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Pour savoir combien épargner pour sa retraite, il faut partir de ce qui vous manquera. Pour garder son niveau de vie, un salarié payé 3 200 € brut par mois doit mettre de côté environ 218 € par mois s’il commence à 30 ans, 376 € à 40 ans et 775 € à 50 ans.
Ces montants sont en euros d’aujourd’hui, c’est-à-dire en pouvoir d’achat actuel, et calculés avec le simulateur retraite de Gustav. Ils dépendent surtout de trois choses : l’âge auquel vous commencez, les frais de votre placement et l’âge auquel vous partez.
En bref
– Combien épargner pour sa retraite ? De 150 € à plus de 2 000 € par mois selon votre âge et votre salaire, pour combler l’écart entre votre dernier salaire et votre pension, avec un départ à 64 ans et une carrière complète.
– Chaque décennie d’attente coûte cher : à 3 200 € brut, l’effort passe de 218 € à 30 ans à 376 € à 40 ans, puis 775 € à 50 ans.
– Viser 80 % de votre dernier salaire au lieu de 100 % divise l’effort par deux et demi à plus de quatre, et partir à 67 ans plutôt qu’à 64 le divise par deux.
– Les frais pèsent lourd : à 40 ans, l’effort monte de 376 € à 517 € par mois quand les frais annuels passent de 0,25 % à 2,7 %.
– Pour 1 000 € par mois avant prélèvements et impôt, il faut un capital de 245 000 € à 310 000 €, converti en rente viagère ou retiré peu à peu en restant placé.
Combien épargner pour sa retraite : la réponse en un tableau
Le tableau à 100 % donne la somme à mettre de côté chaque mois pour que votre revenu à la retraite égale votre dernier salaire, net et après impôt. Choisissez la ligne de votre salaire brut mensuel actuel et la colonne de votre âge ; entre deux cases, prenez la plus proche ou refaites le calcul avec le simulateur.
| Salaire brut mensuel | 30 ans | 35 ans | 40 ans | 45 ans | 50 ans | 55 ans |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2 000 € | 150 € | 190 € | 248 € | 336 € | 487 € | 807 € |
| 2 500 € | 187 € | 238 € | 309 € | 420 € | 609 € | 1 009 € |
| 3 200 € | 218 € | 282 € | 376 € | 522 € | 775 € | 1 292 € |
| 4 500 € | 321 € | 402 € | 518 € | 700 € | 1 007 € | 1 647 € |
| 6 000 € | 465 € | 584 € | 754 € | 1 014 € | 1 457 € | 2 391 € |
Tableau à 100 % : épargne mensuelle en euros d’aujourd’hui, à revaloriser chaque année de l’inflation, départ à 64 ans, frais de 0,25 % par an. Calcul : simulateur retraite de Gustav.
Un salarié de 40 ans payé 3 200 € brut, le cas type du simulateur, touchera une pension de 1 911 € par mois après prélèvements et impôt. Son dernier salaire, avec la progression de carrière, atteindra 2 630 € après impôt.
Il lui manquera donc 719 € par mois, et c’est cet écart que les 376 € épargnés chaque mois doivent financer pendant toute la retraite. En commençant à 25 ans, le même objectif ne demande que 172 € par mois.
Ce tableau s’applique-t-il à votre situation ?
Pour construire ces tableaux, nous avons fait tourner le moteur de notre simulateur sur 35 combinaisons d’âge et de salaire, avec les hypothèses publiées sur sa page. Le tableau décrit donc un cas précis, et il faut savoir lequel pour l’utiliser.
Ses montants sont exprimés en euros d’aujourd’hui, c’est-à-dire en pouvoir d’achat actuel. Votre versement doit donc suivre les prix : 376 € cette année, puis 376 € augmentés de l’inflation l’an prochain, et ainsi de suite.
Selon les années, la hausse des prix varie beaucoup : elle a été de 0,9 % en 2025, mais de 3,0 % sur un an en septembre 2026 selon l’estimation provisoire de l’Insee.
Les autres hypothèses sont celles du simulateur :
- une carrière complète dans le privé, commencée à 22 ans, avec un salaire qui progresse de 0,7 % par an au-delà de l’inflation ;
- un départ à 64 ans, avec une pension calculée selon les règles de 2026, pour une personne seule sans enfant (une part fiscale) ;
- une épargne placée en actions mondiales, qui rapporte 4,5 % par an après inflation et avant frais, avec des frais de 0,25 % par an, ceux d’un fonds indiciel (ETF) ;
- un capital transformé en revenu pendant environ 28 ans, en comptant une réversion, c’est-à-dire une partie du revenu qui continue d’être versée au conjoint après votre décès, avec un rendement plus prudent de 2 % par an une fois à la retraite, quand l’épargne est moins investie en actions ;
- des retraits sans impôt sur le revenu, comme ceux d’un plan d’épargne en actions (PEA) de plus de cinq ans. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur ses gains : pour les couvrir, comptez près de 10 % d’effort en plus, selon notre estimation.
