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Un compte-titres ne connaît ni plafond, ni durée minimale, ni marché interdit. Cette liberté se paie en impôt : la flat tax y prend 31,4 % de chaque gain en 2026. Reste à savoir sur quoi exactement, à quel moment l’argent quitte votre compte, et pourquoi ce que votre banque retient sur vos dividendes n’est pas encore l’impôt définitif.
En bref
– La fiscalité d’un compte-titres, c’est 31,4 % par défaut en 2026 : 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Sur 10 000 € de plus-value, il vous reste 6 860 €.
– Tant que vous n’avez ni vendu ni encaissé de dividende, rien n’est imposé. Un portefeuille qui double sans que vous y touchiez ne déclenche aucun impôt.
– Sur un dividende, votre banque retient 31,4 % le jour du versement, dont 12,8 % qui ne sont qu’une avance. Il faut la reporter en case 2CK pour ne pas payer deux fois.
– Sur une vente, rien n’est prélevé le jour où vous vendez. Vous payez en septembre de l’année suivante, soit neuf à vingt mois plus tard.
– Chez un courtier étranger, rien n’est pré-rempli et le compte doit être déclaré chaque année. L’oubli coûte 1 500 € par compte et par an.
Quelle est la fiscalité d’un compte-titres en 2026 ?
En 2026, les plus-values, les dividendes et les intérêts d’un compte-titres ordinaire sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux. Ce taux unique, la « flat tax », s’applique sans distinction de durée de détention ni de montant.
| Ce que vous encaissez | Taux en 2026 | Ce qui rend le gain imposable | Quand vous payez |
|---|---|---|---|
| Plus-value sur une vente d’actions, d’ETF ou d’obligations | 31,4 % | La vente | En septembre de l’année suivante |
| Dividende d’action ou d’ETF distribuant | 31,4 % | Le versement | Le jour même, à la source |
| Intérêts d’obligations, de fonds monétaires, du compte espèces | 31,4 % | Le versement | Le jour même, à la source |
Comment se décompose la flat tax de 31,4 % ?
Le chiffre a l’air d’un bloc. Il est en réalité fait de quatre prélèvements distincts, qui n’ont ni la même destination ni la même histoire.
| Composante | Taux | Nature |
|---|---|---|
| Impôt sur le revenu | 12,8 % | Fiscal |
| CSG | 10,6 % | Social |
| CRDS | 0,5 % | Social |
| Prélèvement de solidarité | 7,5 % | Social |
| Total | 31,4 % |
Les trois derniers forment les prélèvements sociaux, à 18,6 %. Ils sont dus quoi qu’il arrive, y compris si vous choisissez le barème progressif au lieu de la flat tax.
Pourquoi la flat tax n’est-elle plus à 30 % ?
Parce que la part sociale a augmenté, et elle seule. La flat tax valait 30 % jusqu’à la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 17,2 % de prélèvements sociaux.
L’impôt sur le revenu n’a pas bougé d’un centime. C’est la CSG qui est passée de 9,2 % à 10,6 %, par l’article 12 de cette loi.
Un point et quatre dixièmes de plus, ça paraît peu. Sur une plus-value de 50 000 €, ça fait 700 € qui changent de poche.
Méfiez-vous des pages qui, pour 2026, affichent encore 30 % ou 17,2 %. Elles sont nombreuses, y compris chez des banques, et y compris sur des articles portant une date de mise à jour récente.
Un détail complique pourtant l’affaire, et il surprend tout le monde : la hausse n’a pas pris effet à la même date pour les ventes et pour les dividendes. Une vente de 2025 est déjà concernée, un dividende de 2025 ne l’est pas. Le chapitre « Vos gains de 2025 » détaille ce décalage.
La fiscalité dépend-elle de la durée de détention ou du montant ?
Non, ni de l’une ni de l’autre. C’est la grande différence avec les autres enveloppes : un PEA récompense la patience, une assurance-vie aussi. Sur un compte-titres, le taux est le même que vous ayez gardé vos titres trois semaines ou quinze ans.
Il n’existe pas non plus de seuil en dessous duquel vous seriez exonéré. Le seuil de cession qui dispensait les petits porteurs a disparu en 2011. Cent euros de plus-value sont imposables comme cent mille.
