Simulateur retraite : répartition ou capitalisation

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Combien vos cotisations retraite rapporteraient si elles étaient investies

Deux systèmes existent pour financer une retraite. Dans la répartition, celui de la France, vos cotisations partent immédiatement payer les pensions des retraités actuels, et vos droits futurs reposent sur les cotisations de ceux qui travailleront après vous. Dans la capitalisation, vos cotisations seraient placées, vous appartiendraient, et vous verseraient un revenu tiré de ce capital.

Le simulateur fait tourner les deux en parallèle sur votre carrière, avec les mêmes sommes et le même impôt. Avec les valeurs de départ proposées, un salaire de 3 200 € brut par mois à 40 ans et un départ à 64 ans, il affiche 1 911 € de pension contre 3 595 € de revenu à vie tirés du capital, l’un et l’autre nets de prélèvements sociaux et d’impôt. L’écart atteint 1 684 € par mois, soit un revenu presque doublé.

Deux chiffres à garder en tête pour la suite, parce que la page y revient. Ce salarié finira sa carrière à 2 855 € net de cotisations, soit 2 630 € une fois l’impôt sur le revenu payé : il lui manquera donc 719 € chaque mois une fois à la retraite. Les deux revenus sont comparés après impôt, faute de quoi la marche engloberait l’impôt lui-même. C’est cette marche-là, et non l’écart de 1 684 €, qui se comble par l’épargne.

Comment lire votre résultat

Trois chiffres sortent du calcul, et le troisième est celui qu’il faut lire avec le plus de précaution.

Le capital accumulé est ce que vos cotisations auraient produit à l’âge de départ : 1 198 167 € dans l’exemple. C’est le chiffre spectaculaire, et le moins utile des trois : personne ne vit d’un capital, on vit de ce qu’il verse.

Le revenu mensuel à vie est ce que ce capital verserait chaque mois jusqu’à votre décès. C’est le seul chiffre comparable à une pension sur une dimension, la durée. Une pension possède trois propriétés que ce revenu n’a pas : elle est revalorisée par décision publique, elle est réversible de droit, et son montant ne dépend pas du niveau des marchés le jour de votre départ.

Reste l’écart entre les deux. Attention à ce qu’il mesure : ce que ces sommes auraient rapporté ailleurs, et rien de plus. Aucun compte à votre nom ne contient cette différence, et personne ne vous la doit. La dernière section explique pourquoi elle n’est récupérable ni individuellement, ni même collectivement.

Une précision sur la période couverte : le calcul porte sur la carrière entière, celle déjà travaillée comme celle qui reste. Vos cotisations passées sont reconstituées à partir de votre salaire actuel et du rythme de progression indiqué dans les hypothèses, avec les taux de cotisation de 2026. Ces taux ont augmenté au fil du temps, donc vos versements passés réels étaient un peu plus faibles que ceux que le simulateur retient.

Ce que vous cotisez vraiment chaque mois

C’est l’objection qui vient en premier, et elle est légitime : quel pourcentage retenons-nous, et la part payée par l’employeur compte-t-elle ?

Sous le plafond de la Sécurité sociale, la retraite prélève 27,98 % du salaire brut. Chaque taux ci-dessous additionne les deux colonnes de votre fiche de paie, la part retenue sur votre salaire et celle payée par votre employeur :

PrélèvementTaux sous le plafond
Assurance vieillesse plafonnée15,45 %
Assurance vieillesse déplafonnée2,51 %
Retraite complémentaire Agirc-Arrco7,87 %
Contribution d’équilibre général2,15 %
Total27,98 %

Au-dessus du plafond, fixé à 48 060 € par an en 2026, ces lignes changent de taux mais le total reste voisin, à 27,15 %.

La part patronale est comptée, et c’est un choix qu’il faut assumer. Elle ne passe pas par votre compte en banque, mais elle fait partie de ce que votre travail coûte. L’exclure reviendrait à ne mesurer que la moitié de l’effort.

Une seconde question se pose, plus gênante encore : tout ce que vous versez n’achète pas votre pension. Une partie finance des garanties collectives : le minimum de pension, les majorations pour enfants, les trimestres validés pendant le chômage, la maladie ou une invalidité. Investir la totalité revient donc à comparer le prix d’une assurance complète au rendement de sa seule part épargne, en supposant que vous n’utiliserez jamais les garanties.

