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Le plan d’épargne retraite (PER) fonctionne en trois temps : vous payez moins d’impôt quand vous versez, votre argent reste bloqué jusqu’à la retraite, et l’impôt revient quand vous le récupérez. Le reste, ce sont les règles qui décident de ce qu’il vous laisse vraiment.
Voici comment fonctionne un PER, de l’ouverture à la sortie, en passant par ce que les pages de vente oublient de dire. Chaque point renvoie à l’article qui le chiffre en détail.
En bref
– Le plan d’épargne retraite est un placement de long terme créé en 2019. Fin 2025, il comptait 12,9 millions de titulaires.
– Vos versements se déduisent de votre revenu imposable, dans un plafond : à 30 % d’imposition, verser 5 000 € vous fait économiser 1 500 € d’impôt.
– L’argent reste bloqué jusqu’à la retraite, sauf dans 7 cas prévus par la loi, dont l’achat de votre résidence principale.
– À la sortie, l’impôt revient : en capital, vos versements déduits s’ajoutent à vos revenus et les gains paient 31,4 %. L’impôt est reporté, pas effacé.
– Sauf choix contraire, votre argent est placé en gestion pilotée. Sur les contrats ouverts depuis le 24 octobre 2024, elle doit investir une petite part de vos versements dans des entreprises non cotées.
Qu’est-ce qu’un plan d’épargne retraite (PER) ?
Le plan d’épargne retraite est une enveloppe d’épargne de long terme créée par la loi Pacte et proposée depuis octobre 2019. Il remplace les anciens plans : le PERP et le contrat Madelin des indépendants côté particuliers, le PERCO et les contrats « article 83 » côté entreprises. Fin 2025, il comptait 12,9 millions de titulaires pour 150,4 milliards d’euros placés.
Concrètement, vous versez et déduisez, l’argent reste investi pendant des années, puis vous le récupérez à la retraite en payant l’impôt mis de côté. Le PER est de la retraite par capitalisation individuelle : votre pension future dépend de ce que vous placez, pas des cotisations des actifs.
Depuis le 1er janvier 2024, il faut avoir 18 ans pour ouvrir un PER, une règle posée par la loi de finances pour 2024. La loi ne fixe pas d’âge maximal.
Quels sont les 3 types de PER ?
Il existe un PER que vous ouvrez vous-même et deux PER mis en place par l’employeur. Les trois suivent les mêmes règles de base, mais ne sont pas alimentés de la même façon.
| Type de PER | Qui l’ouvre | Qui verse | Encours fin 2025 |
|---|---|---|---|
| PER individuel (PERIN) | Vous, auprès d’une banque, d’un assureur ou d’un courtier | Vous | 88,5 Md€ |
| PER d’entreprise collectif (PERECO) | L’employeur, pour tous les salariés | Vous, et l’entreprise via l’épargne salariale | 33,9 Md€ |
| PER d’entreprise obligatoire (PERO) | L’employeur, pour tous les salariés ou une catégorie | L’employeur et vous, par des cotisations obligatoires | 28,0 Md€ |
Le PERECO succède au PERCO, le PERO aux contrats « article 83 ». Vous pouvez détenir les trois à la fois.
PER bancaire ou PER d’assurance : quelle différence ?
C’est une seconde façon de classer les PER, qui ne s’ajoute pas aux trois types : elle dit qui gère le plan, et sous quelle forme juridique. Un PER bancaire est un compte-titres ; un PER d’assurance est un contrat ouvert chez un assureur, la forme la plus courante.
Seul le PER d’assurance peut contenir un fonds en euros, un fonds dont le capital est garanti par l’assureur. Il vous laisse aussi désigner des bénéficiaires, les personnes qui recevront le plan à votre décès, hors de votre succession.
Pour savoir quelle forme vous avez, notre article sur le PER et la succession indique quoi regarder sur votre contrat.
Peut-on transférer son PER, ou un ancien plan, vers un autre PER ?