Sur quoi exactement êtes-vous imposé ?
Voilà l’idée qui règle la moitié des inquiétudes : l’impôt ne regarde pas la valeur de votre portefeuille, il regarde vos opérations. Tant que vous ne vendez rien et que vous n’encaissez rien, il ne se passe rien, quel que soit le montant affiché sur votre relevé.
Tant que vous ne vendez pas, votre plus-value n’est pas imposée
Une plus-value latente, c’est un gain qui existe sur l’écran mais pas encore dans votre poche. Vous avez acheté 100, la ligne vaut 180, vous êtes en plus-value de 80. Tant que les titres sont là, cette plus-value n’est ni déclarable ni imposable.
Ce n’est qu’à la vente qu’elle devient une plus-value réalisée, et donc imposable. La même logique vaut dans l’autre sens : une ligne dans le rouge ne vous donne aucun droit fiscal tant que vous ne l’avez pas vendue.
Un retrait d’espèces vers votre compte courant ne change rien non plus. Ce n’est pas le fait de sortir l’argent du compte-titres qui déclenche l’impôt, contrairement à ce qui se passe sur un PEA.
Un arbitrage est-il imposable sur un compte-titres ?
Oui, et le piège est d’autant plus coûteux qu’il est invisible : arbitrer, c’est vendre. Si vous cédez votre ETF monde pour acheter un ETF S&P 500 dans la foulée, votre argent n’a jamais quitté le compte, mais la vente est bien une vente et la plus-value est bien imposable.
Sur une enveloppe capitalisante comme l’assurance-vie ou le PEA, ce même arbitrage ne coûte rien tant que vous ne sortez pas. Sur un compte-titres, chaque changement d’avis passe par la case impôts.
Cette différence de traitement change complètement la façon de gérer un compte-titres : mieux vaut y loger ce que vous comptez garder longtemps que ce que vous voudrez faire tourner.
Comment se calcule la plus-value imposable ?
La plus-value, c’est le prix de vente moins le prix d’achat. La subtilité arrive dès que vous avez acheté la même ligne en plusieurs fois, ce qui est le cas de tous ceux qui investissent tous les mois.
Dans ce cas, le prix d’achat retenu n’est pas celui de vos premiers titres, ni celui des derniers. C’est le prix moyen pondéré de la ligne entière : la somme de tout ce que vous avez investi, divisée par le nombre de titres détenus. Cette règle n’est pas une option, elle s’impose.
Un exemple : 10 parts achetées 100 € puis 10 parts achetées 60 €, c’est 1 600 € pour 20 parts, donc un prix d’achat de 80 € par part. Si vous en vendez 10 à 90 €, vous dégagez une plus-value de 100 €, alors que vous pensiez peut-être vendre à perte les parts payées 100 €.
Autrement dit, vous ne choisissez jamais de vendre « les titres achetés au plus haut ». Chaque titre vendu porte le prix moyen de la ligne au jour de la vente.
Quels frais viennent en déduction ?
Les frais de courtage entrent dans le calcul, et dans le bon sens. Ceux payés à l’achat gonflent votre prix d’acquisition, ceux payés à la vente réduisent votre prix de cession. Les deux réduisent donc votre plus-value imposable, et votre impôt avec.
Les droits de garde, eux, n’entrent pas dans ce calcul. Facturés sur la détention et non sur l’opération, ils ne réduisent aucune plus-value. Ils deviennent déductibles de vos revenus de capitaux mobiliers dans un seul cas, si vous optez pour le barème progressif.
Ce qui rend le sujet piquant, c’est qu’aucun de ces frais n’est plafonné par la loi sur un compte-titres, contrairement au PEA.
Et si vous êtes en perte ?
Une vente à perte crée une moins-value, et c’est l’un des rares points sur lesquels le compte-titres est mieux traité que le PEA. Elle vient effacer vos plus-values de la même année, euro pour euro, et ce qu’elle n’a pas absorbé se reporte sur les dix années suivantes.
Elle ne se déduit jamais de votre salaire ni de vos autres revenus, seulement de vos gains de bourse. Et la règle de la vente vaut ici aussi : une perte se constate en vendant, pas en regardant son relevé.