Le curseur « part des cotisations réellement investie » sert exactement à ça. Ramené à 80 %, l’écart mensuel tombe de 1 684 € à 1 096 €. Le réglage par défaut de 100 % est le plus favorable à la capitalisation, et vous pouvez le corriger d’un geste.

Une réserve, enfin, sur la reconstitution de votre passé : le simulateur suppose une carrière continue. Si vous avez connu du chômage, un temps partiel ou une interruption, vos droits réels sont inférieurs à ce qu’il affiche, des deux côtés de la balance.

Ce que la retraite par répartition vous versera

L’autre plateau de la balance mérite autant d’attention : une pension sous-estimée gonflerait l’écart sans que personne ne s’en aperçoive.

Comment votre pension se calcule

Un salarié du privé touche deux pensions, calculées selon des règles sans rapport l’une avec l’autre.

La retraite de base vaut la moyenne de vos 25 meilleures années, multipliée par 50 % et par la part de vos trimestres sur les 172 requis. Chaque année retenue est plafonnée : la part de votre salaire qui dépasse le plafond de la Sécurité sociale ne compte pas, ce qui limite cette pension à 2 002,50 € brut par mois, quel que soit votre salaire.

La retraite complémentaire fonctionne en points. Vos cotisations en achètent chaque année au prix de 20,1877 €, et chaque point accumulé verse ensuite 1,4386 € par an, le jour où vous demandez votre retraite. Ces deux valeurs sont celles de 2026, la seconde étant gelée depuis novembre 2024.

Attention à une subtilité qui coûte cher : seule une partie de ce que vous versez achète des points. Le taux qui ouvre des droits est de 6,20 % sous le plafond, quand le prélèvement réel atteint 7,87 %. Sur un salaire de 3 200 €, cet écart représente 53 € par mois qui financent l’équilibre du régime sans vous ouvrir de droits.

Le tableau sous le simulateur déroule ces étapes sur vos propres chiffres, du salaire moyen retenu jusqu’à la pension nette.

Pour vérifier que ce moteur dit vrai, nous l’avons confronté aux cas types publiés par le Conseil d’orientation des retraites. La comparaison porte sur le taux de remplacement, c’est-à-dire la part du dernier salaire que la pension vient remplacer, pour des carrières complètes, celles qui ont réuni tous leurs trimestres.

Pour un non-cadre du privé, le COR retient 75,2 % et le simulateur affiche 75,5 %. Pour un cadre, le COR retient 51,5 % et le simulateur affiche 51,0 %, une fois la progression de carrière réglée sur celle d’un cadre. Moins d’un point d’écart dans les deux cas.

Pourquoi votre taux de remplacement baisse quand votre salaire monte

Il chute à mesure que le salaire monte, pour une raison simple : la retraite de base est plafonnée, donc tout ce que vous gagnez au-dessus de 4 005 € par mois ne produit de droits que dans la complémentaire, au rendement plus faible.

Un deuxième facteur pèse presque aussi lourd, et il surprend : la vitesse à laquelle votre carrière a progressé. Vos droits se construisent sur l’ensemble de vos années, votre taux de remplacement se mesure sur votre dernier salaire. Plus l’écart entre les deux est grand, plus le taux est bas. C’est ce qui explique qu’un cadre à 8 000 € tombe à 51,5 % quand un non-cadre à 2 400 € tient à 75,2 %.

Ce paramètre est réglable dans les hypothèses, et c’est le plus sensible de tous. Faute de le connaître, prenez ces repères : 0,7 % par an correspond à une carrière qui suit l’ensemble des salaires, 1,5 % à une progression régulière, et 2,5 % à une carrière de cadre qui a beaucoup monté.

Lire aussi : Taux de remplacement à la retraite : combien vous toucherez vraiment, qui publie les onze cas types du COR, dans le privé comme dans le public.

Pourquoi ce simulateur retient 4,5 % de rendement, et pas 7 %

C’est le choix qui décide de tout le reste.

