par an, souvent en janvier.
Pour un portefeuille de 60 000 € réparti sur dix lignes d’actions parisiennes, une banque à agences prélève en moyenne 0,35 % par an, soit 211 €. La plupart des courtiers en ligne facturent zéro. Et pendant que le prix des ordres baissait, celui-là est monté : sur le même portefeuille, il était de 0,27 % il y a cinq ans, soit une hausse de 30 %.
Le calcul cache deux pièges. Il y a presque toujours un minimum par ligne et un minimum par compte, ce qui fait que le taux affiché est un plancher, jamais un prix. Et l’assiette n’est pas votre encours moyen : beaucoup d’établissements arrêtent une photo du portefeuille à date fixe, au 31 décembre et parfois aussi au 30 juin. Ce que vous déteniez ce jour-là décide de la facture de l’année.
Une exception mérite d’être connue : les actions inscrites au nominatif pur, c’est-à-dire tenues directement par la société émettrice et non par votre banque, ne supportent aucun droit de garde.
Pourquoi les petits portefeuilles paient proportionnellement le plus cher
La première ligne du tableau mérite qu’on s’y arrête. Un ordre de 100 € facturé 5,58 % en banque à agences, ce n’est pas un tarif : c’est un minimum de perception qui écrase le pourcentage. Les banques appliquent une commission plancher de 5 à 12 € par ordre, et cette somme est la même que vous investissiez 100 € ou 1 000 €.
La conséquence est brutale pour qui investit petit et régulièrement. Verser 200 € par mois chez un intermédiaire qui applique un plancher de 5 € revient à laisser 2,5 % de chaque versement avant d’avoir gagné le moindre centime. Le même versement chez un néo-courtier, où l’ordre de 100 € revient à 1,27 €, coûte environ quatre fois moins.
Le minimum ne disparaît pas non plus chez les courtiers bon marché dès qu’on quitte Euronext. Un acteur qui facture 0,99 € l’ordre sur la Bourse de Paris demande 15 € minimum à Londres ou à Francfort et 18 € à Madrid ou en Suisse. Acheter pour 500 € d’une action allemande y coûte donc 3 % de commission.
La commission de change, le poste que personne ne chiffre
Le compte-titres est le seul type de compte qui donne accès aux marchés hors d’Europe. C’est souvent la raison même de son ouverture : y loger des actions américaines, japonaises ou émergentes que le PEA n’accepte pas. Ce que ça coûte n’apparaît dans presque aucun comparatif de courtiers, parce que ça ne se lit pas sur la ligne du courtage. C’est la raison pour laquelle notre comparatif des comptes-titres additionne le change au courtage plutôt que de les afficher côte à côte : sur un ordre américain, l’établissement le moins cher change selon qu’on regarde une colonne ou les deux.
Revenons à la dernière ligne du tableau précédent : 0,9 % de commission sur un ordre de 5 000 € au Nasdaq en banque à agences. Ce chiffre ne comprend pas la conversion de vos euros en dollars, facturée à part.
Quand la commission de change se déclenche
Elle se déclenche chaque fois que votre argent change de monnaie, et ça arrive plus souvent qu’on ne croit. À l’achat, quand vos euros deviennent des dollars. À la vente, quand ils redeviennent des euros. Et sur chaque dividende versé en devise, converti au fil de l’eau sans que vous ayez rien demandé.
Un aller-retour sur une action américaine supporte donc la commission deux fois. Si le titre distribue un dividende trimestriel, ajoutez quatre conversions par an sur la seule part distribuée.
Ce qu’elle coûte, en euros
Les grilles publiques s’échelonnent d’environ 0,08 % chez les moins chers à 0,5 % et davantage chez certains courtiers grand public.
| Ce que coûte la conversion | Aller simple sur 5 000 € | Aller-retour |
|---|---|---|
| 0,08 % par opération | 4 € | 8 € |
| 0,25 % par conversion automatique | 12,50 € | 25 € |
| 0,50 % par opération | 25 € | 50 € |
Un rapport de un à six, sur des sommes qui ne figurent nulle part dans la performance affichée de votre compte. Et si vous ne trouvez aucune ligne « commission de change » dans votre brochure tarifaire, cela ne signifie pas qu’elle n’existe pas : la marge peut être prise directement sur le cours de change appliqué, auquel cas rien n’apparaît sur le récapitulatif de votre ordre.
Comment ne pas la payer du tout
Un ETF domicilié en Europe qui suit l’indice américain est très souvent coté en euros sur Euronext Paris ou Amsterdam. Vous achetez en euros, vous vendez en euros, et le fonds gère la question du dollar en interne, sans commission de change à votre niveau. L’exposition économique est la même que si vous aviez acheté les actions à New York.
Ce n’est pas de la magie : le risque de change reste entier, puisque la valeur du fonds dépend toujours du dollar. Ce qui disparaît, c’est la marge prélevée par votre courtier à chaque conversion.
Le conseil de Gustav
Avant d’acheter une action ou un ETF en dollars, cherchez s’il existe une ligne cotée en euros sur Euronext. Le sous-jacent est identique, la commission de change disparaît des deux côtés de l’opération, et vous économisez davantage que tout ce que vous pourriez négocier sur votre courtage.