Lire aussi : Moins-value boursière : comment la déduire de vos impôts en 2026 — dans quel ordre vos pertes s’imputent, comment suivre votre stock sur dix ans, et le piège de la vente de décembre.
Combien reste-t-il sur 10 000 € de plus-value ?
Un taux ne dit rien tant qu’on ne l’a pas posé sur des euros. Sur une plus-value de 10 000 €, la flat tax prélève 3 140 € et il vous reste 6 860 €. Voici maintenant le calcul sur une opération réelle, frais de courtage compris, qui ramène la plus-value imposable un peu en dessous de 10 000 €.
Le calcul, ligne par ligne
Vous avez acheté pour 20 000 € d’un ETF en 2021 et vous le revendez 30 000 € en 2026, chez un courtier en ligne qui facture 0,10 % par ordre.
| Montant | |
|---|---|
| Prix d’achat | 20 000 € |
| Frais de courtage à l’achat | + 20 € |
| Prix d’acquisition retenu | 20 020 € |
| Prix de vente | 30 000 € |
| Frais de courtage à la vente | − 30 € |
| Prix de cession retenu | 29 970 € |
| Plus-value imposable | 9 950 € |
| Impôt sur le revenu (12,8 %) | 1 273,60 € |
| Prélèvements sociaux (18,6 %) | 1 850,70 € |
| Impôt total (31,4 %) | 3 124,30 € |
| Ce qu’il vous reste une fois l’impôt payé, prix d’achat compris | 26 845,70 € |
| Votre gain net, impôt payé | 6 825,70 € |
Les 50 € de frais de courtage vous ont au passage économisé 15,70 € d’impôt, puisqu’ils réduisent la base imposable. Votre gain à l’écran affichait 10 000 €, votre gain réel est de 6 825,70 €.
Ce que change un dividende encaissé la même année
Ajoutons 500 € de dividendes touchés dans l’année sur ce même compte. Le taux ne bouge pas, mais le circuit de paiement est totalement différent.
Le jour du versement, votre banque retient 157 € sur les 500 € : 64 € d’acompte d’impôt sur le revenu et 93 € de prélèvements sociaux. Vous voyez arriver 343 € sur votre compte espèces, pas 500 €.
Au total pour l’année, sur 10 450 € de gains imposables (9 950 € de plus-value plus 500 € de dividendes), vous aurez payé 3 281,30 €. Toujours 31,4 %, quel que soit le montant : la flat tax ne connaît pas les tranches.
Notre simulateur de compte-titres refait ce calcul avec vos propres montants, frais de courtage et moins-values reportables compris.
Le même gain dans un PEA de plus de cinq ans
La comparaison fait mal, et elle est utile pour décider où loger quoi. Sur cette même plus-value de 9 950 €, un PEA de plus de cinq ans ne réclame que les prélèvements sociaux, soit 1 850,70 € au lieu de 3 124,30 €.
L’écart est de 1 273,60 €, exactement la part d’impôt sur le revenu que le PEA efface. Et le dividende de 500 € n’aurait rien coûté du tout tant qu’il reste dans le plan.
Le conseil de Gustav
Remplissez votre PEA avant d’alimenter un compte-titres. Sur un même ETF européen, l’écart de 12,8 points se paie chaque fois que vous vendez, et il se compose sur toute la durée du placement. Le compte-titres garde sa place, mais pour ce que le PEA ne peut pas accueillir : actions américaines en direct, obligations, ETF non éligibles, ou tout simplement l’argent qui dépasse le plafond de 150 000 € de versements.
Lire aussi : PEA ou compte-titres : lequel choisir en 2026 ? — le comparatif complet des deux enveloppes.
Comment sont imposés vos dividendes et vos intérêts ?
Même taux que les plus-values, 31,4 %, mais un chemin totalement différent. Sur une vente, l’administration attend votre déclaration. Sur un dividende ou des intérêts, votre banque prélève le jour même, et une partie de ce qu’elle prélève n’est qu’une avance.
L’acompte de 12,8 % n’est pas votre impôt final
Le prélèvement forfaitaire non libératoire, c’est l’avance de 12,8 % que votre banque retient sur chaque dividende ou intérêt le jour du versement, en plus des 18,6 % de prélèvements sociaux. Ce n’est pas votre impôt, c’est un acompte.