Avant ou après l’inflation

Les deux simulateurs concurrents affichent un rendement de 7 % par an. Ce chiffre est nominal : il inclut l’inflation. Un capital constitué sur quarante ans avec de l’inflation ne s’achète pas, quarante ans plus tard, ce qu’il vaut sur le papier.

Notre calcul est mené en euros d’aujourd’hui, des deux côtés. Le rendement de 4,5 % est donc un rendement réel, inflation déjà retirée, et les montants affichés correspondent à un pouvoir d’achat que vous connaissez.

Soyons précis sur ce que nous reprochons à ces 7 %. Ce n’est pas leur niveau : une fois l’inflation retirée, ils valent environ 5 % réel, ce qui est plus prudent que la médiane historique publiée plus bas. Le problème est de comparer un capital gonflé par l’inflation à une pension exprimée en euros d’aujourd’hui. C’est la comparaison qui cloche, pas l’hypothèse.

Le rendement s’entend avant les frais, qui sont retirés ensuite : à 4,5 % de rendement et 0,25 % de frais, le capital travaille en réalité à 4,25 %.

Ce qu’aurait donné chaque époque de l’histoire

Un rendement moyen ne dit rien du risque de tomber sur une mauvaise période, et un chiffre unique donne une fausse impression de précision.

Vos versements sont rejoués sur toutes les périodes de même durée observées depuis 1871, à partir de deux séries que vous choisissez dans les hypothèses : les rendements réels des actions de grands pays développés, issus de la base Jordà-Schularick-Taylor, ou ceux du seul marché américain, issus de la série de Robert Shiller.

Le compte est simple. La série mondiale couvre 150 années, une carrière de 22 à 64 ans en dure 42, donc il existe 109 périodes de 42 ans à l’intérieur : 1871-1912, 1872-1913, et ainsi de suite jusqu’à 1979-2020.

Le tableau ci-dessous se lit ainsi : la colonne « décile bas » donne le rendement que seule une période sur dix n’a pas atteint, et la colonne « décile haut » celui qu’une période sur dix a dépassé.

Sur 40 ans, versements mensuelsDécile basMédianeDécile haut
Pays développés4,48 %6,24 %8,29 %
États-Unis4,76 %6,49 %8,88 %

Regardez la première colonne. Notre hypothèse de 4,5 % se situe au niveau du décile bas de cent cinquante ans d’histoire boursière mondiale. Sur les 109 périodes rejouées, 11 seulement font moins bien.

Trois réserves, parce que ce tableau est plus fragile qu’il n’en a l’air.

D’abord, ces périodes se chevauchent : deux périodes voisines partagent 41 années sur 42. Le nombre de situations réellement indépendantes est plus proche de quatre que de cent neuf, et les 11 périodes qui passent sous notre hypothèse ne sont pas onze accidents distincts mais un seul mauvais épisode historique.

Ensuite, la ligne « pays développés » est une moyenne annuelle pondérée par le poids économique de chacun, pas un placement que quelqu’un aurait pu détenir. Personne n’a jamais acheté cet indice, et la moyenne atténue les catastrophes nationales que la France et l’Allemagne ont connues au XXe siècle.

Enfin, ces pays sont ceux dont les marchés ont traversé un siècle et demi sans disparaître. Un épargnant russe de 1917 ou chinois de 1949 a tout perdu, et aucune série ne les compte. La dispersion affichée ici décrit le risque d’un marché qui survit, pas celui d’un marché qui s’effondre pour de bon. C’est aussi pourquoi la série américaine, la plus favorable de l’histoire, n’est pas le réglage par défaut.

Un capital n’est pas une retraite : comment on passe de 1,2 million à 3 595 € par mois

C’est l’étape la plus souvent expédiée, et c’est pourtant là que se joue la comparaison. Une pension se verse chaque mois jusqu’au décès ; pour lui opposer un capital, il faut le transformer en revenu de même nature, puis lui appliquer le même impôt.

Ce que coûte un revenu servi jusqu’au bout

La règle la plus citée consiste à retirer 4 % de son capital par an. Elle vient d’une étude américaine construite sur des retraites de trente ans, hors frais, et elle ne promet rien : si vous vivez plus longtemps que prévu, l’argent s’arrête.