Lire aussi : Quels ETF choisir pour son compte-titres ?, avec leurs frais annuels, leur encours et leur code ISIN. Sur un compte-titres, deux réglages s’ajoutent au tarif affiché : la version capitalisante et le pays où le fonds est enregistré.
Les frais d’un compte-titres sont-ils plafonnés par la loi ?
Non. Le décret du 5 février 2020, pris en application de la loi PACTE, ne plafonne les frais que sur deux comptes : le PEA et le PEA-PME, sa variante réservée au financement des petites et moyennes entreprises. Il ne dit pas un mot du compte-titres. Aucun autre texte ne le fait, ce qui laisse aux établissements une liberté tarifaire complète, sous la seule réserve des règles générales d’information du client.
La confusion est facile à faire, parce que le plafonnement est presque toujours présenté comme un cadre général de la Bourse. Il ne couvre en réalité qu’un compte sur deux.
Ce que le plafond couvre sur un PEA, et rien du tout sur un compte-titres
| Poste | Plafond légal sur un PEA | Sur un compte-titres |
|---|---|---|
| Ouverture | 10 € maximum | Libre |
| Tenue de compte et droits de garde | 0,4 % par an, plus 5 € par ligne cotée | Libre |
| Ordre passé en ligne | 0,5 % du montant | Libre |
| Ordre passé par un autre canal | 1,2 % du montant | Libre |
| Transfert | 15 € par ligne cotée, 150 € au total | Libre |
Le décret exclut de son plafond la taxe sur les transactions financières et les frais de gestion sous mandat. Sur un compte-titres, la question ne se pose pas : rien n’est dans le champ, donc rien n’en sort.
La preuve par les chiffres : 0,49 % en PEA, 0,65 % en compte-titres
Le plus parlant n’est pas le texte, c’est ce que les banques en font. Sur un ordre de 1 000 € passé en ligne, une banque à agences facture en moyenne 0,49 % sur un PEA, pour un maximum légal fixé à 0,50 %. Le même ordre, le même jour, le même établissement, mais sur un compte-titres : 0,65 %.
Le compte-titres coûte donc un tiers plus cher que le PEA sur exactement la même opération, et la seule variable qui change entre les deux est l’existence d’un plafond.
L’écart se resserre sur les gros montants, où le plafond ne mord plus : sur un ordre de 10 000 €, le même relevé donne 45 € en PEA contre les 47 € du tableau précédent. Il explose à l’inverse sur les petits, où le plafond de 0,5 % rend le minimum de perception impossible. Sur un ordre de 100 €, une banque ne peut pas facturer plus de 0,50 € en PEA. En compte-titres, elle en prélève 5,58 € en moyenne. Onze fois plus, pour la même opération.
Le transfert, là où l’écart est le plus violent
Changer d’établissement sans vendre ses titres se facture par ligne. Sur un PEA, le décret impose 15 € par ligne cotée et 150 € au total, quoi qu’il arrive. Sur un compte-titres, le transfert d’un portefeuille de 5 000 € réparti sur dix lignes revient en moyenne à 168,23 €, avec des tarifs à la ligne qui s’échelonnent de 5,83 € à 16,95 €.
Ramenés à la ligne, ces 168 € font 16,82 €. La moyenne constatée sur un compte-titres dépasse le plafond par ligne et le plafond global que la loi impose au PEA. Autrement dit, ce que le législateur a jugé excessif au point de l’interdire d’un côté est le tarif ordinaire de l’autre.
Lire aussi : Frais PEA 2026 : ce que vous payez vraiment, et pourquoi ce plafond protège moins bien qu’il n’en a l’air.
Combien ces frais vous coûtent-ils sur vingt ans ?
Un pourcentage annuel de frais ne se compare pas à un prix d’ordre : le premier se paie chaque année sur un capital qui grossit, le second se paie une fois. Sur vingt ans, c’est cette différence de nature qui creuse l’écart.
Voici le même effort d’épargne, 10 000 € au départ puis 200 € par mois pendant vingt ans, soit 58 000 € versés, placé sur un support qui rapporte 5 % par an avant frais, dans trois configurations réelles.
| Configuration | Frais annuels | Courtage par ordre | Capital au bout de 20 ans |
|---|---|---|---|
| Référence sans aucun frais | 0 % | 0 € | 107 700 € |
| Courtier en ligne, ETF | 0,33 % | 0,99 € | 102 800 € |
| Banque à agences, ETF | 0,68 % | 5,00 € | 96 800 € |
| Banque à agences, fonds maison | 1,72 % | 5,00 € | 84 700 € |
L’écart entre la première et la dernière configuration réelle atteint 18 100 €, soit près d’un tiers de tout ce que vous aurez versé sur la période. Notre simulateur de compte-titres permet de refaire ce calcul avec vos propres montants.
L’écart ne vient pas de là où on croit
Décomposons ces 18 100 €. Le prix des ordres, celui que tous les comparatifs mettent en avant, en explique 1 600 €. Les 16 500 € restants viennent des frais annuels.