« Non libératoire » est le mot qui compte : le prélèvement ne solde pas votre impôt. Le texte est d’ailleurs explicite : la somme vient s’enlever de l’impôt dû et si elle l’excède, l’excédent est restitué.
L’État vous prend donc l’argent d’avance et fait les comptes un an plus tard. Si vous restez à la flat tax, le compte tombe juste et rien ne bouge : l’avance était exactement l’impôt dû. C’est si vous optez pour le barème avec une tranche basse qu’une partie vous revient.
Les intérêts suivent exactement la même mécanique : obligations, fonds monétaires, comptes à terme, rémunération du compte espèces. Même acompte de 12,8 %, mêmes prélèvements sociaux au versement.
La case 2CK, celle qui évite de payer deux fois
L’acompte prélevé toute l’année ne se récupère pas tout seul, il se déclare. Il apparaît en case 2CK de votre déclaration de revenus, sous le libellé « prélèvement forfaitaire non libératoire déjà versé ».
Cette case est normalement pré-remplie à partir des informations transmises par votre banque. Normalement. Si elle est vide alors que vous avez touché des dividendes, il faut la compléter vous-même, faute de quoi vous payez deux fois : une fois à la source, une fois sur votre avis.
Le contrôle prend dix secondes et peut valoir plusieurs centaines d’euros : comparez le montant de la case 2CK avec le total des acomptes figurant sur le récapitulatif envoyé par votre courtier.
La dispense d’acompte, à demander au plus tard le 30 novembre
Si vos revenus sont modestes, vous pouvez refuser cette avance et garder votre trésorerie. La dispense s’obtient sous condition de revenu fiscal de référence, le montant qui figure en haut de votre avis d’imposition. Celui qui compte est le revenu de l’avant-dernière année : pour des dividendes versés en 2027, c’est le revenu de 2025.
| Revenus concernés | Personne seule | Couple imposé en commun |
|---|---|---|
| Dividendes et revenus distribués | RFR inférieur à 50 000 € | RFR inférieur à 75 000 € |
| Intérêts (obligations, comptes à terme, livrets fiscalisés) | RFR inférieur à 25 000 € | RFR inférieur à 50 000 € |
La demande prend la forme d’une attestation sur l’honneur remise à l’établissement payeur, au plus tard le 30 novembre de l’année précédant le versement. Elle vaut pour un établissement : si vous avez trois courtiers, il faut trois demandes.
Deux avertissements. D’abord, c’est une dispense d’acompte, pas une dispense d’impôt : les 18,6 % de prélèvements sociaux restent retenus à la source, et l’impôt sur le revenu reste dû, simplement payé plus tard. Ensuite, la demander alors qu’on dépasse le seuil coûte une amende de 10 % du prélèvement évité.
Un dividende étranger est imposé deux fois avant d’arriver chez vous
Un dividende américain, allemand ou suisse subit d’abord une retenue dans son pays d’origine. Le taux dépend du pays et de la convention fiscale signée avec la France : 15 % côté américain, mais 35 % côté suisse, avec une réduction qui passe par une demande de remboursement et ne tombe pas toute seule.
La France impose ensuite le dividende brut, celui d’avant la retenue étrangère, et vous accorde en contrepartie un crédit d’impôt destiné à effacer cette double imposition. Son montant et sa façon de s’imputer varient d’une convention à l’autre, ce qui en fait l’un des points les plus techniques de la déclaration.
Deux réflexes suffisent à ce stade. Vérifiez chez votre courtier que votre résidence fiscale française est bien enregistrée, sans quoi vous subirez le taux de retenue maximal. Et ne déclarez jamais le montant net reçu : c’est le brut qui est imposable, et c’est le crédit d’impôt qui rétablit l’équilibre.