Le simulateur ne l’utilise pas. Il calcule un taux de conversion, et voici le calcul en entier.

L’espérance de vie à 65 ans est aujourd’hui de 19,9 ans pour un homme et de 23,6 ans pour une femme. Mais ces chiffres décrivent ceux qui partent maintenant : quelqu’un qui liquidera dans vingt-quatre ans vivra plus longtemps, d’environ un an par décennie, et les assureurs tarifent d’ailleurs leurs rentes sur des tables qui intègrent ce gain. Le simulateur retient donc 25 ans, plus trois années au titre de la réversion, et suppose que le capital continue de rapporter 2 % par an pendant toute cette durée.

Un capital qui rapporte pendant qu’on le consomme dure plus longtemps qu’un capital qu’on vide : ces 28 années de versements coûtent 21,5 années de capital. Diviser 1 198 167 € par 21,5 puis par douze donne 4 643 € par mois avant prélèvements et impôt, soit 4,65 % du capital chaque année.

Chacun de ces nombres est un curseur. Si vous jugez 2 % trop généreux pour un capital de retraite, mettez 0 % : le revenu tombe et l’écart se réduit d’autant.

L’impôt, des deux côtés

C’est le point où la plupart des comparaisons se disqualifient. Les cotisations investies ici sont des euros bruts, que l’impôt n’a jamais touchés. Ne pas imposer ce qu’elles verseraient reviendrait à leur offrir une exonération à l’entrée et à la sortie, régime qui n’existe dans aucun système de retraite au monde.

Le simulateur applique donc au revenu du capital exactement le traitement de la pension qu’il remplace : prélèvements sociaux, puis impôt sur le revenu calculé après la part déductible de la CSG et l’abattement de 10 %. Les 4 643 € deviennent 4 221 € une fois prélevés puis 3 595 € une fois imposés, et la pension, 2 211 € brut, devient 2 010 € puis 1 911 €. L’impôt efface plus d’un cinquième de l’écart.

Le nombre de parts de votre foyer est réglable dans les hypothèses, puisque c’est lui qui détermine le barème.

Si vous voulez protéger votre conjoint

La réversion, c’est la part de votre retraite qui continue d’être versée à votre conjoint après votre décès. Le système actuel la sert sans que vous ayez à la financer à part. Sur un capital, elle se paie : le revenu doit tenir pendant vos années de retraite, puis pendant celles de votre conjoint, donc il est plus faible chaque mois.

L’interrupteur « Réversion de 60 % au conjoint » prolonge le versement à 60 % de son montant après votre décès. Il est activé par défaut pour que la comparaison reste équitable. Si vous vivez seul et que personne ne vous survivra, désactivez-le : le revenu du capital monte, et la comparaison reste juste puisque la réversion ne vous servirait à rien.

Ce que la répartition donne et que la capitalisation ne donne pas

Un écart de 1 684 € par mois ne dit pas que la répartition ne sert à rien. Elle achète des choses que le capital ne fournit pas, et plusieurs sont déjà chiffrées dans l’outil.

Le risque de marché est le premier. Le capital dépend de l’époque où vous seriez tombé : dans la pire des 109 périodes rejouées, il ne s’élève plus qu’à 653 408 € au lieu de 1 198 167 €. Une pension ne dépend pas des marchés financiers. Elle dépend en revanche de la démographie, de la masse salariale et de décisions politiques : l’âge de départ, la décote et les règles d’indexation ont été modifiés plusieurs fois depuis 1993.

Le risque de vivre longtemps est le second. Le taux de conversion sert le revenu jusqu’au décès et non pendant une durée fixée d’avance, mais il repose sur une espérance de vie moyenne, alors qu’un assureur mutualise réellement ce risque entre ses assurés. Notre calcul l’atténue, il ne le supprime pas.

La réversion et l’impôt sont inclus eux aussi, par les réglages par défaut.

Restent trois protections que nous ne savons pas chiffrer honnêtement : les trimestres validés si une invalidité interrompt votre carrière, le minimum de pension garanti aux carrières modestes, et la revalorisation décidée chaque année. Ce sont précisément celles que financent les points de cotisation dont le curseur « part investie » permet de tenir compte.