Le rendement de 4,5 % est volontairement bas : sur longue période, les actions mondiales ont rapporté 5,2 % par an après inflation depuis 1900. L’article sur la retraite par capitalisation détaille d’où vient ce chiffre.
Trois situations demandent un effort plus élevé que le tableau. Les cadres, d’abord, et plus largement ceux qui gagnent plus de 4 005 € brut par mois, le plafond de la Sécurité sociale. Pour un salaire de 6 000 € brut, le simulateur prévoit une pension égale à 62,5 % du dernier salaire net, alors que le cadre type du Conseil d’orientation des retraites (COR), payé 8 000 € brut, n’en touche que 51,9 %.
En appliquant ce taux de 51,9 % à un salaire de 6 000 €, ce qui reste une approximation, l’effort d’un cadre de 40 ans passe de 754 € à environ 1 020 € par mois, soit plus d’un tiers de plus.
Les carrières incomplètes (chômage, temps partiel, années à l’étranger) réduisent aussi la pension et creusent l’écart à combler.
Enfin, si vous placez votre épargne dans un plan d’épargne retraite (PER), vos retraits seront imposés : comptez environ 20 % d’effort en plus, qui s’ajoutent à l’effet des frais du contrat. En échange, chaque versement réduit votre impôt l’année où vous le faites, ce qui compense cet impôt futur si votre tranche d’imposition est plus élevée pendant votre carrière qu’à la retraite. Notre article sur les avantages et inconvénients du PER chiffre ce cas tranche par tranche.
Les indépendants, eux, ne sont pas couverts par ce calcul, qui suit les règles des salariés.
Pour refaire le calcul avec votre salaire, votre âge et vos frais, utilisez le simulateur retraite de Gustav :
Combien vous manquera-t-il à la retraite ?
Le tableau à 100 % repose sur un cas type. Pour votre propre calcul, tout part d’un chiffre : l’écart entre ce que vous gagnez à la fin de votre carrière et ce que votre pension vous versera. Cet écart se mesure avec le taux de remplacement, c’est-à-dire la part de votre dernier salaire net, avant impôt, que la pension remplace.
Ce taux varie énormément d’un profil à l’autre. Pour la génération qui part aujourd’hui, il atteint 75,2 % pour un non-cadre du privé, 51,9 % pour un cadre et environ 40 % pour certains fonctionnaires très primés. Le taux de remplacement dépend surtout de votre niveau de salaire et de la part de primes dans votre rémunération.
Pour passer d’un pourcentage à un montant, il suffit d’appliquer ce taux à votre salaire net. Le non-cadre type du COR, payé 2 400 € brut, soit 1 820 € net par mois, touchera environ 1 370 € : il lui manquera 452 € par mois. Le cadre type, payé 8 000 € brut, soit 6 070 € net, touchera environ 3 125 € : il lui manquera 2 945 € par mois, six fois et demie plus en euros.
Votre propre estimation est disponible gratuitement : le service Mon estimation retraite du portail officiel projette votre pension à plusieurs âges de départ à partir de votre carrière réelle. C’est ce chiffre, plus fiable que n’importe quel cas type, qu’il faut retenir.
Lire aussi : Taux de remplacement à la retraite : combien vous toucherez vraiment, pour situer votre profil parmi les treize carrières types du Conseil d’orientation des retraites.
Faut-il viser 100 % ou 80 % de son dernier salaire ?
Viser 100 % est rarement nécessaire, parce qu’une partie des dépenses disparaît avec la vie active. Vous ne cotisez plus pour votre retraite, les frais de transport et de repas baissent, et votre crédit immobilier est souvent remboursé.