Le calendrier fiscal de votre compte-titres : quand payer, quoi déclarer
C’est la question que personne ne traite, alors qu’elle décide de votre trésorerie. Un dividende et une plus-value du même montant, encaissés le même mois, ne vous coûtent pas d’argent au même moment. Entre une vente et le paiement de son impôt, il s’écoule de neuf mois si vous vendez en décembre à vingt mois si vous vendez en janvier.
| Étape | Un dividende versé en juin 2026 | Une vente réalisée en juin 2026 |
|---|---|---|
| Le jour même | 12,8 % d’acompte et 18,6 % de prélèvements sociaux retenus par le courtier | Rien n’est prélevé |
| Février 2027 | Récapitulatif annuel reçu, montants pré-remplis | Récapitulatif reçu, plus-value calculée |
| Avril à juin 2027 | Déclaration, l’acompte apparaît en case 2CK | Déclaration, la plus-value se porte en case 3VG |
| Fin juillet 2027 | Avis d’imposition, l’avance est déduite | Avis d’imposition, l’impôt apparaît |
| Septembre 2027 | Rien de plus à payer, l’avance a tout couvert | Prélèvement des 31,4 % |
Sur une vente, rien n’est prélevé le jour où vous vendez
L’asymétrie piège beaucoup de monde, alors autant l’écrire franchement : votre courtier prélève à la source sur vos dividendes, il ne prélève rien sur vos plus-values de vente.
L’argent d’une vente arrive donc intégralement sur votre compte espèces, impôt compris. Rien ne vous signale que 31,4 % de la plus-value ne vous appartiennent pas encore.
C’est ainsi que se construisent les mauvaises surprises de septembre : une belle année de ventes, un avis d’imposition mis en ligne fin juillet, et une somme à sortir plus d’un an après une opération qu’on avait oubliée. Le prélèvement, lui, part tout seul du compte bancaire que connaît l’administration, sans démarche de votre part. Si vous vendez beaucoup, mettez les 31,4 % de côté le jour même.
L’IFU, le récapitulatif envoyé avant le 16 février
Chaque banque ou courtier établi en France doit vous adresser un imprimé fiscal unique, l’IFU, qui récapitule tout ce que vous avez encaissé et vendu dans l’année. C’est le formulaire n° 2561, dont l’exemplaire qui vous est remis s’appelle le 2561 ter.
La date limite est fixée avant le 16 février de l’année suivante. Le même document part aux impôts, et c’est lui qui alimente les cases pré-remplies de votre déclaration.
Ne le rangez pas sans le lire. C’est la pièce qui vous permet de contrôler les montants pré-remplis avant de valider votre déclaration, ligne par ligne.
Les formulaires, dans l’ordre
Cinq imprimés peuvent entrer en jeu. L’erreur classique est de commencer par la déclaration principale : elle se remplit en dernier, avec les totaux calculés par les autres.
| Ordre | Formulaire | À quoi il sert | Qui est concerné |
|---|---|---|---|
| 1 | 2778-DIV-SD | Payer soi-même l’acompte sur un dividende, chaque mois | Courtier hors de France |
| 2 | 3916 | Signaler l’existence d’un compte ouvert à l’étranger | Courtier hors de France |
| 3 | 2047 | Déclarer les revenus encaissés à l’étranger | Dividendes étrangers |
| 4 | 2074 | Calculer le détail des plus-values et suivre le stock de pertes | Courtier étranger, ou moins-values à reporter |
| 5 | 2042 | Reporter les totaux (cases 2CK, 3VG, 3VH) | Tout le monde |
Les quatre derniers se remplissent une fois par an, au printemps. Le premier, lui, a une échéance mensuelle et ne concerne qu’une population précise, celle du chapitre suivant.
Lire aussi : Déclarer son compte-titres aux impôts — le parcours déclaratif complet, case par case.
Compte-titres chez Trade Republic, Degiro ou IBKR : ce qui change
Un courtier installé hors de France ne joue aucun des rôles que l’administration confierait à une banque française. Tout ce qu’elle ferait à votre place, vous le faites vous-même, et trois obligations en découlent.
L’acompte de 12,8 %, c’est vous qui le versez
Votre case 2CK restera vide, et c’est normal : rien n’a été prélevé, donc il n’y a rien à imputer. L’acompte reste pourtant dû, avec les prélèvements sociaux, et c’est à vous de le déclarer et de le payer avec le formulaire 2778-DIV-SD, au plus tard le 15 du mois suivant l’encaissement du dividende.