Voici donc le test qui compte. En cumulant les deux pires hypothèses, la plus mauvaise des 109 périodes historiques et un capital qui ne rapporte plus rien une fois à la retraite, le revenu tombe à 1 690 € par mois. Face à 1 911 € de pension, l’écart s’inverse : la répartition passe devant.

C’est la limite de la démonstration, et il faut la dire. Dans le scénario central, l’écart reste de 1 684 € par mois, soit un revenu presque doublé, après prélèvements, impôt et réversion, avec un rendement pris au décile bas de l’histoire. Mais avec ces réglages, il existe un cas où le capital perd : celui où l’on cumule la pire période de cent cinquante ans avec un capital qui cesse de produire. Et aux frais moyens d’un PER, environ 2,7 % par an, il suffit que le capital ne rapporte plus rien pendant la retraite. Une page qui vous affirmerait que la capitalisation gagne à tous les coups ne vous aurait pas montré ce scénario.

Combien épargner pour compenser la baisse des pensions

L’écart mesuré plus haut n’est pas une somme que vous pouvez récupérer. Vos cotisations ne sont pas placées sur un compte à votre nom, elles paient les pensions versées ce mois-ci, et aucune décision individuelle ne changera cela.

Ce sur quoi vous pouvez agir, c’est la marche entre votre dernier salaire et votre pension. Avec les valeurs de départ, il manque 719 € par mois. Combler entièrement cette marche demande 376 € d’épargne par mois jusqu’à 64 ans, au même rendement de 4,5 % dont sont retirés 0,25 % de frais, en supposant des retraits qui ne seraient pas imposés.

Ce montant vise à retrouver 100 % de votre dernier salaire net, ce qui est un objectif exigeant : à la retraite, le crédit est souvent soldé, les enfants sont partis, et vous ne cotisez plus pour votre propre retraite. Viser 80 % du dernier salaire est un repère plus courant, et ramène l’effort à environ 100 € par mois.

Il est aussi très sensible à votre âge. À 30 ans, l’effort est modeste ; à 55 ans, il devient difficile à tenir ; à moins de trois ou quatre ans du départ, l’épargne seule ne suffit plus. Restent deux leviers : travailler plus longtemps, ou racheter des trimestres, c’est-à-dire payer pour ajouter des trimestres manquants à votre relevé de carrière.

Reste à choisir où placer cet effort. Un plan d’épargne retraite immobilise les sommes jusqu’à votre départ, en échange d’une réduction d’impôt à chaque versement.

Un PEA laisse l’argent disponible et allège l’impôt après cinq ans, dans la limite de 150 000 € de versements. Un compte-titres ne connaît ni plafond ni blocage, mais n’offre aucun avantage fiscal. L’assurance-vie se situe entre les deux, avec des règles de succession qui lui sont propres.

Gustav est conseiller en investissements financiers, donc partie prenante quand une page conclut qu’il faut épargner. C’est aussi pour cela que les hypothèses de ce simulateur sont réglées contre notre intérêt commercial : rendement au décile bas, réversion incluse, impôt appliqué des deux côtés, et un curseur pour retirer la part patronale.

Lire aussi : Épargne de précaution : combien garder et où la placer, parce qu’un effort de long terme ne tient que si un imprévu ne vous oblige pas à le liquider.

Pourquoi la France ne passe pas à la capitalisation

Si l’écart est aussi net, pourquoi le pays ne change-t-il pas de système ? Pour une raison comptable, qui explique aussi pourquoi cet écart n’est pas un gain à récupérer.

Les cotisations d’aujourd’hui paient les pensions d’aujourd’hui. Les basculer vers des comptes individuels priverait immédiatement les 17,2 millions de retraités de leur revenu. Il faudrait donc qu’une génération paie deux fois pendant une quarantaine d’années : les pensions de ses aînés, et sa propre épargne.