L’objectif change complètement l’effort. Dans le cas type, une fois l’impôt payé sur le salaire comme sur la pension, la pension couvre déjà 73 % du dernier salaire, contre un taux de remplacement de 70 % avant impôt, un peu plus bas que pour le non-cadre du COR parce que le cas type gagne davantage. Viser 80 % ne laisse que 7 points à financer, contre 27 pour un objectif de 100 %. Jusqu’à 3 200 € brut, l’épargne nécessaire tombe ainsi sous 100 € par mois pour qui commence avant 40 ans :
| Salaire brut mensuel | 30 ans | 35 ans | 40 ans | 45 ans | 50 ans | 55 ans |
|---|---|---|---|---|---|---|
| 2 000 € | 40 € | 50 € | 70 € | 90 € | 130 € | 220 € |
| 2 500 € | 50 € | 70 € | 90 € | 120 € | 170 € | 290 € |
| 3 200 € | 50 € | 70 € | 100 € | 150 € | 230 € | 380 € |
| 4 500 € | 100 € | 130 € | 160 € | 210 € | 290 € | 440 € |
| 6 000 € | 190 € | 230 € | 290 € | 380 € | 540 € | 860 € |
Tableau à 80 % : épargne mensuelle pour 80 % du dernier salaire net après impôt, arrondie à la dizaine. Mêmes hypothèses que le tableau à 100 %.
Le tableau à 80 % est aussi le plus fragile. Il suppose une carrière complète, et une seule année de chômage ou de temps partiel suffit à creuser l’écart entre la pension et le salaire, et à faire passer votre revenu total sous la barre des 80 %. Pour un cadre, l’écart réel est plus large que ne le montre la ligne à 6 000 €.
Le conseil de Gustav
Fixez votre objectif en euros par mois, pas en pourcentage. Listez ce que vous dépenserez vraiment à la retraite, logement compris, et comparez-le à votre estimation de pension. Le pourcentage du dernier salaire est un raccourci qui convient mal aux carrières qui finissent haut, ou à ceux qui seront encore locataires.
Pourquoi les règles des 10 % du salaire ou des 70 % ne suffisent-elles pas ?
Deux règles circulent sur la plupart des sites de banques et de courtiers : épargner 10 à 15 % de son salaire, et viser 70 à 80 % de son dernier revenu. Elles donnent un ordre de grandeur, mais elles ignorent l’âge et le profil.
Pour un salarié à 3 200 € brut, soit environ 2 430 € net, épargner 10 % représente 243 € par mois et 15 % environ 365 €. Comparé au tableau à 100 %, c’est trop à 30 ans, où 218 € suffisent, à peu près juste à 40 ans, et très insuffisant à 50 ans, où il en faut 775 €. Rapporté au salaire net actuel, l’effort réel passe de 9 % à 30 ans à 32 % à 50 ans.
La règle des 70 à 80 % a un autre défaut : un non-cadre en carrière complète en est déjà proche avec sa seule pension, à 75,2 %, alors qu’un cadre en est loin. Elle ne dit donc rien de votre situation tant que vous ne connaissez pas votre propre taux.
Quel capital faut-il pour compléter sa retraite ?
Une fois l’écart mensuel connu, il faut le transformer en capital : la somme qui, une fois à la retraite, vous versera ce complément jusqu’à la fin de votre vie. Dans le cas type, combler 719 € par mois demande un capital d’environ 185 700 € à 64 ans, en euros d’aujourd’hui et avec des retraits sans impôt sur le revenu.
Ce capital dépend de la durée pendant laquelle il doit vous verser un revenu. Une femme de 65 ans a aujourd’hui une espérance de vie de 23,6 ans et un homme de 20 ans, et ces chiffres augmentent avec le temps. Il faut aussi prévoir le cas où vous vivez bien plus longtemps que la moyenne : selon la table de mortalité actuelle, environ 46 % des femmes et 28 % des hommes qui atteignent 65 ans fêteront leurs 90 ans.
Quel capital pour 1 000 € par mois à la retraite ?
Il existe deux façons de transformer un capital en revenu. La rente viagère, c’est quand vous confiez votre capital à un assureur qui vous verse un montant fixe chaque mois jusqu’à votre décès, quelle que soit la durée de votre vie. Les retraits programmés, c’est quand vous gardez votre capital placé et que vous en retirez une partie chaque mois, avec le risque de l’épuiser si vous vivez très longtemps.
Selon la méthode, il faut entre 245 000 € et 310 000 € pour obtenir 1 000 € par mois avant prélèvements et impôt, tant que le capital reste placé. S’il ne rapporte plus rien, il en faut 360 000 € :
| Méthode | Revenu annuel en % du capital | Capital pour 1 000 € par mois |
|---|---|---|
| Rente viagère à 65 ans, sans réversion ni frais | 4,88 % | 245 900 € |
| Rente viagère à 65 ans, avec 3 % de frais sur les rentes | 4,73 % | 253 500 € |
| Simulateur de Gustav, départ à 64 ans | 4,65 % | 258 100 € |
| Rente viagère à 65 ans, avec réversion au conjoint survivant | 4,44 % | 270 300 € |
| Retraits pendant 30 ans, capital placé à 2 % après inflation | 4,42 % | 271 200 € |
| Règle des 4 % | 4,00 % | 300 000 € |
| Retrait jugé sûr par Morningstar pour 2026 | 3,90 % | 307 700 € |
| Retraits pendant 30 ans, capital non placé | 3,33 % | 360 000 € |
Les taux de rente viagère viennent d’un calcul de référence sur la table de mortalité réglementaire, sans frais : chaque assureur applique ensuite son propre barème, et certains contrats prélèvent jusqu’à 3 % sur chaque rente versée.