Oui. Le transfert déplace votre épargne d’un plan vers un autre sans la débloquer : l’argent reste réservé à la retraite et garde ses règles fiscales.
D’un PER vers un autre, il est gratuit après 5 ans, et coûte au plus 1 % avant. Un ancien plan (PERP, Madelin, Préfon, PERCO, article 83) peut aussi rejoindre un PER : depuis le 24 octobre 2024, les frais sont plafonnés à 1 %, et nuls après 10 ans.
La raison la plus courante d’un transfert, ce sont les frais, qui varient beaucoup d’un contrat à l’autre. Notre article sur le transfert vers un PER détaille les démarches et les pièges.
Comment alimenter un plan d’épargne retraite ?
Vous versez quand vous voulez, ce que vous voulez : par versements libres ou programmés, souvent dès quelques dizaines d’euros. Ce qui fait l’attrait du PER, c’est la déduction fiscale attachée à ces versements.
Combien pouvez-vous verser, et combien déduire ?
Aucun plafond ne limite vos versements : seule la part que vous déduisez est plafonnée. En 2026, un salarié déduit au maximum 10 % de ses revenus d’activité de 2025, entre 4 710 € et 37 680 €. Un indépendant dispose d’un plafond plus élevé, jusqu’à 88 911 €.
Les plafonds que vous n’avez pas utilisés les années précédentes s’y ajoutent pendant un temps limité. Votre montant exact figure sur votre avis d’impôt : notre article sur le plafond PER explique comment le lire.
L’économie se calcule avec votre tranche marginale d’imposition (TMI), le taux qui frappe vos derniers euros de revenu, pas votre taux moyen : 0 %, 11 %, 30 %, 41 % ou 45 %. Multipliez votre versement par ce taux. À 30 %, verser 5 000 € vous fait économiser 1 500 € d’impôt ; à 11 %, 550 €.
Faut-il déduire vos versements ?
Par défaut, vos versements volontaires sont déduits. Vous pouvez y renoncer, versement par versement, au moment où vous les faites.
Ce choix se paie à la sortie : ce que vous déduisez aujourd’hui sera imposé quand vous le retirerez, alors qu’un versement non déduit ressort sans impôt sur le revenu, et seuls ses gains sont taxés. Notre article sur la fiscalité du PER dit quand renoncer à la déduction.
Depuis le 1er janvier 2026, les versements faits à partir du jour de vos 70 ans ne sont plus déductibles. Notre article PER après 70 ans dit s’il vaut encore la peine de verser.
Que sont les 3 compartiments d’un PER ?
Chaque euro versé sur un PER est rangé selon son origine, dans l’un des trois compartiments. Chacun garde ses propres règles d’impôt et de sortie, même après un transfert.
| Compartiment | D’où vient l’argent | À l’entrée | À la sortie |
|---|---|---|---|
| 1. Versements volontaires | Vos propres versements, sur tout type de PER | Déductibles de votre revenu imposable, ou non, à votre choix | En capital (une somme versée en une ou plusieurs fois) ou en rente (un revenu versé à vie), au choix |
| 2. Épargne salariale | L’intéressement et la participation, les primes liées aux résultats de l’entreprise, et l’abondement de l’employeur | Pas d’impôt sur le revenu | En capital ou en rente, au choix |
| 3. Versements obligatoires | Les cotisations imposées par un PER obligatoire | Pas d’impôt sur le revenu, dans une limite | En rente uniquement, sauf petite rente |
Un PER individuel ne contient en général que le premier compartiment : les deux autres n’y arrivent que par transfert d’un plan d’entreprise. Seule exception à la rente obligatoire : si elle ne dépasse pas 110 € par mois, l’assureur peut la remplacer par un versement unique, avec votre accord.
Avant de ressortir, cet argent est investi. Reste à savoir dans quoi, et qui le décide.
Lire aussi : PER : quelles cases remplir sur la déclaration d’impôts, pour reporter vos versements et profiter de la déduction.
Comment l’argent d’un plan d’épargne retraite est-il placé ?