Un courtier établi dans l’Union européenne, ce qui est le cas de Trade Republic et de Degiro, peut être mandaté pour s’en charger. Encore faut-il qu’il propose ce service : vérifiez-le dans vos documents fiscaux plutôt que de le supposer.
Si vos revenus sont sous les seuils de dispense, la démarche disparaît pour la part d’impôt sur le revenu. Les prélèvements sociaux, eux, restent à déclarer.
Vos plus-values, c’est vous qui les calculez
Ligne par ligne, à partir de vos relevés d’opérations, avec la règle du prix moyen pondéré. Aucune case ne sera pré-remplie et aucun contrôle automatique ne vous rattrapera en cas d’erreur.
Gardez les relevés d’exécution de tous vos ordres, y compris ceux d’il y a dix ans. C’est votre seule preuve du prix d’achat le jour où l’administration vous la demande.
Le compte lui-même doit être déclaré chaque année
Avec le formulaire 3916, même si le compte est vide, même s’il est inactif, même si vous n’avez rien vendu. C’est un formulaire par compte.
L’oubli coûte 1 500 € par compte et par année, ce qui en fait l’erreur la plus chère de tout le parcours d’un compte-titres. Si vous avez sauté des années, les régulariser de vous-même, avant toute demande de l’administration, reste la meilleure porte de sortie.
Vos gains de 2025 : 17,2 % ou 18,6 % ?
Voilà une question que la quasi-totalité des articles évite, et sur laquelle beaucoup se trompent. La hausse de la CSG ne s’est pas appliquée à la même date pour tout le monde : la loi a prévu deux dates d’entrée en vigueur distinctes, selon que l’impôt est retenu à la source ou réclamé plus tard sur votre avis.
Conséquence déconcertante : sur un même compte-titres, en 2025, une vente et un dividende ne relèvent pas du même taux.
Une plus-value réalisée en 2025 relève déjà du taux de 18,6 %
Une plus-value de vente n’est prélevée nulle part au moment où elle naît : elle vous est réclamée plus tard, sur votre avis. La loi range ce mode de recouvrement du côté des revenus du patrimoine, et pour cette famille elle fixe l’entrée en vigueur « à compter de l’imposition des revenus de l’année 2025 ».
Lue à la lettre, cette date conduit à 18,6 % de prélèvements sociaux sur une vente réalisée en 2025 et déclarée au printemps 2026, soit 31,4 % au total dès l’an dernier.
C’est contre-intuitif, parce qu’on associe naturellement le nouveau taux au 1er janvier 2026, et la plupart des contenus en ligne s’arrêtent à cette date. La formulation du texte est pourtant sans ambiguïté.
Cela dit, le meilleur juge de votre cas, ce n’est pas un article, c’est votre avis d’imposition. Nous y venons.
Un dividende versé en 2025 est resté à 17,2 %
Les dividendes et les intérêts, eux, sont prélevés à la source par votre banque le jour du versement. Ils forment la famille des produits de placement, pour laquelle la même loi retient une autre date : le 1er janvier 2026.
Pour eux, ce qui compte est la date de versement. Un dividende encaissé le 20 décembre 2025 est resté à 17,2 %, un dividende encaissé le 5 janvier 2026 est passé à 18,6 %.
| Ce que vous avez encaissé | Taux de prélèvements sociaux | Taux total |
|---|---|---|
| Vente réalisée en 2025 | 18,6 % | 31,4 % |
| Dividende ou intérêts versés en 2025 | 17,2 % | 30 % |
| Vente réalisée en 2026 | 18,6 % | 31,4 % |
| Dividende ou intérêts versés en 2026 | 18,6 % | 31,4 % |
Que vérifier sur votre avis d’imposition
Si vous avez vendu en 2025, l’avis reçu en juillet 2026 tranche la question pour votre situation, ce qu’aucune lecture de texte ne peut faire à votre place. Le taux ne s’y lit pas directement : il faut ouvrir la rubrique « détail du calcul de vos prélèvements sociaux », qui donne la base retenue et le montant appelé. Divisez le second par la première.
Vous devriez tomber sur 18,6 %. Attention à un piège si vous avez aussi des revenus fonciers ou d’autres revenus du patrimoine : la base affichée les additionne tous, et le rapport ne veut plus rien dire ligne par ligne. Le test n’est concluant que si votre plus-value est votre seul revenu de cette famille.