La règle des 4 % vient d’une étude américaine de 1994 : retirer 4 % de son capital la première année, puis le même montant revalorisé de l’inflation, aurait tenu 30 ans dans toutes les périodes passées aux États-Unis. Hors des États-Unis, elle a échoué dans la plupart des pays étudiés, et le cabinet Morningstar retient, dans son étude publiée fin 2025, 3,9 % comme taux de départ prudent.
Ces 1 000 € sont versés avant prélèvements et impôt. Une rente viagère supporte depuis 2026 des prélèvements sociaux de 18,6 %, mais pas sur tout son montant : le fisc considère qu’une partie de chaque versement vous rend votre propre capital, et ne taxe que 40 % de la rente si elle démarre entre 60 et 69 ans.
L’impôt sur le revenu s’y ajoute. Pour un foyer dont la tranche d’imposition la plus haute est à 11 %, il reste environ 880 € par mois sur une rente issue d’une assurance-vie.
Sur une rente de PER alimenté par des versements déduits, imposée comme une pension, il en reste 830 €. Pour toucher 1 000 € nets, il faut donc un capital plus élevé de 13 % avec une assurance-vie, et de 20 % avec un PER. Avant de convertir un PER en rente, comparez avec une sortie en capital : notre article Sortie du PER : capital ou rente ? montre qu’impôt compris, la rente ne rapporte davantage qu’à partir de 85 ans environ.
Combien épargner pour sa retraite : ce qui fait varier l’effort
L’âge auquel vous commencez pèse plus que tout le reste. Le tableau à 100 % le montre ligne par ligne : chaque année d’attente augmente l’effort mensuel, et de plus en plus vite. Dans le cas type, passer de 30 à 40 ans multiplie l’effort par 1,7, et passer de 40 à 50 ans le multiplie par 2.
| Âge au premier versement | Épargne mensuelle | Total versé jusqu’à 64 ans |
|---|---|---|
| 30 ans | 218 € | 88 900 € |
| 40 ans | 376 € | 108 300 € |
| 50 ans | 775 € | 130 200 € |
Salarié à 3 200 € brut, objectif de 100 % du dernier salaire après impôt.
Celui qui commence à 30 ans verse au total 41 000 € de moins que celui qui commence à 50 ans, pour le même revenu à la retraite. La différence, ce sont les intérêts : plus votre argent reste placé longtemps, plus il produit lui-même une part du capital final.
Que change un départ à 67 ans plutôt qu’à 64 ?
Partir à 67 ans réduit l’effort de moitié, voire davantage. À 3 200 € brut, il tombe de 218 € à 105 € par mois en commençant à 30 ans, de 376 € à 180 € à 40 ans, et de 775 € à 353 € à 50 ans.
Trois mécanismes jouent dans le même sens. Votre pension augmente, parce que la décote, cette réduction définitive appliquée quand il vous manque des trimestres de cotisation, disparaît à 67 ans, et parce que vous cotisez plus longtemps.
Votre épargne dispose aussi de trois ans de plus pour fructifier, et le capital doit vous verser un revenu pendant trois ans de moins.
Travailler plus longtemps n’est pas toujours possible, pour des raisons de santé ou d’emploi. Mais si vous pouvez l’envisager, aucun autre levier ne fait autant baisser l’effort.
Combien les frais coûtent-ils à votre effort d’épargne ?
Les frais réduisent chaque année le rendement de votre épargne, et leur effet se cumule sur toute la durée du placement. Dans un PER investi en fonds actions, les frais du contrat et des fonds atteignent ensemble environ 2,7 % par an en moyenne, contre 0,25 % pour un fonds indiciel bon marché.
Dans le cas type, cet écart de frais fait passer l’effort de 376 € à 517 € par mois en commençant à 40 ans, soit 37 % de plus. En commençant à 30 ans, il passe de 218 € à 349 €, soit 60 % de plus : plus votre épargne dure, plus les frais pèsent lourd.