Un PER ne rapporte pas un taux fixe : il rapporte ce que rapportent les placements que vous y mettez. Soit vous choisissez vous-même les supports, soit vous laissez le gestionnaire le faire avec la gestion pilotée, l’option appliquée par défaut.
Fonds en euros, unités de compte, ETF : sur quoi investit un PER ?
Le fonds en euros, réservé aux PER d’assurance, garantit votre capital et rapporte peu. Les unités de compte (UC) sont des fonds investis en actions, obligations ou immobilier, dont la valeur suit les marchés et n’est pas garantie.
Parmi elles, les ETF sont des fonds cotés qui reproduisent un indice boursier, avec des frais bas. Un PER bancaire, lui, ne contient que des titres financiers, sans fonds en euros.
Comment fonctionne la gestion pilotée, appliquée par défaut ?
La gestion pilotée, c’est confier vos choix de placement au gestionnaire, qui réduit le risque de votre épargne à mesure que votre départ approche. Sauf si vous demandez autre chose, c’est elle qui s’applique à vos versements, avec le profil « équilibré horizon retraite ».
La loi prévoit quatre profils : prudent, équilibré, dynamique et offensif. Chacun impose une part minimale d’actifs à faible risque, comme le fonds en euros ou des fonds peu volatils, qui augmente à l’approche de la date de départ inscrite à votre contrat.
| Profil | Départ dans plus de 10 ans | Départ dans 10 ans ou moins | 5 ans ou moins | 2 ans ou moins |
|---|---|---|---|---|
| Prudent | 30 % | 60 % | 80 % | 90 % |
| Équilibré (par défaut) | Aucun minimum | 20 % | 50 % | 70 % |
| Dynamique | Aucun minimum | Aucun minimum | 30 % | 50 % |
| Offensif | Aucun minimum | Aucun minimum | 30 % | 50 % |
Part minimale d’actifs à faible risque dans l’encours du plan. Le gestionnaire rééquilibre au moins une fois par semestre.
Dynamique et offensif sécurisent votre épargne au même rythme. Ce qui les sépare, c’est la part minimale de vos versements que la loi les oblige à placer dans des entreprises non cotées en Bourse, plus forte pour le profil offensif.
La date de départ inscrite au contrat ne débloque rien : elle sert seulement au gestionnaire à caler cette baisse du risque, et vous pouvez la modifier à tout moment. Votre argent, lui, devient disponible à la liquidation de votre pension ou à l’âge légal de départ. Vous pouvez aussi passer en gestion libre et choisir vos supports vous-même.
Pourquoi votre gestion pilotée contient-elle du non-coté ?
Parce que la loi relative à l’industrie verte (n° 2023-973) l’impose désormais aux profils pilotés. Depuis le 24 octobre 2024, une part minimale de vos versements doit aller vers des entreprises non cotées et des PME, via des fonds comme les ELTIF ou les FCPR.
Cette part baisse à mesure que votre départ approche, et plus aucun minimum ne s’applique dans les 5 dernières années.
| Profil | Départ dans plus de 20 ans | Entre 20 et 15 ans | Entre 15 et 10 ans | Entre 10 et 5 ans | Moins de 5 ans |
|---|---|---|---|---|---|
| Prudent | 6 % | 4 % | 2 % | Aucun minimum | Aucun minimum |
| Équilibré (par défaut) | 8 % | 6 % | 5 % | 3 % | Aucun minimum |
| Dynamique | 12 % | 10 % | 7 % | 5 % | Aucun minimum |
| Offensif | 15 % | 12 % | 9 % | 6 % | Aucun minimum |
Part minimale de vos versements placée dans des entreprises non cotées et des PME, fixée par l’arrêté du 1er juillet 2024.
La règle vaut pour les PER individuels ouverts depuis le 24 octobre 2024 : un plan ouvert avant cette date n’y est pas soumis. Les PER d’entreprise ont plus de temps, jusqu’au 31 décembre 2026 au plus tard.