Si vous lisez 17,2 %, ne conservez pas le doute : votre centre des finances publiques tranchera plus vite que n’importe quel article.
Le conseil de Gustav
Ressortez votre avis de juillet et vérifiez le taux appliqué à vos ventes de 2025 avant de refaire vos calculs de rendement. Beaucoup d’épargnants raisonnent encore à 30 % et sous-estiment ce qu’une grosse vente leur coûtera. Si vous prévoyez d’en faire une, c’est un argument de plus pour loger d’abord dans un PEA tout ce qui peut y entrer.
Peut-on réduire la fiscalité de son compte-titres ?
Oui, sur quatre points, et un cinquième levier souvent cité ne concerne presque plus personne. Aucun ne relève de l’astuce : deux se jouent sur la déclaration, un troisième au moment d’acheter, le dernier au moment de transmettre.
Faut-il choisir le barème progressif plutôt que la flat tax ?
Seulement si votre tranche d’imposition est basse, typiquement 0 % ou 11 %. La flat tax s’applique par défaut, mais vous pouvez lui préférer le barème progressif de l’impôt sur le revenu en cochant la case 2OP.
Ce choix ouvre deux avantages : un abattement de 40 % sur les dividendes éligibles, et la déduction d’une partie de la CSG de votre revenu imposable.
La fraction de CSG déductible est restée fixée à 6,8 points alors que la CSG montait à 10,6 %. La part que vous ne récupérez jamais est donc passée de 2,4 à 3,8 points en un an. Le choix entre les deux régimes, lui, n’a pas bougé pour autant : les prélèvements sociaux se paient à l’identique des deux côtés, et l’écart entre flat tax et barème vaut toujours 2,5 points à 11 % de tranche.
Deux garde-fous avant de cocher. L’option est globale : elle emporte tous les revenus financiers du foyer pour l’année, impossible de prendre le barème sur les dividendes et la flat tax sur les plus-values. Et les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus dans tous les cas.
Savoir si vous avez intérêt à cocher demande de comparer les deux régimes sur vos propres chiffres, tranche par tranche. C’est exactement ce que tranche notre guide de la flat tax face au barème progressif.
Faire valoir ses moins-values
Le mécanisme est simple : vos pertes effacent vos gains, et le reliquat vit dix ans. Ce qui coince, c’est la paperasse.
Encore faut-il avoir déclaré la perte l’année où elle est née, même sans aucun gain à compenser. Une moins-value jamais déclarée n’existe pas, et un stock oublié se périme sans prévenir.
Un ETF capitalisant permet-il de repousser l’impôt ?
Oui, à condition de le décider au bon moment. Un ETF distribuant vous verse ses dividendes, donc vous fait payer 31,4 % chaque année sur une somme que vous auriez sans doute réinvestie. Un ETF capitalisant les réinvestit à l’intérieur du fonds, sans passer par votre compte.
En France, cette capitalisation interne ne déclenche aucune imposition annuelle. L’impôt attend la vente des parts, et pendant tout ce temps la somme non prélevée continue de travailler pour vous. Sur vingt ans, ce simple choix de version d’un même indice change sensiblement le capital final.
Le nom du fonds vous dit lequel vous détenez : « Acc » ou « C » pour capitalisant, « Dist » ou « D » pour distribuant. Et si vous voyez des dividendes tomber sur votre compte espèces, la réponse est déjà donnée.
Attention au réflexe qui suit. Basculer une ligne existante vers la version capitalisante, c’est vendre, avec l’impôt immédiat sur toute la plus-value accumulée.
Le calcul vaut donc rarement le coup sur une ligne déjà en forte hausse : ce levier se joue surtout sur vos prochains achats. Ce que ce choix rapporte vraiment est chiffré dans notre guide des ETF à loger sur un compte-titres, avec le second réglage que personne ne regarde, le pays d’enregistrement du fonds. Le raisonnement vaut aussi pour choisir ses ETF dans un PEA, où la question devient d’ailleurs sans conséquence.