Ce coût de transition n’est pas un obstacle pratique parmi d’autres. Olivier Blanchard, devant le Conseil d’orientation des retraites en décembre 2025, le juge « résolvable » si l’on ne capitalise qu’une partie des cotisations, mais rappelle qu’une fois le risque des marchés compté, leur rendement reste proche de celui de la répartition. Autrement dit, l’écart affiché par ce simulateur a une contrepartie : votre génération n’a pas eu à financer directement l’entretien de ses parents, parce que le système s’en est chargé. Ce que vous lisez ici est le prix d’un transfert entre générations, pas un manque à gagner que quelqu’un vous aurait pris.

Les exemples étrangers sont souvent mal cités. La Suède n’a pas basculé vers la capitalisation : sa réforme de 1998 a transformé sa répartition en comptes individuels notionnels, et seuls 2,5 points de cotisation sur 18,5 sont réellement placés. Les Pays-Bas n’ont jamais eu à transiter, leurs fonds de pension coexistent avec une pension publique depuis les années 1950.

Le seul pays à avoir mené une transition complète est le Chili, en 1981. Son système visait 70 % du dernier salaire et en sert environ 45 %, ce qui l’a conduit à réintroduire une part de solidarité en 2008, puis de nouveau en 2025.

Cette page ne chiffre donc pas une réforme à portée de main. Ce que vous pouvez décider vous-même tient dans la section précédente : le montant que vous mettez de côté, et les frais que vous acceptez de payer pour le faire.

Lire aussi : Retraite par capitalisation ou répartition : ce que disent vraiment les chiffres, pour ce que la France capitalise déjà, les pays qui ont fait un autre choix et les propositions en débat avant 2027.

Questions fréquentes sur le simulateur retraite

Les montants affichés sont-ils nets d’impôt ? Oui, des deux côtés. La pension est nette de CSG, de CRDS et d’impôt sur le revenu. Le revenu du capital subit exactement le même traitement, parce qu’il proviendrait de cotisations brutes que l’impôt n’a jamais touchées : l’exonérer à la sortie reviendrait à lui accorder un régime qui n’existe nulle part. Avant impôt, les deux montants seraient de 4 221 € et 2 010 €.

Le simulateur tient-il compte de la part patronale des cotisations ? Oui, et c’est un choix assumé. Le taux retenu de 27,98 % sous le plafond additionne la part salariale et la part patronale, parce que les deux sont prélevées sur ce que votre travail produit. Le curseur « part des cotisations réellement investie » permet de le ramener à la seule part salariale, ou de retirer ce qui finance les garanties collectives.

Pourquoi 4,5 % de rendement alors que les actions rapportent 7 % ? Parce que 7 % est un rendement avant inflation, et que toute cette page raisonne en euros d’aujourd’hui. Sur les périodes de quarante ans rejouées depuis 1871, 4,5 % correspond au décile bas : neuf périodes sur dix ont fait mieux, étant entendu que ces périodes se chevauchent largement et représentent moins d’épisodes indépendants que leur nombre ne le suggère.

L’écart affiché est-il de l’argent qui m’appartient ? Non. Vos cotisations ne sont pas placées sur un compte à votre nom, elles financent les pensions versées en ce moment. L’écart mesure ce que ces sommes auraient rapporté ailleurs, et il a une contrepartie : votre génération n’a pas eu à financer directement la retraite de ses parents.

Le calcul vaut-il pour un fonctionnaire ou un indépendant ? Non. Le moteur applique les règles du privé : retraite de base plafonnée et complémentaire Agirc-Arrco en points. Une pension de fonctionnaire se calcule sur le traitement des six derniers mois, primes exclues, et les régimes des indépendants ont leurs propres barèmes.

Que se passe-t-il si je pars avant d’avoir tous mes trimestres ? Le simulateur applique la décote : 0,625 point de taux par trimestre manquant, dans la limite de vingt trimestres, et elle disparaît à 67 ans quelle que soit votre durée d’assurance. Le tableau sous l’outil indique le nombre de trimestres retenus et le taux qui en découle.

Rédigé par l’équipe Gustav. Gustav est immatriculé en tant que CIF (Conseiller en Investissements Financiers) auprès de l’ORIAS. Les chiffres de cette page sont des simulations : ils donnent des ordres de grandeur, pas des garanties, et ne constituent pas un conseil en investissement. Investir comporte un risque de perte en capital, et les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Dernière mise à jour : septembre 2026.