Ces fonds se revendent moins facilement que des actions cotées. Et le minimum qui baisse ne vise que vos nouveaux versements : le non-coté déjà acheté reste dans le plan.
Le gestionnaire ne peut en principe l’échanger que contre d’autres fonds non cotés, ou revendre la part qui dépasse le minimum de votre profil. À chaque baisse du minimum, il peut donc en alléger un peu plus, si ces fonds trouvent preneur. Entre-temps, cette part de votre épargne reste exposée même quand le reste du plan est sécurisé.
Leurs frais peuvent aussi dépasser ceux d’un ETF : regardez-les dans le document d’informations clés de chaque fonds.
Combien coûte un PER ?
Les fonds non cotés ne sont pas les seuls à prélever leur part. Les frais d’un PER s’empilent en trois couches : sur chaque versement, sur l’encours du contrat chaque année, et sur chaque fonds.
Un PER moyen investi en fonds actions coûte environ 2,7 % par an : 0,91 % de frais de contrat et 1,80 % de frais des fonds. Les frais sur versements, prélevés une fois sur chaque somme versée, s’y ajoutent.
Un contrat en ligne investi en ETF descend autour de 0,5 % par an au total. Notre article sur les frais du PER détaille chaque ligne, et notre comparatif des meilleurs PER classe les contrats selon ce qu’ils coûtent.
Le conseil de Gustav
Ouvrez votre dernier relevé et vérifiez deux lignes, le profil de gestion et la date de départ envisagée. Une date fixée plus tôt que votre départ réel sécurise votre épargne trop vite, et un profil prudent choisi à 35 ans vous prive pendant des décennies d’une partie du rendement des actions.
Quand pouvez-vous récupérer l’argent de votre plan d’épargne retraite ?
L’argent est bloqué jusqu’à la retraite. La loi prévoit quelques exceptions, puis vous laisse choisir la forme sous laquelle il ressort.
À partir de quand le PER est-il disponible ?
Votre PER devient disponible à la liquidation de votre pension, c’est-à-dire quand vous la demandez, ou quand vous atteignez l’âge légal de départ. Rien ne vous oblige à retirer l’argent à ce moment-là : il peut rester placé.
Les versements faits après cette date restent disponibles à tout moment. À partir de la 5e année avant votre départ, vous pouvez demander au gestionnaire de vous présenter les options de sortie.
Et avant cette date ? Il faut l’un des cas de déblocage anticipé.
Peut-on débloquer un PER avant la retraite ?
Oui, mais seulement dans 7 cas fixés par la loi :
- le décès de votre conjoint ou partenaire de PACS ;
- votre invalidité, celle de votre conjoint ou d’un de vos enfants ;
- depuis juin 2026, la maladie grave, le handicap ou l’accident grave d’un enfant à charge ;
- le surendettement ;
- la fin de vos droits au chômage ou, sous conditions, d’un mandat de dirigeant terminé depuis au moins 2 ans ;
- la liquidation judiciaire de votre entreprise ;
- l’achat de votre résidence principale.
Les six premiers sont des accidents de la vie. Des travaux, des études ou le logement d’un enfant ne débloquent rien.
Après un accident de la vie, vos versements ressortent sans impôt, même déduits, et les gains ne paient que 18,6 % de prélèvements sociaux, les contributions comme la CSG qui frappent les revenus de l’épargne. Pour l’enfant gravement malade, l’administration n’a pas encore commenté la fiscalité.
L’achat de la résidence principale est taxé comme une sortie en capital : vos versements déduits s’ajoutent aux revenus de l’année, et les gains paient 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt plus ces 18,6 %. La tranche de cette année-là décide du coût, et dans la tranche à 11 % le retrait peut aussi vous coûter la décote, la réduction qui allège l’impôt des revenus modestes. Notre article sur le déblocage du PER chiffre chaque cas.
Capital, rente ou les deux : comment sortir de votre PER ?