Transmettre plutôt que vendre
Le compte-titres est la seule enveloppe boursière qui se donne. Une donation ou une succession n’est pas une vente, donc ne déclenche pas l’imposition de la plus-value, et celui qui reçoit les titres repart avec un prix d’acquisition remis à la valeur du jour de la transmission.
La plus-value accumulée pendant des années disparaît ainsi purement et simplement. Les droits de donation ou de succession, eux, restent dus selon les règles habituelles : ce qui est effacé, c’est l’impôt sur le gain boursier, pas le coût de la transmission.
Ce qui ne marche plus : les abattements pour durée de détention
Vous lirez encore régulièrement qu’une détention longue donne droit à 50 %, 65 % ou 85 % d’abattement. C’était vrai, ça ne l’est plus pour à peu près personne.
Ces abattements pour durée de détention sont réservés aux titres acquis avant le 1er janvier 2018, et seulement si vous optez pour le barème progressif. Si vous investissez aujourd’hui, ils ne vous concernent pas.
Et même quand ils jouent, ils allègent l’impôt sur le revenu seulement. Les prélèvements sociaux, eux, se calculent toujours sur le gain brut.
Compte-titres, PEA ou assurance-vie : quelle enveloppe est la moins taxée en 2026 ?
La fiscalité de 2026 n’a pas frappé toutes les enveloppes de la même façon. Certaines ont pris la hausse de CSG de plein fouet, d’autres en ont été expressément exclues par la loi, et la hiérarchie s’en trouve redessinée.
Le match des enveloppes en 2026
| Enveloppe | Impôt sur le revenu | Prélèvements sociaux | Total |
|---|---|---|---|
| Compte-titres | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % |
| PEA de moins de 5 ans | 12,8 % | 18,6 % | 31,4 % + clôture du plan |
| PEA de plus de 5 ans | 0 % | 18,6 % | 18,6 % |
| Assurance-vie de plus de 8 ans | 7,5 %* | 17,2 % | 24,7 %* |
*Après 8 ans, au-delà d’un abattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple) qui échappent à l’impôt sur le revenu, et dans la limite de 150 000 € de primes versées. Au-delà, le taux repasse à 12,8 %.
La réponse est nette : c’est le PEA de plus de cinq ans, à 18,6 %, qui l’emporte largement. Le compte-titres ferme la marche à 31,4 %, et l’écart avec l’assurance-vie s’est creusé cette année, puisqu’elle a échappé à la hausse et lui non.
Ce classement ne condamne pas le compte-titres, il lui donne son rang : on le remplit après les autres, pour ce qu’elles ne peuvent pas accueillir. Le PEA de moins de cinq ans, lui, est un cas à part, taxé au même taux que le compte-titres mais avec la fermeture du plan à la clé.
Les placements qui échappent à la hausse
La loi a dressé la liste des revenus qui restent à 9,2 % de CSG, donc à 17,2 % de prélèvements sociaux au total. Tout ce qui n’y figure pas est passé à 18,6 %. La colonne de droite reprend cette liste.
| Passé à 18,6 % | Resté à 17,2 % |
|---|---|
| Plus-values, dividendes et intérêts d’un compte-titres | Assurance-vie (fonds euros et unités de compte) |
| Gains du PEA au retrait | Contrats de capitalisation |
| Plus-values sur crypto-actifs | PEL, CEL et PEP |
| Épargne salariale, participation | Revenus fonciers |
| Comptes à terme, livrets bancaires fiscalisés | Plus-values immobilières |
Une précision si vous avez un plan d’épargne retraite : le sigle qui figure dans la colonne de droite est PEP, le vieux plan d’épargne populaire fermé depuis 2003, et non PER. Les deux se ressemblent, le traitement fiscal n’est pas le même.
Lire aussi : Fiscalité du PEA en 2026 : avant et après 5 ans — le détail de l’imposition du PEA, du retrait anticipé à la succession.
À savoir
Les taux et seuils de cette page reflètent la législation applicable en août 2026, après la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026. La fiscalité de l’épargne évolue à chaque loi de finances. Ces informations sont données à titre informatif et ne constituent ni un conseil fiscal ni une recommandation d’investissement : pour une situation personnelle, rapprochez-vous de votre centre des finances publiques ou d’un professionnel.