Avec un PER aux frais moyens, l’impôt sur les retraits s’ajoute : l’effort à 40 ans approche alors 620 € par mois, avant l’économie d’impôt sur les versements. C’est pour cela que nous regardons les frais avant tout le reste, y compris avant l’avantage fiscal d’une enveloppe.
Choisir la sécurité coûte aussi cher que des frais élevés. Sur un fonds en euros d’assurance-vie, qui a rapporté 2,63 % en 2025, soit environ 1,7 % après inflation, l’effort à 40 ans monte à environ 520 € par mois. Vous évitez les à-coups de la Bourse, mais vous payez cette tranquillité par un effort plus élevé de près de 40 %.
Que faire si vous commencez à 55 ans ?
À 55 ans, le tableau à 100 % affiche 1 292 € par mois pour un salaire de 3 200 € brut, un montant hors de portée pour la plupart des budgets. Quatre leviers le font baisser.
- Travailler un peu plus longtemps : chaque année au-delà de 64 ans augmente la pension et raccourcit la période à financer.
- Racheter des trimestres : le rachat porte sur vos années d’études supérieures et sur les années où vous avez validé moins de quatre trimestres, dans la limite de 12 trimestres. Il ne sert vraiment que s’il vous manque des trimestres pour échapper à la décote.
- Profiter de la déduction du PER : le PER bloque l’argent jusqu’à la retraite, mais vos versements réduisent votre revenu imposable, dans la limite de 10 % de vos revenus d’activité de 2025 et de 37 680 €. Si votre tranche d’imposition est à 30 %, un versement de 1 000 € ne vous coûte que 700 €.
- Compter ce que vous possédez déjà : une résidence principale payée réduit fortement vos besoins à la retraite, et l’épargne déjà constituée sur un livret, une assurance-vie ou un plan d’épargne salariale se retire du capital à atteindre.
Lire aussi : Retraite par capitalisation ou répartition : ce que disent vraiment les chiffres, pour comprendre ce que vos cotisations obligatoires financent et pourquoi votre pension sera ce qu’elle est.
Épargner pour sa retraite : par où commencer ?
Le premier euro d’épargne retraite ne vient qu’après l’épargne de précaution, cette réserve disponible à tout moment pour faire face à un imprévu. Placer pour votre retraite de l’argent dont vous pourriez avoir besoin l’an prochain vous obligerait à vendre au mauvais moment, ou à payer des pénalités de sortie anticipée.
Lire aussi : Épargne de précaution : combien mettre de côté et où ?, pour chiffrer la réserve à constituer avant l’effort retraite.
Ensuite, quatre étapes suffisent :
- Chiffrez votre écart : récupérez votre estimation de pension sur info-retraite.fr et comparez-la à votre revenu actuel après impôt.
- Déduisez ce que vous avez déjà, en additionnant l’épargne déjà placée pour le long terme : elle travaille pour vous et réduit le capital à atteindre.
- Programmez un virement le lendemain de votre paie, et revalorisez-le chaque année de l’inflation.
- Choisissez où placer cette épargne. PER, assurance-vie, plan d’épargne en actions (PEA) ou compte-titres : l’enveloppe compte, mais moins que l’âge de départ et le niveau des frais. Notre simulateur PEA projette cet effort dans un plan d’épargne en actions.
L’Autorité des marchés financiers recommande la même logique : une épargne régulière, même modeste, mise en place après l’épargne de précaution.
Le conseil de Gustav
Commencez avec la somme que vous pouvez verser dès ce mois-ci, même si elle est loin des montants de cet article. Un versement de 100 € lancé à 35 ans vaut mieux qu’un versement de 400 € toujours repoussé, parce que chaque euro versé à 35 ans a encore près de trente ans pour rapporter.
Reste à tenir cet effort pendant vingt ou trente ans. Gustav rassemble vos comptes et vos placements au même endroit : vous fixez un objectif de revenus passifs pour la retraite, et vous voyez chaque mois où vous en êtes par rapport à la trajectoire nécessaire.
À savoir
Cet article s’appuie sur les données publiques disponibles au 6 octobre 2026. Les montants d’épargne, de capital et de pension sont issus du simulateur retraite de Gustav : ce sont des simulations en euros d’aujourd’hui, sensibles aux hypothèses affichées, qui donnent des ordres de grandeur et non des garanties. Votre situation personnelle (carrière, foyer fiscal, patrimoine) peut conduire à un effort très différent.
Cet article ne constitue ni un conseil en investissement, ni une recommandation personnalisée : investir comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Gustav ne commercialise aucun plan d’épargne retraite, contrat d’assurance-vie ou placement, et ne perçoit aucune rémunération des organismes cités.