À la retraite, vous choisissez pour vos versements volontaires : un capital retiré en une fois, en plusieurs fois, une rente viagère, ou un mélange. Si vous vous êtes engagé dès l’ouverture à sortir en rente, ce choix est irrévocable.
Choisir la rente, c’est parier sur votre longévité. Prenons 100 000 € convertis en rente à 65 ans par un retraité imposé à 11 %, au taux de conversion de référence de 4,88 % : c’est la part du capital versée chaque année, et le taux le plus favorable que vous puissiez espérer.
Retiré en une fois, ce capital laisse 74 944 € après l’impôt de sortie. S’il n’est pas placé, les rentes perçues après impôt ne le dépassent qu’au-delà de 85 ans, et souvent au-delà de 90 ans aux taux, plus bas, que proposent réellement les assureurs. Le calcul complet est dans notre article Sortie du PER : capital ou rente ?.
Chacune de ces formes est taxée différemment.
Comment est imposé un plan d’épargne retraite à la sortie, et au décès ?
L’impôt que vous n’avez pas payé en versant revient quand vous récupérez l’argent. En capital, vos versements déduits s’ajoutent à vos revenus, et les gains paient le prélèvement forfaitaire unique (PFU) de 31,4 %, soit 12,8 % d’impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.
En rente, c’est la rente elle-même qui est imposée, en tout ou en partie. Un déblocage anticipé suit ses propres règles, et le plan change encore d’impôt s’il passe à vos héritiers.
| À la retraite | Versements déduits | Versements non déduits |
|---|---|---|
| Sortie en capital | Versements ajoutés à vos revenus et imposés à votre tranche, sans l’abattement de 10 % sur les pensions ; gains taxés à 31,4 % | Versements sans impôt ; gains taxés à 31,4 % |
| Sortie en rente | Rente entière imposée comme une pension, après l’abattement de 10 % sur les pensions ; 18,6 % de prélèvements sociaux sur une fraction de la rente | Seule une fraction de la rente est taxée : à votre tranche d’impôt sur le revenu, plus 18,6 % de prélèvements sociaux |
Pour lire le tableau :
- Périmètre : ces règles valent pour vos versements volontaires (compartiment 1), avec des gains taxés à 31,4 % depuis le 1er janvier 2026.
- Abattement de 10 % : c’est la réduction, plafonnée par foyer, que l’administration applique aux retraites avant de calculer l’impôt.
- Fraction de la rente : pour des versements déduits, toute la rente paie l’impôt sur le revenu, et seuls les prélèvements sociaux portent sur une fraction. Pour des versements non déduits, cette même fraction sert aux deux.
- Fraction selon l’âge : elle dépend de votre âge au premier versement de la rente, 70 % avant 50 ans, 50 % de 50 à 59 ans, 40 % de 60 à 69 ans, 30 % à partir de 70 ans.
Pour des exemples chiffrés de chaque sortie, voyez notre article sur la fiscalité du PER.
Que devient votre PER à votre décès ?
Un PER bancaire entre dans votre succession, comme vos autres biens. Un PER d’assurance va aux bénéficiaires désignés et reprend les deux régimes de l’assurance-vie au décès : avant 70 ans, un prélèvement propre aux contrats d’assurance (article 990 I du Code général des impôts) ; à partir de 70 ans, les droits de succession (article 757 B).
Avant 70 ans, chaque bénéficiaire reçoit jusqu’à 152 500 € sans impôt. Au-delà, il paie un prélèvement retenu par l’assureur, distinct des droits de succession : 20 %, puis 31,25 % sur ce qu’il reçoit au-delà de 852 500 €. À partir de 70 ans, tout le plan, vos versements et leurs gains, entre dans les droits de succession, après un seul abattement de 30 500 € partagé avec les primes d’assurance-vie versées après 70 ans.
Le PER s’écarte pourtant de l’assurance-vie sur deux points. Il ne regarde que votre âge le jour du décès.