Dans ces 16 500 €, le choix du support pèse près de trois fois plus lourd que le choix de l’établissement : passer d’un fonds maison à 1,37 % à un ETF à 0,33 % rapporte 12 000 €, se débarrasser des droits de garde d’une banque à agences en rapporte 4 500. Autrement dit : changez de fonds avant de changer de banque.
Comment réduire les frais de votre compte-titres ?
Aucun texte ne vous protège ici, donc tout se joue sur vos choix. Ils ne se valent pas : les uns portent sur un pourcentage annuel qui court pendant vingt ans, les autres sur quelques euros par opération.
Commencer par les frais annuels, pas par le prix de l’ordre
Commencez par ce que coûtent les fonds que vous détenez, puis par vos droits de garde, et seulement ensuite le prix de vos ordres. Le calcul de la section précédente donne la hiérarchie : dix fois plus d’effet sur le premier point que sur le dernier.
Si vous détenez des actions françaises que vous comptez garder très longtemps, le nominatif pur supprime les droits de garde sur ces lignes. En contrepartie, vos titres sortent de votre compte-titres et vous perdez la souplesse d’un ordre passé en trois clics.
Déduire vos droits de garde de vos impôts
Ce levier n’existe que sur un compte-titres, et il passe par votre déclaration de revenus.
Vos revenus de placement sont imposés par défaut au taux forfaitaire de 31,4 %, la flat tax. Vous pouvez y renoncer et demander à la place le barème progressif de l’impôt sur le revenu, en cochant la case 2OP de votre déclaration. C’est une option globale qui vaut pour tous vos revenus de capitaux mobiliers, et elle n’est intéressante que dans certaines tranches d’imposition.
Si vous faites ce choix, les frais de garde des titres et les frais d’encaissement des coupons deviennent déductibles de vos revenus de capitaux mobiliers. La déduction se fait dans une case précise, la 2CA, que le parcours déclaratif situe à sa place dans l’écran des revenus de capitaux mobiliers. Rien de tel n’existe sur un PEA, où les gains échappent à l’impôt sur le revenu après cinq ans et où les frais ne se déduisent donc de rien.
Les frais de courtage suivent une autre logique : ils ne se déduisent d’aucun revenu, mais ils s’ajoutent au prix d’achat et viennent en moins du prix de vente, ce qui réduit d’autant la plus-value imposable.
Transférer, ou vendre et racheter ?
Sur un PEA, le transfert est la seule sortie possible : fermer le plan pour en rouvrir un ailleurs remettrait à zéro le compteur des cinq ans. Sur un compte-titres, il n’y a aucune antériorité à préserver, donc deux chemins.
Le transfert coûte 168 € en moyenne pour dix lignes et ne déclenche aucune imposition, puisque vous ne vendez rien. Vendre pour racheter chez le nouveau courtier ne coûte que deux fois le courtage, mais rend imposable toute la plus-value accumulée, à 31,4 % en 2026.
L’arbitrage tient en une phrase : le transfert est presque toujours le bon choix dès que vos titres valent plus cher que ce que vous les avez payés, et la vente devient intéressante quand votre portefeuille est en perte ou tout juste revenu à son prix d’achat. Pensez aussi à demander au courtier d’accueil s’il rembourse les frais de transfert : beaucoup le font, dans une limite affichée.
Les deux réflexes qui coûtent le plus cher
Le premier, c’est le petit ordre. Tant qu’il existe un minimum de perception, investir 100 € à la fois est le moyen le plus sûr de payer plusieurs pour cent de commission. Regroupez vos versements jusqu’à ce que le minimum devienne négligeable, ou choisissez un intermédiaire qui n’en applique pas.
Le second, c’est l’achat en devise par habitude. Chaque conversion se paie, dans les deux sens, et une bonne partie de ces conversions sont évitables sans rien changer à l’exposition.
Le conseil de Gustav
Ne vous arrêtez pas à la mention « 0 € de droits de garde » affichée en page d’accueil. Ouvrez la brochure tarifaire et cherchez deux lignes. Les frais de conservation d’abord, qui existent à 0,036 % par an chez un courtier qui annonce pourtant la gratuité de la tenue de compte. Le tarif des marchés étrangers ensuite, où le même courtier repasse à 15 ou 18 € minimum par ordre. Ces deux lignes pèsent bien plus lourd sur votre facture que le prix de l’ordre Euronext mis en avant partout.
Lire aussi : PEA ou compte-titres : lequel choisir ?, pour savoir quoi loger où avant d’optimiser les frais de chacun.
À savoir
Cet article est une information générale sur les frais du compte-titres ordinaire. Il ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée. Gustav ne commercialise aucun compte-titres et ne perçoit aucune rémunération des établissements ou des sociétés de gestion cités. Les tarifs moyens proviennent des relevés du régulateur au 15 janvier 2026 et des relevés de transfert de février 2026 ; ils évoluent, vérifiez toujours la grille tarifaire de votre établissement. Investir en actions comporte un risque de perte en capital.