L’assurance-vie, elle, retient votre âge à chaque versement : sur un contrat d’assurance-vie, l’argent versé avant 70 ans garde son avantage, même si vous décédez plus tard. Et après 70 ans, l’assurance-vie ne taxe que les primes, pas les gains. Notre article PER et succession chiffre ce que reçoivent vos héritiers.
Ce que les vendeurs de plan d’épargne retraite ne vous disent pas
La plupart des pages qui vendent un PER chiffrent l’économie d’impôt à l’entrée et s’arrêtent là. Trois points manquent presque toujours ; chacun renvoie à l’article qui le calcule.
Pourquoi l’économie d’impôt d’un PER n’est-elle pas un gain ?
Parce que l’impôt n’est que repoussé à la sortie. Ce que vous gardez dépend de l’écart entre votre tranche d’aujourd’hui et celle que vous aurez une fois retraité.
Comparons avec un plan d’épargne en actions (PEA), un compte d’actions dont les gains ne paient plus d’impôt sur le revenu après 5 ans, prélèvements sociaux toujours dus. Partons du même effort, ce que l’épargne vous coûte une fois l’impôt économisé déduit : 100 € par mois pendant 25 ans.
À 30 %, il permet de verser 143 € sur le PER. Un PER en ligne à 0,5 % de frais par an laisse alors 58 500 €, contre 48 800 € sur un PEA, soit 20 % de plus, si votre tranche passe de 30 % à 11 %. Imposé à 11 % aujourd’hui, vous ferez mieux avec le PEA.
Ces chiffres suivent les hypothèses de notre guide de l’épargne retraite. Ils s’arrêtent au jour du départ : ils déduisent du capital tout l’impôt de sortie, mais ne comptent ni ce qu’il rapporte ni ce qu’il coûte pendant les années de retraits qui suivent.
Les frais peuvent-ils effacer l’avantage fiscal ?
Oui. Avec les mêmes hypothèses, au-delà de 2 % de frais par an, fonds compris, le PER perd son avantage sur le PEA, même quand votre tranche passe de 30 % à 11 %. Si votre tranche reste la même à la retraite, ce seuil tombe à 1 %.
Un PER moyen investi en fonds actions, à 2,7 % par an, passe donc sous le PEA même quand votre tranche passe de 30 % à 11 % : 45 400 € contre 48 800 €. Les frais pèsent plus lourd que la fiscalité, parce qu’ils sont prélevés chaque année pendant 25 ans.
Lire aussi : PER ou assurance-vie : lequel choisir ?, pour comparer le PER à l’autre grande enveloppe de la retraite.
Pourquoi 70 ans change-t-il la donne ?
Vos 70 ans retirent au PER ses deux atouts en même temps. Vos versements ne se déduisent plus à partir de vos 70 ans, et si vous décédez après cet âge, tout votre PER d’assurance, gains compris, entre dans les droits de succession après un seul abattement de 30 500 €. Notre article PER après 70 ans dit quoi faire du PER que vous avez déjà, et de l’argent nouveau.
Le conseil de Gustav
Avant de signer, demandez au vendeur trois chiffres : les frais totaux par an, fonds compris, le profil de gestion proposé, et ce que vous garderez après l’impôt de sortie. S’il ne répond qu’avec l’économie d’impôt à l’entrée, vous n’avez que la moitié du calcul.
Reste la question qui compte : le PER est-il fait pour vous ? Notre article PER : avantages et inconvénients y répond en trois questions. Pour le calcul avec vos revenus, votre âge et vos frais, notre simulateur PER montre ce que votre PER vous laisserait après impôt, face au même effort placé ailleurs.
À savoir
Cet article décrit les règles applicables en octobre 2026. Les montants sont des projections calculées par Gustav avec les hypothèses de notre guide de l’épargne retraite : ils ne préjugent pas des performances futures, et un placement en actions peut perdre de la valeur. Ils ne constituent ni un conseil fiscal ni une recommandation personnalisée.
Gustav ne commercialise aucun PER et ne perçoit aucune rémunération des établissements qui les proposent.